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Faux passeports vaccinaux : 150 dossiers d’enquête en cours

Un téléphone avec un logo du gouvernement du Québec est pointé au-dessus d'un autre téléphone avec un code QR.

Plusieurs plaintes concernant de faux passeports vaccinaux ont été signalées depuis juillet à Montréal, en Montérégie et dans les Laurentides.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Quelque 150 dossiers d'enquête sont en cours à la Sûreté du Québec (SQ) et à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) concernant la production et l'utilisation de faux passeports vaccinaux, a indiqué la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, jeudi matin.

On nous parle, en gros, d’environ 150 dossiers d’enquête qui seraient en cours, dont près d’une trentaine pour corruption ou tentative de corruption, a-t-elle fait savoir en entrevue à Tout un matin, réagissant à un article publié jeudi par La Presse concernant la production de milliers de fausses preuves vaccinales par des employés du réseau de la santé.

Une information confirmée par l'UPAC, qui est chargée d'enquêter sur les fraudes et les tentatives de fraudes impliquant des fonctionnaires. On a environ une trentaine de dossiers ouverts, a confirmé le porte-parole Mathieu Galarneau, en entrevue à ICI RDI.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a rappelé l'importance de prouver une malversation avant de révoquer tout passeport vaccinal.

Les commerçants n'auront plus qu'à mettre à jour l'application de vérification VaxiCode Verif qu'ils utilisent, et quelqu'un avec un faux passeport allumera rouge, a décrit M. Dubé en conférence de presse, jeudi après-midi.

Une telle possibilité numérique de révoquer un passeport aurait même séduit le fédéral, qui s'est enquis de la procédure auprès de Québec, a fait valoir le ministre.

Christian Dubé regarde à droite.

Christian Dubé est ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Depuis juillet, plusieurs plaintes ont été signalées aux différents corps de police du Québec, notamment à Montréal, en Montérégie et dans les Laurentides. Tout juste avant Noël, Radio-Canada avait d'ailleurs dévoilé que l'UPAC menait une enquête sur un réseau qui s’adonne au trafic de passeports vaccinaux dans la grande région de Montréal.

On voit différents stratagèmes et on travaille avec nos partenaires dans les différents corps de police afin de les identifier [...] et d’enquêter de la façon la plus efficace possible entre nos différents corps d’enquête, a expliqué M. Galarneau.

« Frauder un passeport vaccinal, ce sont des infractions criminelles. Il y a des peines de prison qui peuvent être reliées à ça, alors que le vaccin, lui, est complètement gratuit et permet à la population de bien se protéger et, éventuellement, d'avoir une sortie de la pandémie. »

— Une citation de  Mathieu Galarneau, porte-parole de l'UPAC

Quant à savoir combien de ces faux passeports seraient présentement en circulation, ni la ministre ni le porte-parole de l'UPAC n'ont voulu s'avancer. C'est le genre d'information que pourrait peut-être donner le ministère de la Santé, a indiqué M. Galarneau.

On a une excellente collaboration du ministère, qui est à même de détecter quelles preuves vaccinales auraient pu être frauduleuses et, à ce moment-là, nous communique les informations, a-t-il cependant précisé.

Des révélations qui sont matière à réflexion

Selon l'article publié par La Presse, de même qu'un reportage publié par l'équipe d'Enquête, les fraudeurs, qu'ils soient simples vaccinateurs ou cadres dans le réseau de la santé, ont pu ou peuvent agir avec une simplicité désarmante tellement la sécurité du système informatique utilisé par Québec est défaillante.

Il s'agit simplement d'entrer de fausses informations quant aux dates de vaccination et aux types de vaccins reçus dans le profil de quelqu'un pour générer un code QR lui permettant de disposer d'un passeport valide.

Entrevue avec la journaliste Sylvie Fournier, de l'émission Enquête, qui a travailler sur les stratagèmes de fraudes pour produire de faux passeports vaccinaux

Ce qu'on lit ce matin, c'est effectivement matière à réflexion, a admis Geneviève Guilbault.

« C’est sûr que quand on dit que le système est médiocre… C’est sûr qu’on a toujours été assez humble sur le fait que l’informatique est un défi au gouvernement et au ministère de la Santé aussi. »

— Une citation de  Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

Avec le nouveau ministère de la Cybersécurité et du Numérique, on est en train de travailler hyper fort […]. Premièrement, informatiser le plus de choses possible, on part de la base. Deuxièmement, avoir les systèmes les plus performants possibles, a ajouté la ministre.

Mme Guilbault rappelle au passage que les infractions liées à la production ou à l'utilisation de faux passeports sont de nature criminelle. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire impunément et les conséquences qu’on encourt sont très graves, a-t-elle dit, ajoutant qu'il y a de l'emprisonnement et des amendes salées à la clé.

Les faux passeports en question, que vous soyez les producteurs ou les utilisateurs, c'est littéralement des bombes à retardement qui peuvent vous exploser en plein visage, à tout moment.

On ignore pour l'instant combien de dossiers d’enquête ont été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en vue de déposer des accusations.

Avec les informations de Karine Bastien

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