•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Baisse remarquable des demandes d’admission à l’Université Laurentienne

L'Université de l'Ontario français et l'Université de Hearst font aussi face à une diminution du nombre de demandes

L'Université Laurentienne en hiver.

L'Université Laurentienne s'est déclarée insolvable le 1er février.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

Les élèves des écoles secondaires de l'Ontario sont beaucoup moins nombreux, pour l'instant, à vouloir poursuivre leurs études à l'Université Laurentienne de Sudbury. L'établissement fait face à une chute de 43,5 % des demandes d'admission au premier cycle par rapport à l'an dernier. Il s'agit de la baisse la plus marquée parmi les universités de la province, selon les données du Centre de demande d’admission aux universités de l’Ontario (OUAC).

Les données publiées mercredi démontrent que 2791 élèves ontariens ont déjà soumis une demande d’admission à l’Université Laurentienne comparativement à 4942 à ce point-ci à pareille date l’an dernier.

L'établissement, en pleine crise financière, s'est placé sous la protection de ses créanciers en février 2021 et a entamé un processus de restructuration supervisé par les tribunaux.

Un homme qui prononce un discours.

Robert Haché est le recteur de l'Université Laurentienne. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, le recteur de l'Université Laurentienne, Robert Haché, indique que la baisse des demandes d'admission est décevante mais pas inattendue, compte tenu des incertitudes entourant le processus de restructuration.

« Nous sommes convaincus que le travail acharné et nécessaire que nous accomplissons aujourd'hui ouvrira la voie à une Laurentienne plus résiliente, financièrement viable et davantage réceptive aux besoins de nos étudiants et de notre communauté. »

— Une citation de  Robert Haché, recteur de l'Université Laurentienne

Le gouvernement de l'Ontario a récemment octroyé une aide financière à l'Université Laurentienne.

Étant donné cet appui, le recteur Haché se dit optimiste qu’au fil du temps, nous verrons un vif intérêt et une demande croissante pour nos programmes d’études.

Un homme qui porte des lunettes

Denis Constantineau est le porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université de langue française. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Le porte-parole de la Coalition nord-ontarienne pour une université de langue française, Denis Constantineau, n'en est pas convaincu. Il estime que la chute des demandes d'admission découle d'un manque de confiance envers l'Université Laurentienne.

Quand on regarde la façon dont l'Université Laurentienne s'est comportée face aux demandes de la vérificatrice générale, le mandat [de comparution] du président de l'Assemblée législative de l'Ontario, il y a un manque de transparence. Quel parent en Ontario va dire à son enfant "l'Université Laurentienne, c'est le bon choix pour toi en ce moment-ci?" C'est pas évident , affirme-t-il.

Au cours des dernières semaines, l'Université Laurentienne s'est défendue en cour contre le Bureau de la vérificatrice générale et l'Assemblée législative, qui veulent obtenir des documents privilégiés de l'établissement afin de faire la lumière sur ses finances.

En avril de l'an dernier, l'Université Laurentienne a également supprimé 69 programmes, dont 28 en français, qui ne font donc plus partie des choix dont disposent les élèves du secondaire pour la poursuite de leurs études.

Baisse à l'Université de l'Ontario français

Seulement 14 élèves franco-ontariens du secondaire montrent un intérêt, pour l'instant, à fréquenter l'Université de l'Ontario français (UOF) à Toronto en septembre prochain, soit cinq de moins qu'à pareille date l'an dernier.

Il s'agit d'une baisse de plus de 26 % par rapport à janvier 2021, révèlent les dernières données du Centre de demande d'admission aux universités de l'Ontario.

Ces chiffres n'incluent pas les demandes d'inscriptions des étudiants étrangers, qui forment actuellement la majorité des quelque 150 étudiants de l'UOF.

Pourquoi une baisse du nombre de demande d'inscriptions pour l'an prochain? L'UOF envisage-t-elle de changer ses programmes?

L'établissement n'a pas répondu aux questions de Radio-Canada, nous faisant plutôt parvenir un communiqué. Le nombre à peu près stable des demandes confirme l’intention de l’UOF de bâtir une tradition universitaire basée sur des efforts de longue haleine de recrutement et l’élargissement de son offre de programme, peut-on y lire.

Affiche près d'un immeuble sur lequel on peut lire UOF, université de l'Ontario français.

L'Université de l'Ontario français fait face à une baisse des demandes d'inscription de la part d'élèves ontariens pour septembre.

Photo : Radio-Canada

L'université torontoise ajoute ceci : Les demandes d’admission enregistrées à ce jour auprès du OUAC démontrent qu’un plus grand nombre d’élèves de l’Ontario ont choisi l’UOF pour leur premier choix d’université en 2022 comparativement à pareille échéance en 2021.

Le directeur général du Regroupement étudiant-franco-ontarien, François Hastir, reconnaît qu'il s'attendait à une hausse, mais estime que la baisse doit être replacée dans un contexte particulier.

C'est certain que c'est une université qui est moins connue que les institutions qui sont là depuis des décennies et des décennies. C'est évident aussi que ça a été plus difficile pour cette université-là de faire de la publicité auprès des élèves parce que la majorité s'est faite de façon un peu cacophonique avec la COVID-19 [...], il n'y avait pas vraiment d'opportunité d'avoir des salons de recrutement, indique-t-il.

« Il va falloir voir dans trois, quatre, cinq ans quel va être le portrait. Pour l'instant, on reste vigilant parce qu'évidemment, ce n'est pas un nombre qu'on veut voir à long terme ou à moyen terme. On veut que ça augmente.  »

— Une citation de  François Hastir, directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien
Le directeur du REFO est revenu sur les propos «insensé» de Doug Ford au sujet de la construction de l'Université de l'Ontario en français. Il lance un appel à la mobilisation pour le gouvernement revienne sur son annulation.

François Hastir est le directeur général du regroupement étudiant franco-ontarien.

Photo : François Hastir

Par ailleurs, selon l'UOF, le nombre de demandes d'admission d'étudiants étrangers est plus élevé qu'à pareille date l'an dernier.

L'Université de Hearst freinée par son offre limitée, selon le recteur

L'Université de Hearst connaît également une légère baisse du nombre de demandes d'admission de la part d'élèves ontariens : 15 comparativement à 17 en 2021.

Le recteur de l'Université, Luc Bussières, évoque également les complications du recrutement dans les écoles franco-ontariennes liées à la pandémie, mais ajoute aussi que l'offre limitée de programmes offerts par l'établissement freine sa croissance.

Luc Bussières, recteur à l'Université de Hearst

Luc Bussières est recteur de l'Université de Hearst.

Photo : Radio-Canada

À Hearst, on a trois programmes. On ne peut pas intéresser des centaines de personnes de l'Ontario français à venir étudier dans une panoplie de programmes comme le ferait par exemple l'Université d'Ottawa. On ne parle pas du tout de la même chose, note-t-il.

« On espère que quand la déclaration officielle de l'autonomie de l'Université de Hearst, on aura aussi de nouveaux moyens pour nous développer, enrichir la programmation et commencer à penser au développement et à la croissance de l'Université de Hearst puis à son offre de programmation. »

— Une citation de  Luc Bussières, recteur de l'Université de Hearst

Le gouvernement de l'Ontario a récemment décidé d'accorder l'autonomie à l'Université de Hearst, qui était jusque là affiliée à l'Université Laurentienne.

Le nombre de demandes d'admission en provenance de l'étranger continue toutefois d'augmenter, souligne M. Bussières.

De leur côté, les universités d'Ottawa (+13,6 %), de Toronto (+6,3 %), York (+12,9 %) et Ryerson (+4 %), notamment, ont enregistré une hausse du nombre de demandes d'inscription des élèves ontariens du secondaire par rapport à janvier 2021.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !