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Viejo Mundo : un lama et son banjo en quête de liberté

« C'est une quête de liberté, de passion, et d'amour. C’est un lama qui se découvre une passion pour le banjo. »

Le lama Viejo Mundo joue de son banjo, perché sur une buche, près d'un feu de camp.

L'artiste multidisciplinaire Marie-Ève Fontaine a réalisé un vidéoclip pour la chanson Viejo Mundo de Gaetan Benoit.

Photo : Marie-Ève Fontaine

Fransaskois aux multiples talents, Gaetan Benoit se réinvente comme auteur-compositeur-interprète. Il dévoile aujourd'hui une chanson, Viejo Mundo, accompagnée d’un court-métrage réalisé par l'artiste multidisciplinaire Marie-Ève Fontaine.

Viejo Mundo, c’est l’histoire d’un lama qui décide de sauter la clôture et d’aller voir le monde.

T’as pris ton courage dans tes sabots,
D’un bon saut t’es parti au grand galop,
Tu vis au rythme de ton banjo.

À la base, c'est une petite histoire qui peut être perçue comme une chanson pour enfants, admet-il, mais j'ose espérer que les adultes vont pouvoir l'écouter avec un 2e ou 3e degré.

Quand ça fait toute ta vie que tu te penches à l'abreuvoir,
Ça prend juste une goutte d’eau fraîche pour savoir,
Que la vie c’est plus que des poteaux de clôture,
Alignés pis enfoncés dans la terre dure.

Un lama, une allégorie

Celui qui a longtemps été journaliste culturel à Radio-Canada a annoncé en octobre 2020 qu'il était atteint d’un cancer du cerveau inopérable.

Cette chanson a peut-être été composée d’une façon subconsciente, de cette idée de vivre avec urgence et de suivre ses rêves. C'est dans mon esprit avec le cancer, observe-t-il.

Malgré la tumeur, c’est l’élan avec lequel Gaetan Benoit se lance dans la musique qui inspire la réalisatrice du vidéoclip, Marie-Ève Fontaine.

C'est un peu ça, l'histoire que raconte Viejo Mundo , affirme-t-elle, il a eu son diagnostic, puis s’est dit : "OK, qu'est ce que je veux maintenant?"

« Ce gars-là est extraordinaire, il prend le taureau par les cornes, le lama par les oreilles. »

— Une citation de  Marie-Ève Fontaine, artiste multidisciplinaire

Pour illustrer la chanson, Marie-Ève Fontaine a utilisé une variété de techniques. C’est un mélange de différents arts que j'appellerais marionnétiques.

Dessin, papier, carton découpé, bandes défilantes, marionnettes à tiges. Moi, ça ne m'intéresse pas de faire ces affaires-là sur After Effects, alors je l'ai fait avec du papier pour de vrai, précise-t-elle.

Quand j'écris, quand je compose une chanson, je me pose la question : comment est-ce que je pourrais représenter ça visuellement? Dès que j'ai vu le travail de Marie-Ève, l'exploration qu'elle fait avec des marionnettes, j’ai tout de suite eu un coup de cœur , raconte Gaetan Benoit.

Des méandres de l'image à la chanson

J’ai ramassé une guitare à 17-18 ans, explique Gaetan Benoit, qui hésite toutefois à se qualifier d'artiste. J’ai tellement de difficultés à assumer le titre d’auteur-compositeur-interprète.

Gaetan Benoit aime raconter de courtes histoires, des croquis. Je m'amuse avec la langue, les expressions. Je suis un gros fan des expressions idiomatiques.

La dentelle sur les os

De fil en aiguille, d’une histoire à l’autre, Gaetan Benoit en est venu à la création de chansons.

Heureusement, je m'entoure de gens comme Marie-Ève et des artisans de la musique qui peuvent m'aider à habiller et à mettre de la dentelle et de la viande sur les os, sur le squelette que je crée, explique-t-il.

Justement, il fait remarquer que la chanson a vu le jour grâce à ses amis et à ses collaborateurs Paul Cournoyer, Christian Kongawi, Michel Chammartin et Gilles Groleau, Francis Marchildon et la Raquette à claquettes.

C'est grâce à la contribution de tous ces artistes que la chanson a pu pousser des ailes musicalement, ajoute-t-il.

Viejo Mundo est la première chanson d’un album qui paraîtra le 7 février : L'autre bout du continent. Douze chansons créées en collaboration avec des amis et artisans de la musique de l’Ouest canadien.

Des animaux qui chantent et des humains qui hurlent

Il explique qu’on y retrouve des chansons d’humour et d’amour, mais aussi des textes qui parlent de la perte, celle de la mémoire, du deuil.

Quelques réflexions sur le cancer, sur ce que je vis. Des animaux qui chantent et des humains qui hurlent , indique-t-il.

C’est un processus de création qui m’a profondément nourri au cours de cette dernière année de traitement pour un cancer au cerveau, conclut-il. Un projet de vie.

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