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Valider le passeport vaccinal, un casse-tête pour de nombreux commerçants

Martin Sirois accorde une entrevue devant les locaux de Radio-Canada situés sur la rue Saint-Jean, au centre-ville de Québec, durant une averse de neige.

L'entreprise de Martin Sirois peine à répondre aux demandes de ses clients qui souhaitent recourir aux services d'agents de sécurité.

Photo : Radio-Canada

Déjà aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre, des propriétaires de magasins à grande surface se demandent où ils trouveront les travailleurs dont ils auront besoin pour valider, à compter de lundi prochain, le passeport vaccinal de leurs clients. Certains demandent au gouvernement Legault de faire marche arrière.

C’est le cas du président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), Richard Darveau. Il affirme que 70 % de ses membres ne voient pas la mesure d’un bon œil en raison, notamment, des risques de congestion à l’entrée de leur commerce.

M. Darveau ajoute que les quincailliers redoutent également les impacts sur les travailleurs appelés à procéder à la vérification des preuves vaccinales.

Ça amplifie le problème de main-d'œuvre et ça augmente l'anxiété des employés qui vont faire face à des gens pas contents, dénonce-t-il.

Ça allait bien

Selon lui, exiger le passeport vaccinal pour accéder à ce type d’établissement est inutile. Il soutient que les propriétaires de quincaillerie ont démontré depuis le début de la pandémie qu’ils étaient en mesure d’assurer la sécurité de leurs clients et de leur personnel.

« C'est une mesure qui est n'est pas nécessaire, ça allait bien. En anglais, on dit : si ce n'est pas brisé, pourquoi réparer? Là où ça ne va pas bien, c'est dans les hôpitaux, ce n'est pas dans les centres de rénovation. »

— Une citation de  Richard Darveau, président, AQMAT

À compter de lundi prochain, le passeport vaccinal sera obligatoire pour accéder aux magasins dont la superficie est supérieure à 1500 mètres carrés. Les épiceries et les pharmacies sont toutefois exemptées de cette mesure.

Adaptation

Même chez les commerçants qui entendent se plier à la nouvelle directive, on reconnaît que la vérification de la preuve vaccinale exige des efforts additionnels.

C'est une mesure qui demande quand même beaucoup d'adaptation. Il faut se revirer de bord rapidement, mais nos équipes travaillent fort pour être capables d'organiser tout ça à temps pour lundi, indique la directrice marketing des magasins Latulippe, Stéphanie Boivin.

La rareté de la main-d'œuvre force l’entreprise à réorganiser ses effectifs pour être en mesure de procéder à la vérification des passeports vaccinaux. Une vingtaine de postes sont à pourvoir dans les magasins Latulippe.

« C'est sûr que le manque de personnel, ça fait mal avec des mesures comme ça. »

— Une citation de  Stéphanie Boivin, directrice marketing des magasins Latulippe

Pour aider les employés à valider les preuves sanitaires, Latulippe va recourir aux services d’un agent de sécurité dans chacune de ses trois succursales.

Ce type d’employé est très recherché par les temps qui courent. Le propriétaire de Sécurité Sirois événements spéciaux, Martin Sirois, peine à répondre à la demande, étant lui-même en manque d’effectifs.

Le téléphone [...] ne dérougit pas. Malheureusement, il y a un manque de main-d'œuvre très important dans l'industrie [...] On doit accepter un [contrat] par jour contre 25 à 30 refus. On essaie de rediriger nos clients vers d'autres fournisseurs, raconte l’homme d’affaires.

Simplifier l’octroi des permis

En temps normal, l’entreprise spécialisée dans la sécurité événementielle compte entre 800 et 1000 employés. Présentement, ils ne sont que 300 environ.

J'espère que tout le monde va revenir [parce qu’on] va avoir besoin de beaucoup de gens, lance Martin Sirois.

Il mentionne que des pourparlers sont en cours avec le Bureau de la sécurité publique afin de simplifier et accélérer le processus de délivrance du permis nécessaire pour exercer le métier d’agent de sécurité.

Selon Martin Sirois, cela pourrait contribuer au recrutement d’agents de sécurité, tout comme à la bonification de leurs salaires.

Avec les informations de Camille Carpentier

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