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Carolina Reis tisse la toile de ses œuvres à la Maison des artistes

Toiles au mur.

des toiles de Carolina Reis exposées à la Maison des artistes visuels francophones.

Photo : Radio-Canada / Mathilde Gautier

Ce n’est pas parce que les galeries d’art sont fermées que rien ne s’y passe. C’est le cas de la Maison des artistes visuels francophones (MDAVF), à Winnipeg, qui continue d'œuvrer malgré la situation pandémique.

L’artiste textile franco-ontarienne Carolina Reis y présente, jusqu'au 5 mars, une série de 17 toiles et une installation sculpturale qu'on peut voir sur les réseaux sociaux de la MDAVF jusqu'à ce que celle-ci soit en mesure de rouvrir ses portes au public.

L’exposition intitulée Au fil des connexions se compose de deux parties pour présenter deux types d'œuvres, comme l’explique Lou-Anne Bourdeau, la directrice adjointe de la Maison des artistes.

Une installation à expérimenter soi-même

La première œuvre consiste en une installation qui ressemble à une toile géante, comme une toile d’araignée.

Lou-Anne Bourdeau se prête au jeu de l’expérimentation et montre comment jouer avec la toile. Il y a cinq cellules et à l'intérieur, c'est vide. On peut vraiment entrer dedans, se déplacer dans l'installation. C'est une œuvre pour les personnes de toutes les tailles, des enfants comme des adultes. Le but est vraiment de rentrer dans cette installation pour l'explorer de manière très physique.

Toiles suspendues dans les airs.

Installation de Carolina Reis à la Maison des artistes

Photo : Radio-Canada / Mathilde Gautier

L’artiste Carolina Reis confie qu’elle a spécifiquement créé cette œuvre pour les visiteurs. C’est important pour moi de donner une expérience d’émerveillement (...) Quand on est dans le virtuel, on oublie beaucoup la perception de notre corps. C’est très visuel, on se perd dans l’écran. Je voulais revenir à cette idée d’incarnation.

« Le but, c’est de donner une expérience sensorielle, s’évader, apporter du bien-être. »

— Une citation de  Carolina Reis, artiste textile
Citation de Martin Luther King Jr.

Citation de Martin Luther King Jr choisie par Caroline Reis pour présenter son installation.

Photo : Radio-Canada / Mathilde Gautier

Des toiles qui jouent avec les mots

L'autre partie de l'exposition est composée de deux types de toiles.

On retrouve tout d’abord le travail du fil autour d’éléments graphiques et géométriques pour reprendre la notion de connexion.

Toile au mur.

Une des toiles tissées de Carolina Reis.

Photo : Radio-Canada / Mathilde Gautier

On y trouve aussi des toiles avec des mots.

Pour Carolina Reis, il s’agit de rendre visible ce qui est parfois invisible aux yeux de tous.

Dans certaines œuvres, il y a d’ailleurs un jeu subtil entre la couleur du mot brodé et la couleur de la toile. De loin, on ne voit pas le mot et plus on s’approche, plus il se révèle à nous.

Toiles sur un mur.

Toiles tissées autour de mots pour l'exposition Au fil des connexions de Carolina Reis à la Maison des artistes.

Photo : Radio-Canada / Mathilde Gautier

L’artiste ajoute qu’elle y voit aussi des jeux de mots. Le web utilise beaucoup la terminologie textile, tant en français qu’en anglais : la toile, le web, le fil…

Il s’agit d’un aspect important pour Carolina Reis, qui évolue dans un environnement minoritaire francophone. Dans un espace majoritairement anglophone, on est toujours en train de traduire dans notre tête des mots pour passer d’une langue à une autre. Le langage est très important pour moi.

« Un mot vaut mille images… certains mots ont vraiment le pouvoir d’évoquer énormément de choses. »

— Une citation de  Carolina Reis, artiste textile

Cet aspect ludique est très présent dans les œuvres de l’artiste malgré le sérieux des thèmes abordés. Je traite de sujets tels que le féminisme, l’environnement, la condition humaine, les inégalités… beaucoup de thèmes qui me tiennent à cœur et que j’ai besoin de mettre sur une toile… sur la toile!

Vivre l’expérience plutôt que la penser

Caroline Reis explique qu’elle ne veut pas imposer un message ou des idées.

Je veux vraiment donner une expérience. Surtout avec les réseaux : je veux décomplexifier la complexité dans laquelle on vit. Donner un peu de paix… être capable de visualiser tangiblement quelque chose qui est toujours invisible et qui nous surcharge tellement dans notre quotidien, dans lequel on se sent parfois comme un insecte pris dans une toile d’araignée. Cela permet de le voir, de prendre un peu de recul et de voir la beauté dans toutes ces interconnexions.

La galerie d'art souhaite pouvoir rouvrir ses portes avant le 5 mars pour que chacun puisse venir expérimenter l'installation et se reconnecter aux autres. Un atelier de création textile en présence de l’artiste ou en ligne est également prévu afin de prolonger l’expérience artistique.

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