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Privée de revenus après une fraude liée à l’assurance-emploi

Une personne remplit une demande d'assurance-emploi sur son ordinateur portable.

Après avoir été victime de fraude liée à l'assurance-emploi, une résidente de Magog se voit privée de revenus

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Radio-Canada

Après avoir été victime de fraude liée à l'assurance-emploi, une résidente de Magog et mère de quatre enfants se voit privée de revenus.

Jessica Proulx est serveuse d’expérience au restaurant Eggsquis, qui a dû fermer sa salle à manger le 31 décembre en raison des mesures sanitaires.

C'est la troisième fois qu'on se fait fermer, alors on était habitués, on savait la procédure à faire, explique Mme Proulx, qui remplit une demande à l’assurance-emploi le 1er janvier. Comme elle ne reçoit pas de réponse du gouvernement, elle décide de vérifier l’état de son dossier. Elle découvre alors qu’elle est victime de fraude. 

Quand j'ouvre mon dossier, ce n’est plus mon adresse ni mes coordonnées bancaires, c'est l'adresse de la personne qui m'a fraudée. Ce qu'on voit, c'est une adresse du Mont-Royal qui n'est pas du tout la mienne, se désole-t-elle. 

Service Canada lui confirme la fraude et suspend sa demande d’assurance-emploi. Jessica Proulx se retrouve ainsi sans revenu.

« Ce qui pourrait m'aider, c'est le chômage. Mais là, ils me coupent le chômage. Je n’ai plus une cent de revenu en ce moment. Ça fait mal. »

— Une citation de  Jessica Proulx, serveuse de Magog

Malheureusement, on m'a dit qu'il fallait que je me débrouille avec la famille. Heureusement, j'ai de bons parents, et un conjoint avec une bonne situation, ajoute-t-elle. 

Jessica Proulx assise devant son ordinateur.

Jessica Proulx a été victime d'une fraude qui l'empêche de recevoir des prestations d'assurance-emploi.

Photo : Radio-Canada / Alexis Tremblay

Des cas longs à régler

Jessica Proulx devra s'armer de patience, avertit le mouvement des chômeurs et des chômeuses de l'Estrie.

On a eu des cas et ça a pris quatre mois, six mois avant que les choses se règlent, soutient Denis Poudrier, le coordonnateur du Mouvement.

Il donne en exemple le cas d'un autre travailleur fraudé pendant une convalescence. Tu essaies de te remettre au niveau santé, mais tu n’as aucun sou, et les bailleurs de fonds te courent après.

« Il n’y a pas grand monde avec un bas de laine pour soutenir trois ou quatre mois de manque de revenu. »

— Une citation de  Denis Poudrier, coordonnateur du Mouvement des chômeurs et des chômeuses de l'Estrie

Une vingtaine de cas similaires à Magog

La régie de police de Memphrémagog confirme avoir reçu, depuis le 1er octobre, 23 plaintes de travailleurs victimes de fraude liée à l'assurance-emploi. Comme Mme Proulx, des gens se plaignent notamment de modifications d'informations personnelles dans leur dossier.

Selon le spécialiste en cybersécurité et président-directeur général d'EVA Technologies Éric Parent, une validation humaine devrait être exigée quand quelqu'un tente de lier un dossier d'assurance-emploi à un nouveau compte bancaire.

Ce sont des contrôles très simples qui devraient être mis en place, mais qui sont absents aujourd'hui. On envoie la tâche à tous les citoyens de se protéger [...]. C'est ridicule de faire ça, on devrait régler le problème à la source au lieu de laisser retomber ça sur chaque citoyen, déplore-t-il.

« À part de se brancher souvent sur le site du gouvernement pour s'assurer que son dossier n'a pas été modifié, le citoyen a les mains liées. [...] Il va juste s'en apercevoir plus tard en faisant son rapport d'impôts ou une demande de prestations.  »

— Une citation de  Éric Parent, spécialiste en cybersécurité et président-directeur général d'EVA Technologies

Au moment d'écrire ces lignes, Service Canada n'avait pas encore répondu à la demande de commentaire de Radio-Canada.

Avec les informations d’Alexis Tremblay et d'Ernst Jeudy

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