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Fraude, Ariane Moffatt et régimes : le culte de la minceur est plus trompeur que jamais

Des photos d'Ariane Moffatt avec un message dans lequel elle parle qu'elle a perdu du poids. C'est une publicité frauduleuse.

Un faux contenu commandité circule sur les réseaux sociaux et s'approprie l'image d'Ariane Moffatt. L'artiste assure qu'elle ne ferait jamais la promotion d'un produit minceur.

Photo : capture d'écran/collage/Olivia Laperrière-Roy

Alors que la crise sanitaire exacerbe les préoccupations au sujet du surpoids au Québec, une publicité trompeuse mettant en vedette Ariane Moffatt circule depuis peu sur les réseaux sociaux pour faire la promotion d’un produit amaigrissant.

Cette publicité datée du 19 janvier ressemble en tout point à une publication Facebook. On a pu la voir dans les contenus commandités proposés sur ce réseau social au cours de la dernière semaine.

Ça dure depuis plusieurs mois. La première fois, on pensait qu’on serait capables de les arrêter, mais on a remarqué qu’ils font juste recommencer avec un autre nom de domaine, confirme Stéphanie Moffatt, l’agente de l’autrice-compositrice-interprète.

D’autres personnalités du Québec ont été ou sont encore aux prises avec une telle situation, notamment le comédien Michel Charette.

Maintenant, on a un message automatique sur les comptes d’Ariane pour expliquer que c’est une fraude. Jamais Ariane ne ferait la promotion d’un produit de perte de poids. C’est une fervente représentante de la diversité corporelle, poursuit Stéphanie Moffatt.

On peut lire ceci dans le message sur Facebook : « Si vous avez reçu une publicité qui me lie de près ou de loin à un régime amaigrissant, c'est une fraude!! Nous travaillons à faire taire ces charlatans, mais dans l'intervalle, je vous précise que je ne serai JAMAIS porte-parole d'aucune forme de DIÈTE ou de solution pseudo magique en lien avec l'amaigrissement. Ce serait bien mal me connaître. Vous pouvez aussi les signaler à Facebook dès que vous les voyez passer. L'union fait la force, ici... »

Voici le message automatique envoyé par l'équipe d'Ariane Mofatt sur le compte Facebook officiel de l'artiste. Son compte Facebook est certifié, contrairement aux pages où son identité est usurpée, qui n'affichent pas la petite icône bleue.

Photo : Facebook @ArianeMoffatt

La guerre aux produits amaigrissants

Ce type de marketing mensonger et parfois frauduleux est dans la mire de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ).

C’était une préoccupation, le culte de la minceur. Ça s’est grandement exacerbé avec le confinement et l’industrie des produits amaigrissants a capitalisé là-dessus, explique Laurence Sauvé-Lévesque, chargée de projet à l’ASPQ.

Un rapport (Nouvelle fenêtre) dévoilé récemment remet en question l’omniprésence de l’industrie de l’amaigrissement sur le web et dans les réseaux sociaux. L’ASPQ estime que les gouvernements provincial et fédéral devraient agir pour mieux encadrer les publicités qui servent à vendre des produits amaigrissants.

L’exemple d’Ariane Moffatt est un bon exemple de ce qu’on déplore. Cette publicité mériterait une plainte, mais c’est très difficile parce que les usurpateurs changent de nom de domaine constamment et les entreprises ne sont pas basées au Québec, souligne Laurence Sauvé-Lévesque.

L’ASPQ veut encourager l’Office de la protection du consommateur à multiplier les outils pour que les internautes puissent déposer des plaintes.

L’ASPQ souhaite aussi que Santé Canada revoie le Règlement sur les produits de santé naturels pour forcer les entreprises à expliquer clairement le contenu des pilules qu’elles vendent, notamment.

Une femme tient des légumes.

Les entreprises de produits amaigrissants utilisent de plus en plus les discours sur le bien-être et sur la saine nutrition pour tenter de convaincre les consommateurs, observe l'ASPQ.

Photo : iStock

Le culte de la minceur en chiffres

Un sondage Léger mené pour le compte de l’ASPQ en mars 2021 révèle que six Québécois sur dix ont fait des efforts pour perdre ou maintenir leur poids au cours de la dernière année. De plus, la moitié de la population (52 %) est insatisfaite de son poids, soit 45 % des hommes et 59 % des femmes.

Près du quart de la population québécoise rapporte avoir été sollicitée directement pour acheter un produit amaigrissant au cours de la dernière année.

Source : Association pour la santé publique du Québec

C’est choquant

L’équipe d’Ariane Moffatt a entrepris divers recours depuis l’arrivée de ces fausses publicités dans la vie de l’artiste.

J’ai une formation d’avocate, donc mon premier réflexe a été d’envoyer une mise en demeure à la compagnie. Bien entendu, je n’ai pas eu de réponse. Maintenant, on a un contact chez Facebook, on peut donc lui envoyer directement les fausses pubs quand on en voit, décrit Stéphanie Moffatt.

« Ça arrive à d’autres personnes. Ils se servent de la notoriété des gens, c’est choquant. Ce sont des bandits! »

— Une citation de  Stéphanie Moffatt

La gérante de l’autrice-compositrice-interprète espère surtout que les personnes qui voient ces publicités comprennent rapidement qu’il ne s’agit pas d’Ariane Moffatt.

Parfois, on va vite et on peut se faire avoir. Mais si on lit comme il le faut, on se rend compte que ça ne peut pas émaner de sa plume, fait valoir Stéphanie Moffatt.

Ariane Moffatt et Stéphanie Moffatt sur le parvis de la Maison de Radio-Canada, à Montréal, avant leur entrevue à l'émission « Tricotées serrées », en 2018.

Ariane Moffatt en compagnie de sa sœur et agente Stéphanie Moffatt (archives)

Photo : Radio-Canada / Mathieu Arsenault

Dénonciation des publicités

Le site de l’Office de la protection du consommateur (OPC) présente les moyens disponibles (Nouvelle fenêtre) lorsqu’un client se procure un produit amaigrissant qui ne répond pas à la promesse d’achat du fabricant.

L’OPC explique entre autres comment un client peut faire une démarche de mise en demeure s'il opte pour ce recours.

Pour ce qui est de la publicité, l’OPC rappelle que la loi interdit aux entreprises de s’attribuer un statut ou une identité qu’on n’a pas en réalité.

Il est possible de communiquer avec l’Office pour obtenir de l’information avant de dénoncer une publicité.

Nous avons aussi une campagne de sensibilisation, précise de son côté Laurence Sauvé-Lévesque, de l’Association pour la santé publique du Québec. Sur le site apparencestrompeuses.ca (Nouvelle fenêtre), l’ASPQ donne des conseils sur les informations à ajouter dans une dénonciation pour qu’elle ait encore plus d’impact.

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