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Des enclos inachevés pour les femelles caribous de la Gaspésie

La population de caribous est en déclin dans le Grand Nord canadien.

Trois hardes de caribous du Québec sont particulièrement vulnérables soit celles de Val-D'Or, de Charlevoix et de la Gaspésie.

Photo : Getty Images

Le tiers des travaux prévus pour les mettre en enclos les femelles gestantes du troupeau de la Gaspésie ont été réalisés. La capture des bêtes aura tout de même lieu au début du mois de mars prochain.

Les femelles gestantes seront installées dans des enclos encore en construction.

Les deux enclos ne seront pas prêts avant l’automne. Seulement 35 % des travaux prévus ont été réalisés en raison, entre autres, de retard dans la livraison de matériel et de la nature du sol.

Le ministère tenait, mercredi, une conférence de presse sur l’avancement des travaux dans chaque région où un enclos est prévu, soit Val-D’Or, Charlevoix et la Gaspésie.

Fiche du ministère sur l'état des travaux en cours.

Les travaux d'aménagement des enclos des caribous de la Gaspésie ont été retardés.

Photo : Gracieuseté : ministère de la Faune

Deux sites ont été ciblés puisqu’en Gaspésie puisque le troupeau est déjà scindé en deux groupes celui des McGerrigle et celui du mont Albert.

Le ministère souligne qu’il a aussi été difficile de repérer les sites adéquats en Gaspésie.

En plus d’être situés dans l’environnement naturel du groupe, les enclos doivent être accessibles pour un approvisionnement en nourriture et répondre aux besoins des bêtes comme disposer de sources d’eau, d’abris naturels ou d’une superficie assurant leur bien-être.

Plus que des clôtures

D’ailleurs, les enclos, situés dans la réserve faunique des Chic-Chocs, occuperont environ 15 hectares, selon le ministère.

Ces espaces seront entourés par une clôture de 3,66 m et doublés d’une seconde clôture électrique pour bloquer l’accès aux prédateurs.

Une clôture de métal recouverte de géotextile noir.

Le site n'a qu'une seule porte pour tous les enclos, ce qui limite l'accès des prédateurs.

Photo : Gracieuseté : ministère de la Faune

Dans chaque site seront aménagés deux enclos principaux et deux enclos de soin ainsi que quatre lieux d’alimentation. Un bâtiment pour les soins, des entrepôts pour l’équipement et la nourriture ainsi qu’une tour d’observation complètent l’aménagement des sites.

La capacité d’accueil du modèle est de 25 à 45 caribous par enclos principal.

Sites saisonniers

En Gaspésie, à terme, le ministère prévoit accueillir cinq femelles dans chacun des deux sites de la Gaspésie. Atteindre cet objectif serait d’ailleurs une bonne nouvelle pour le troupeau qui, selon le dernier recensement, compte entre 30 et 40  individus. Chaque année, le troupeau décline.

Puisque les deux tiers de la construction restent à compléter en Gaspésie, seuls les enclos destinés aux soins accueilleront les premières bêtes à la fin de l’hiver 2022. Les pensionnaires devraient y être installées en mars et devraient être libérées fin août ou début septembre avec leur faon.

Le ministère prévoit capturer les bêtes avec des fusils lance-filets à partir d’hélicoptère. C’est déjà la méthode qui a été utilisée en Gaspésie pour installer des colliers télémétriques lors de recherches, notamment sur l’aire de répartition du caribou dans le massif des Chic-Chocs.

Les animaux, qui quitteront l’enclos à l’automne, seront aussi équipés de colliers télémétriques afin que les biologistes puissent évaluer leur taux de survie.

Selon des spécialistes, dont le biologiste Martin-Hugues Saint-Laurent, la méthode pourrait aider à la survie du troupeau à la condition qu'elle soit accompagnée de mesures qui permettent de restaurer l'habitat essentiel du caribou.

Environ 1,5 million de dollars par site

Même s’il est prévu qu’il soit saisonnier, le modèle d’enclos retenu pour les Chic-Chocs est similaire à celui construit dans Charlevoix. Contrairement à la formule retenue en Gaspésie, il n’est pas prévu ni à Charlevoix ni à Val-D’Or que les caribous, qui vont y vivre ou qui y sont déjà installés, soient libérés à court terme.

Jusqu’à maintenant, le ministère prévoit que cela lui coûtera un peu plus de 100 000 $ par année pour maintenir et entretenir chacun des sites.

Des hommes discutent près d'une clôture de métal en forêt.

Deux sites d'enclos ont été aménagés en Gaspésie, dans la réserve des Chic-Chocs, un sur les monts McGerrigle (la photo) et un autre dans le secteur du mont Albert.

Photo : Gracieuseté : ministère de la Faune

Québec avait prévu dans ses appels d'offres 2,3 millions de dollars pour la construction des deux enclos de la Gaspésie. Le ministère indique qu’il faut ajouter à cette facture, une somme de 300 000 $ à 400 000 $ par enclos pour des frais connexes.

Selon l’évaluation sommaire des coûts donnée lors de la conférence de presse, la facture totale pour les enclos de la Gaspésie, de Val-d’Or et de Charlevoix atteindrait donc près de 6 millions de dollars.

Solution temporaire

Annoncée d’abord pour 2019, puis reportée en 2022, et maintenant prévue pour 2023, cette fameuse stratégie ne sera vraisemblablement pas le legs du ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, mais plutôt cette mise en enclos qu’il a annoncée en décembre 2020.

D’évidence, à peine un an plus tard, ce chantier avance à une vitesse rarement vue dans les officines ministérielles. Si en Gaspésie, les délais s’allongent, à Val D’Or et à Charlevoix, l’érection des clôtures est presque terminée.

Vue aérienne de l'aménagement dans la forêt de Charlevoix.

L'enclos de Charlevoix est aménagé dans le parc national des Grands-Jardins.

Photo : Autre banques d'images / Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Cette solution, que le ministère qualifie de temporaire, reste inusitée et a rarement été expérimentée dans le monde. Plus longtemps les caribous vivront en captivité, plus ce sera difficile de les réintégrer dans leur environnement naturel, admet le ministère.

Elle perdurera au moins jusqu’à la tenue d’une commission indépendante sur le caribou forestier et montagnard qui sera suivie du dépôt de la stratégie de rétablissement. Les audiences de la commission doivent se tenir à l'hiver 2022 dans les régions où vivent les caribous, dont la Gaspésie.

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