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COVID-19 : des étudiants en médecine veulent être mis à contribution

Un médecin vêtu de son sarrau, avec un stétoscope lui tombant sur les épaules.

Des étudiants proposent d'être libérés de leurs études et d'être potentiellement crédités pour être sur le plancher. (Archives)

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Des étudiants en médecines proposent au gouvernement Legault de faire appel à eux pour soulager, du moins un peu, le réseau de la santé débordé par la 5e vague de COVID-19.

La suggestion vient des stagiaires du laboratoire vivant de Charlevoix dédié à la recherche d'innovation dans les urgences. Même si on n'a pas toutes les capacités techniques pour aider, toutes les connaissances, il y a sûrement quelque chose qu'on peut faire dans le système, avance le médecin et psychologue Richard Fleet au sujet des étudiants.

En collaboration avec les étudiants du Living Lab de Charlevoix, il signe une lettre ouverte dans le quotidien La Presse pour inviter les gouvernements et les facultés de médecine à se pencher sur cette solution.

Le Dr Fleet est convaincu que les étudiants en médecine, peu importe où ils en sont dans leur parcours académique, pourraient accomplir des tâches assez simples pour venir en aide au personnel soignant et qui, au même moment, seraient très utiles sur le plan de la formation des étudiants.

Études sur pause

Un étudiant en deuxième année à l’Université Laval, Émeryck Plante-Bealleau, prévient toutefois que la collaboration des facultés de médecine sera essentielle pour que les aspirants médecins puissent faire une différence dans le réseau.

Le programme académique exigeant est incompatible avec de longues heures travaillées auprès de patients dans les hôpitaux ou les milieux de vie pour aînés. La proposition c'est de permettre aux étudiants d'être libérés de leurs études, d'être potentiellement crédités pour être sur le plancher, d'être potentiellement payés, ce qui permettrait d'avoir une masse d'étudiants qui iraient travailler, pas simplement quelques-uns par ci, par là, illustre l’étudiant de 2e année.

Pour l’instant, seules des démarches informelles ont été entreprises auprès de l’équipe du ministre de la Santé et les directions des facultés de médecine. Le Dr Richard Fleet est conscient qu’avant de voir débarquer les étudiants dans les hôpitaux, les décideurs devront sauter à pieds joints dans le projet et trouver une formule qui fonctionne.

Ça va prendre un grand leadership. […] Il faut vendre l'idée aux gens qui dirigent les facultés de médecine, les hôpitaux, pour que ce soit donnant donnant, donc une expérience enrichissante créditée pour les étudiants, mais aussi que ça serve la communauté le mieux possible.

Selon la Dr Joanne Liu, spécialiste des urgences pandémiques sanitaires, croit que c’est une option qui aurait dû être regardée sérieusement dès le début.

Mon expérience, notamment dans des crises dans des pays de l'hémisphère sud, on utilise beaucoup les étudiants en médecine parce que ce sont des gens flexibles, innovant, avec une énergie nouvelle. Souvent, ça nous permet d'ajouter à notre force de travail, explique la Dr Liu, qui a notamment présidé Médecins sans frontières pendant six ans.

Au cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, la proposition suscite toutefois peu d'intérêt. Une attachée politique répond que les externes en formation travaillent déjà dans les hôpitaux et que d'interrompre la formation académique des médecins en début de parcours retarderait aussi leur arrivée dans le réseau. Le gouvernement mise davantage sur le volontariat.

Avec les informations de Guylaine Bussière

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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