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Les surdoses et les décès liés aux opioïdes continuent d’augmenter à Sudbury

Une seringue et des pilules.

Les villes de Sudbury et de Timmins attendent des approbations gouvernementales pour l'établissement de sites de consommation supervisée.

Photo : Shutterstock / Chirachai Phitayachamrat

Radio-Canada

La Stratégie communautaire contre les drogues de Sudbury signale une augmentation des surdoses d'opioïdes et des décès en 2021 dans la région.

Le groupe note une augmentation du nombre d'ambulanciers paramédicaux répondant à des incidents présumément liés aux opioïdes, plus de visites aux urgences pour des surdoses, ainsi que plus de surdoses et de décès.

Entre janvier 2021 et novembre 2021, le groupe a rapporté ce qui suit :

  • Les ambulanciers paramédicaux ont répondu à 797 incidents présumément liés aux opioïdes, contre 570 au cours de la même période en 2020.
  • Il y a eu 523 visites au service des urgences d’Horizon Santé-Nord pour des surdoses accidentelles soupçonnées, contre 504 visites au cours de la même période en 2020.

Entre janvier 2021 et septembre 2021, le groupe a rapporté :

  • un total de 54 décès dans les districts de Sudbury et de Manitoulin dus à des surdoses liées aux opioïdes, contre 44 décès au cours de la même période en 2020;
  • au cours de cette période, 24 260 doses de naloxone ont été distribuées dans le district, contre 19 880 doses au cours de la même période en 2020.

Des chiffres qui choquent, mais qui ne surprennent pas

Les gens qui travaillent dans le milieu sont unanimes : ces chiffres ne font que confirmer la tragédie qu'ils constatent tous les soirs dans les rues de Sudbury.

À commencer par Karla Ghartey, la fondatrice du groupe Temporary Overdose Prevention Society, qui a mis sur pied des sites d'injection supervisée illégaux.

Je ne suis pas surprise, la pandémie fait monter ces chiffres. Ils étaient déjà très élevés avant la pandémie, mais ils continuent d'augmenter depuis, dit-elle.

« Ce n’est pas que les gens n’ont pas accès aux services d’urgence; ceux-ci existent toujours. Toutefois, la connexion sociale avec les fournisseurs de soins [...] n'est plus aussi facile. »

— Une citation de  Karla Ghartey, fondatrice, Sudbury Temporary Overdose Prevention Society

Elle ajoute que les personnes vivant en situation de pauvreté n'ont pas aussi facilement accès aux services virtuels d'appui au dépendances.

Je pense que ces chiffres confirment ce que nous savions au sujet de ce qui se passe dans notre communauté, affirme Josée Joliat, coordonnatrice de la Stratégie communautaire contre les drogues de Sudbury et infirmière au Service de santé publique de Sudbury et du district.

Josée Joliat en entrevue à Radio-Canada, devant l'Hôpital de Sudbury.

Josée Joliat est coordonnatrice de la Stratégie communautaire contre les drogues de Sudbury. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Raymond Landry, le directeur général du Réseau des sans-abri de Sudbury, fait le même constat.

C’est dévastateur comme chiffres pour la région. On peut les confirmer par le nombre d’interventions que notre équipe doit faire dans les rues chaque semaine, dit-il.

On doit intervenir toutes les semaines avec du naloxone, ajoute-t-il.

Mme Joliat indique que de nombreuses raisons expliquent ces augmentations.

« Nous savons que l'approvisionnement en drogues illicites continue d'être imprévisible et toxique, ce qui met les gens en danger. »

— Une citation de  Josée Joliat, coordonnatrice de la Stratégie communautaire contre les drogues de Sudbury

Elle ajoute que la pandémie n'améliore pas la situation : les personnes qui consomment de la drogue sont généralement encouragées à ne pas le faire seules, mais les règles de santé publique stipulent qu'elles doivent limiter leurs contacts.

Sites de consommation supervisée

Des groupes de Sudbury et de Timmins travaillent à établir des sites de consommation supervisée dans ces communautés.

Le projet à Sudbury est dirigé par Réseau Access Network, avec le soutien de la santé publique, et on attend l'approbation finale des gouvernements provincial et fédéral.

Mme Joliat reconnaît qu'un site de consommation sécuritaire ne résoudra pas le problème, mais, dit-elle, les avantages observés dans d'autres communautés, c'est bien sûr une réduction des surdoses entraînant ou non la mort.

Un homme sur un escabeau répare une gouttière sur une maison mobile en hiver.

Cette maison mobile servira de centre d'injection supervisée temporaire une fois l'approbation des gouvernements provincial et fédéral reçue.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Elle ajoute que ces centres sont de très bons points de contact pour permettre aux gens d'accéder aux services de santé ou aux services sociaux.

D'autres avantages, selon elle : une diminution de l'utilisation de substances et une réduction de l'emploi de seringues usagées.

Il est cependant déjà temps de regarder au-delà de cette solution, selon Karla Ghartey, qui juge ces centres appropriés, mais insuffisants.

« Il est temps de passer à autre chose et d'envisager l'approvisionnement sécuritaire et la décriminalisation. »

— Une citation de  Karla Ghartey, fondatrice, Sudbury Temporary Overdose Prevention Society

À Timmins, l'hôpital a fait une demande à Santé Canada afin d'exploiter un site d'injection supervisée.

Celui-ci permettrait aux gens de consommer de la drogue dans un endroit sûr, avec du personnel médical sur place.

Patrick Nowak, infirmier autorisé et gestionnaire du programme de lutte contre les dépendances à l'Hôpital de Timmins et du district, affirme que le personnel de l'hôpital est témoin quotidiennement de l'impact de la crise des opioïdes sur la communauté.

« Nous voyons des incidents liés aux opioïdes à l'hôpital à une fréquence assez alarmante. »

— Une citation de  Patrick Nowak, gestionnaire du programme de lutte contre les dépendances

L'hôpital fera la gestion quotidienne du centre si ce dernier est approuvé.

Tina Brunet, infirmière en santé publique au Bureau de santé Porcupine et coordonnatrice de programme dans le domaine de la réduction des méfaits, estime qu'un tel centre pourrait sauver des vies.

Il s'agit non seulement de sauver la vie des gens dans l’immédiat, mais aussi d'établir une relation de confiance avec eux et de les diriger vers les services de gestion du sevrage et de traitement, ainsi que vers les services sociaux, y compris le logement et les besoins de base, dit-elle.

Cela peut vraiment servir de carrefour pour pouvoir démarrer ces conversations, mais on a besoin d'un endroit sûr pour le faire.

Avec les informations de Bienvenu Senga et de CBC News

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