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Priorisation des soins de santé : surprise et crainte en Outaouais

Une chambre vide d'hôpital.

Une chambre vide du 6e ouest de l'Hôpital de Hull (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

Le « Guide pour la priorisation et la gestion des hospitalisations en courte durée en contexte de pandémie de COVID-19 », est accueilli avec surprise et une certaine crainte par Action Santé Outaouais.

C’est impressionnant comme mesure, constate Denis Marcheterre, président de l’organisme communautaire.

Le réseau de la santé en Outaouais a pratiquement atteint le niveau maximum pour le délestage d'interventions chirurgicales.

Et la région souffre d'une pénurie de personnel aggravée par la pandémie et le variant Omicron.

Denis Marcheterre, président d’Action santé Outaouais, constate avec résignation l’état de crise dans lequel est plongé la région, tout comme l’ensemble du Québec.

« Il faut accepter la situation. Rien ne sert, rendu à ce point-ci, de se révolter et de dire que c’est répugnant, c’est inacceptable… On le sait que c'est inacceptable. Ce n’est la faute de personne. »

— Une citation de  Denis Marcheterre, président d’Action santé Outaouais

Le président de l'organisme communautaire ajoute qu’il faut gérer ce qu'on peut gérer présentement, et gérer autrement à l’avenir. Il prévient qu’il faudra apprendre à faire preuve de souplesse pour mieux affronter les crises comme celle qui secoue le réseau actuellement.

Le militant estime que ce contexte malheureux pousse au moins les dirigeants à réfléchir sérieusement à un plan pour offrir des soins appropriés aux malades. Il souhaite que les mesures que le gouvernement compte mettre en place de façon temporaire ne s'étalent pas au-delà de six semaines.

Confusion et questions nombreuses

L'implantation de ce guide de priorisation suscite une certaine confusion, souligne Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.

Il aimerait bien savoir si le nouveau document remplace celui déjà en place sur cette question éthique qui touche les soins intensifs.

Paul Brunet en entrevue au Centre de l'information de Radio-Canada (archives).

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet (archives).

Photo : Radio-Canada

Paul Brunet est aussi curieux de voir comment les ordres professionnels dans le milieu de la santé vont se positionner. Il veut spécifiquement entendre leurs observations sur le fait de diminuer les obligations déontologiques et disciplinaires des professionnels de la santé en fonction du fait qu’on va couper les coins ronds.

Le défenseur des droits des patients réclame plus d’imputabilité du gouvernement. Il demande que ce guide, qui a un impact direct sur les soins donnés aux patients, soit adopté sous la forme de décret ou d'arrêté ministériel.

« Je ne veux pas que les fonctionnaires non imputables décident de choses qui vont impacter sur ma vie ou sur ma mort. »

— Une citation de  Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

Paul Brunet se désole aussi de l’accès aux soins de santé, toujours ardu. Il y a 500 000 patients qui attendent dans le réseau pour toutes sortes de raisons, des chirurgies, des examens de santé mentale […] Si ça ce n’est pas du B-, alors je ne sais pas ce que c’est.

Le milieu médical veut se faire rassurant

Si certains s'inquiètent des effets que pourraient avoir le nouveau plan d’intervention présenté par Québec sur la qualité des soins offerts aux patients, le président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Ouest du Québec, Guillaume Charbonneau, se fait rassurant.

Le Dr Charbonneau, qui travaille aussi comme médecin de famille à Maniwaki, croit que ça va être difficile, mais d’un autre côté, [il] pense que c’est bien qu’il y ait un plan pour guider [et] aider les travailleurs de la santé sur le terrain à avoir certaines orientations.

Photo du Dr Guillaume Charbonneau, ancien président du Collège des médecins de famille du Canada pour 2017-2018, et président actuel de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Ouest du Québec.

Le Dr Guillaume Charbonneau est le président de l'Association des médecins omnipraticiens de l'Ouest du Québec. Il a été le président du Collège des médecins de famille du Canada pour 2017-2018.

Photo : Bryan Cote

Il estime également que les médecins et les professionnels de la santé sur le terrain vont utiliser leur jugement pour offrir les meilleurs soins possibles, même si ce n’est pas optimal, mais surtout en redéfinissant les priorités, en utilisant des ressources inhabituelles et aussi, en reportant ce qui est moins urgent à plus tard.

Si, selon lui, on n’est pas encore rendu [...] au scénario catastrophe qui est prévu dans le plan d’action, le Dr Charbonneau anticipe tout même que la situation risque d’être très difficile à gérer pour les médecins et pour les autres professionnels de la santé.

Si l’on en arrivait là, il évalue qu’il y aurait des risques de potentiels conflits internes difficiles chez les soignants.

De leur côté, les ordres professionnels des médecins, infirmières et pharmaciens du Québec disent être prêts à adapter leurs codes de déontologie pour réduire la pression qui pèse sur le système de santé.

Avec les informations de de Stéphane Leclerc et de Marielle Guimond

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