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Geoffroy lance Live Slow Die Wise, un troisième album à savourer lentement

L'homme est assis sur une chaise et fume.

Sur son troisième album, l'artiste montréalais nous invite à vivre lentement, afin de mourir plus sages.

Photo : Facebook/Geoffroy - Alex Dozois

Charles Rioux

Le chanteur et musicien montréalais Geoffroy lance mercredi son troisième album, Live Slow Die Wise, réalisé par Louis-Jean Cormier et sur lequel l’enrobage électro de ses deux premiers opus fait place à des sons plus organiques. L’artiste nous parle de musique, de philosophie et de l’importance de la pleine conscience.

Le titre du nouvel album de Geoffroy n’a pas été choisi au hasard. Live Slow Die Wise (vis lentement, meurs sage) évoque tout de suite, par opposition, un mantra longtemps véhiculé dans la culture populaire, celui du live fast die young (vis rapidement, meurs jeune).

Que l’on pense au tristement célèbre club des 27, cette lignée d’artistes qui ont trouvé la mort à 27 ans (Kurt Cobain, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jim Morrison), ou aux morts hâtives dans le milieu du rap (Tupac, Biggie Smalls, Juice Wrld), une sorte de mythe s’est formé autour de l’idée de vivre intensément, quitte à mourir prématurément.

Geoffroy ne nie pas avoir suivi ce précepte par le passé, mais il affirme s’être assagi au fil du temps, prenant la pleine mesure de la fragilité de la vie.

Je pense que le live fast die young va rester là, c’est un côté de ma personnalité. Tu ne tournes pas la page en te disant : "Aujourd’hui, je deviens un adulte." C’est juste un autre côté de toi qui prend plus d’importance à un certain moment, résume-t-il au bout du fil, dans un chalet où il réside en Mauricie.

Voir le verre à moitié plein

À l’aube de la pandémie, en mars 2020, Geoffroy Sauvé, alias Geoffroy, était en pleine tournée pour son album 1952, lancé quelques mois plus tôt. L’avenir était pour ainsi dire lumineux après le succès de son premier album, Coastline (2017) et l’accueil chaleureux réservé à sa suite.

La première semaine de confinement, j’avais trois concerts sold out à Montréal et à Québec, et deux événements corporatifs. Je faisais mon année en une semaine, résume-t-il. Comme pour plusieurs artistes, la COVID-19 lui a brusquement coupé l’herbe sous les pieds.

Passé le découragement initial, le « mieux que rien » est rapidement revenu dans la tête de cet adepte du verre à moitié plein. Au début de la pandémie, il y a eu une phase "lune de miel" où j’étais content que ça ralentisse. J’étais dans un bon mood, dans un esprit d’acceptation, explique-t-il.

La première mouture des chansons de Live Slow Die Wise a pris forme dans son appartement de la rue Laurier, à Montréal, avec sa guitare et son piano. Son souhait de s’éloigner de l’enrobage électronique de ses deux premiers albums cadrait finalement assez bien avec les contraintes de la pandémie.

Le flair de Louis-Jean Cormier pour les arrangements intimes

Geoffroy avait envie de revenir à ses débuts, à cette époque où il traînait sa guitare acoustique dans les auberges de jeunesse et les bars de Grèce, d'Amérique du Sud et autres destinations soleil, parcourant le monde à la recherche de réponses aux questions – profondes et idiotes – de la vie.

Il a donc délaissé temporairement le trio de réalisateurs qui le suit depuis ses débuts – Max Gendron, alias Prince Club, Gab Gagnon et Clément Leduc, alias Hologramme – pour confier ses compositions à Louis-Jean Cormier, qu’il a d’abord connu en intégrant son équipe à La voix, il y a quelques années.

Son intention de revenir aux sources pour Live Slow Die Wise a tout de suite été comprise par Louis-Jean Cormier et son bras droit, le bassiste et ingénieur de son Guillaume Chartrain, alias Guylain. Ces gars-là ne niaisent pas avec la puck, ils ont énormément d’expérience, affirme Geoffroy, qui avait l’habitude de prendre son temps en studio.

J’y allais un peu à l’aveuglette, parce que c’est la première fois que j’allais en studio pour seulement 10 jours. On a enregistré tout en live, avec seulement des vrais instruments. C’est ça que je voulais, parce que je ne voulais pas que ce soit trop loin des maquettes originales des chansons, explique-t-il.

Ce troisième album est le plus intimiste de Geoffroy, et aussi le plus minimaliste. Il n’y a pratiquement aucune batterie, qu’elle soit organique ou électronique, sauf sur Strangers on a Train, où elle est très subtile.

Le reste des chansons repose tout au plus sur quelques percussions, ce qui laisse beaucoup de place pour la guitare, le piano et la voix du chanteur, qui révèle toutes ses subtilités en étant mise de l’avant.

Plus qu’un mantra, une philosophie de vie

Le dernier album de Geoffroy, 1952, était un hommage à sa mère, décédée d’un cancer en 2017. Le processus créatif lui a donc remué énormément d’émotions. On sent sur Live Slow Die Wise une accalmie nouvelle et une approche plus contemplative de l’écriture.

Quand tu côtoies la mort, tu te rends compte de la fragilité et de l’importance de la vie. Je ne me fais plus chier. Je ne perds plus de temps. Que ce soit le monde avec qui je ne veux pas parler ou les choses que je ne veux pas faire. Il faut mettre son temps et son énergie dans des choses qui t’intéressent pour vrai, explique-t-il.

Une manière de vivre inspirée entre autres par des auteurs comme Eckhart Tolle, Charles Pépin, Luc Ferry et Alan Watts; des penseurs qui flirtent parfois avec les préceptes du bouddhisme.

Quand tu prends le temps d’y penser, ça te rappelle la chance que tu as d’être en vie, de pouvoir manger, d’avoir de l’eau qui sort d’un robinet. En fait, tes besoins deviennent vraiment simples pour être heureux, résume-t-il.

Des chansons mises en images au Mexique

Grand voyageur depuis toujours, Geoffroy a dû limiter ses déplacements depuis le début de la pandémie. Il a surtout voyagé au Québec, mais également au Mexique, à la fin de 2021. Il en a profité pour récolter du visuel pour accompagner son nouvel album, avec le cinéaste et photographe Julian Thomas.

Je voulais faire un court métrage pour accompagner l’album. Je suis allé filmer chaque chanson en version acoustique dans différents lieux au Mexique, explique-t-il. Je vais commencer à sortir ça en épisodes, par chanson, sur Instagram. Et à la fin, on va sortir le film au complet. Entre chaque chanson, il y aura des interludes du voyage.

Si les mesures sanitaires le permettent, Geoffroy entamera la portion québécoise de la Live Slow Die Wise Canada Tour le 5 mars au Cabaret Cogeco de Trois-Rivières. Il sera à Montréal au MTelus le 11 mars et à L’Impérial Bell, à Québec, le 25 mars.

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