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« Oui, nous craignons un conflit armé en Ukraine »

Justin Trudeau, l'air sérieux, en conférence de presse

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le premier ministre du Canada s'est dit « extrêmement préoccupé » par les tensions croissantes à la frontière entre la Russie et l'Ukraine mercredi, lors d'une conférence de presse destinée initialement à faire le point sur l'état de la pandémie de COVID-19 au pays.

Oui, nous craignons un conflit armé en Ukraine, a-t-il lancé d'emblée, tandis qu'il était questionné par les journalistes sur la possibilité que le Canada offre une aide matérielle à cet ancien pays satellite de l'Union soviétique.

Depuis la révolution pro-occidentale du Maïdan et l'annexion de la Crimée par Vladimir Poutine en 2014, l'est de l'Ukraine est le théâtre d'une guerre entre sa propre armée et des séparatistes soutenus par la Russie.

Or, depuis quelques semaines, la Russie a stationné environ 100 000 soldats le long de sa frontière avec l'Ukraine, en plus d'y positionner des chars d'assaut et d'autres pièces d'artillerie lourde. Le régime de Vladimir Poutine nie cependant toute intention d'envahir l'Ukraine.

Nous sommes extrêmement préoccupés par le positionnement du gouvernement russe, par ce qu’il est en train de dire et les envois de soldats à la frontière avec l’Ukraine, c’est une inquiétude partagée par nos alliés à travers le monde et par le gouvernement ukrainien, a réagi Justin Trudeau, mercredi.

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, a conclu la veille un voyage de deux jours en sol ukrainien, visite lors de laquelle Kiev a demandé au Canada de lui fournir de l’équipement militaire et des armes, comme le font actuellement certains partenaires, dont les États-Unis et le Royaume-Uni.

Mélanie Joly agenouillée devant un monument commémoratif tapissé de portraits.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, dépose des fleurs au mur commémoratif, à Kiev, des quelque 4500 défenseurs de l'Ukraine tombés pendant la guerre russo-ukrainienne.

Photo : Associated Press

Le Canada n'a pas encore répondu officiellement à la demande d'aide de l'Ukraine. La Russie tente de trouver des excuses pour escalader ses agressions envers l’Ukraine, a dénoncé Justin Trudeau, mercredi. Nos décisions seront basées sur ce qui est le mieux pour les Ukrainiens et ce qui est le mieux pour préserver la paix globale aussi longtemps qu’on le peut.

« C’est important, et c’est responsable, que nous nous préparions à toute éventualité. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les Forces armées canadiennes, Affaires mondiales Canada, nos partenaires multilatéraux, nous examinons tous un éventail de possibilités et d’éventualités afin de s’assurer d’être capables de garder les gens en sécurité et de soutenir les Ukrainiens, a-t-il précisé.

Pour l'instant, Ottawa fournit quelque 200 soldats à l'Ukraine dans le cadre de l'Opération UNIFIER, qui doit prendre fin en mars. La mission devrait toutefois être renouvelée.

La ministre de la Défense nationale, Anita Anand, s’est entretenue cette semaine avec le ministre de la Défense de l’Ukraine, Oleksii Reznikov. Mme Anand a ainsi réaffirmé l'engagement indéfectible du Canada envers la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, selon le communiqué fourni mercredi par son cabinet.

Le reportage de Jean-François Bélanger.

Difficile diplomatie

Depuis le début de l'escalade des tensions, la Russie dément avoir l'intention d'attaquer l'Ukraine et se dit plutôt menacée par le renforcement de l'OTAN dans la région, qu'elle considère comme sa zone traditionnelle d'influence.

Moscou juge ainsi qu'une désescalade n'est possible que si les Occidentaux signent des traités bannissant tout élargissement futur de l'Alliance, en particulier en Ukraine et en Géorgie. La Russie exige aussi que les Américains et leurs alliés renoncent à mener des manœuvres et des déploiements militaires en Europe de l'Est.

Toutes des conditions qui ont été jugées irrecevables par les Occidentaux, engagés dans des pourparlers diplomatiques avec les Russes afin d'éviter des conflits armés aux conséquences imprévisibles. Moscou, de son côté, a fait savoir que ses revendications sont non négociables.

Les pays de l'OTAN se sont pour l'instant contentés de brandir la menace de sévères sanctions, tandis que la Russie continue de déployer lentement son armée. Moscou vient tout juste de confirmer la tenue d'exercices de préparation au combat au Bélarus, pays qui partage sa frontière avec le nord de l'Ukraine, ce qui fait donc craindre l'ouverture d'un nouveau front.

Mercredi, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, s'est rendu à son tour à Kiev, exhortant Vladimir Poutine à choisir la voie pacifique pour régler le conflit. Le diplomate américain doit retrouver vendredi à Genève son homologue russe Sergueï Lavrov pour un face-à-face diplomatique.

Les États-Unis ont par ailleurs annoncé une aide sécuritaire défensive supplémentaire de 200 millions de dollars pour soutenir l'Ukraine, ce qui s'ajoute aux 450 millions de dollars déjà accordés. Un soutien qui ne manque pas d'irriter Moscou, qui estime qu'aider l'Ukraine équivaut à menacer la Russie.

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