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Frustrée, une infirmière auxiliaire quitte la profession pour devenir camionneuse

Un femme au bord d'un camion.

Leah Gorham a choisi de travailler comme camionneuse plutôt que comme infirmière auxiliaire à l'Hôpital régional de Saint-Jean.

Photo : Avec la gracieuseté de Leah Gorham

Radio-Canada

Depuis quelques semaines, Leah Gorham est camionneuse. La femme de 42 ans récemment quitté son poste d’infirmière auxiliaire à l’hôpital de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick après avoir été confrontée à trop de difficultés.

La pénurie de personnel, la pandémie et les efforts de carrière contrecarrés ont poussé la quarantenaire à faire ce changement de carrière. Elle n’arrivait tout simplement plus à imaginer un futur heureux comme infirmière auxiliaire.

Après avoir travaillé 12 ans dans le système de santé, Leah Gorham est déménagée à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, et effectue désormais des déplacements jusqu’aux États-Unis avec son camion.

Bien qu’elle s’ennuie de ses proches au Nouveau-Brunswick, elle ne regrette pas d’avoir tout quitté.

« Plusieurs infirmières sont au bout du rouleau. Elle pleure dans les toilettes chaque jour. Des personnes qui ont pourtant des nerfs d’acier, mais qui maintenant n’en peuvent plus. »

— Une citation de  Leah Gorham, anciennement infirmière auxiliaire

Leah Gorham affirme que l’Hôpital régional de Saint-Jean a toujours eu un problème de manque de personnel, mais que l’arrivée de la pandémie a aggravé la situation et abattu le moral des troupes.

Elle ajoute que la pénurie de personnel nuit parfois même à la sécurité des employés.

« Je voulais être une infirmière »

Une femme habillée en uniforme d'infirmière.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Leah Gorham a exercé son métier d’infirmière auxiliaire 12 ans avant de tout quitter lors de la pandémie.

Photo : Avec la gracieuseté de Leah Gorham

Malgré les difficultés qu’elle percevait à l’hôpital, Leah Gorham voulait initialement continuer de travailler pour le système de santé néo-brunswickois, car elle avait un rêve : celui de devenir infirmière.

L'infirmière auxiliaire a tenté plusieurs fois d’être acceptée au programme de transition de l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB). Les candidats retenus doivent faire six cours en ligne qui les préparent à passer directement à une troisième année d’un baccalauréat en sciences infirmières.

Je voulais être infirmière pour le reste de ma vie, dit Leah Gorham. J’ai présenté ma candidature au moins trois fois et mon dossier a été systématiquement rejeté et, honnêtement, je ne savais pas pourquoi.

C’est la goutte qui a fait déborder le vase et l’a poussée à changer de carrière. Son petit ami camionneur l’a encouragée dans ses démarches de transition d’emploi.

Des chiffres qui inquiètent

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick indique qu’un total de 1000 postes d’infirmières et de 300 postes d’infirmières auxiliaires sont actuellement vacants dans la province.

De plus, La propagation du variant Omicron a causé de nombreuses périodes d’isolement forcées chez les travailleurs de la santé du Nouveau-Brunswick. Mardi, 347 d'entre eux n'ont pas pu se présenter au travail. Le 3 janvier, 571 personnes étaient absentes en raison de la COVID-19.

De son côté, l’Association canadienne des écoles de sciences infirmières (ACESI) croit que les pénuries de personnel infirmier signalées partout au Canada découlent d'un problème de rétention.

Les demandes pour devenir infirmière sont très élevées, confirme la directrice générale de l’ACESI, Cynthia Baker. Nous ne pensons pas avoir une pénurie de diplômés, mais les infirmières qui exercent décident de quitter la profession massivement en ce moment.

Le Canada compte plus de 12 000 diplômés en sciences infirmières par année, au cours des sept dernières années. La province du Nouveau-Brunswick fait toutefois bande à part et enregistre une tendance vers le bas, selon l’ACESI.

Les recherches de l’ACESI indiquent que la province recense 268 diplômés en sciences infirmières en 2015, 260 en 2016, 202 en 2017, 144 en 2018 et 148 en 2020.

Avec les informations de Rachel Cave de CBC

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