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Des immigrants allemands ont peur d’un homme du Cap-Breton accusé d’extorsion

Le couple est debout devant sa maison.

Dirk Westerhoff et Sandra Schmid disent avoir peur de Frank Eckhardt, mais n'ont pas l'intention de quitter leur nouvelle maison au Cap-Breton.

Photo : CBC/Tom Ayers

Radio-Canada

Un couple allemand qui a récemment immigré au Cap-Breton craint pour lui et son fils après qu'une plainte à la GRC a abouti à des accusations d'extorsion contre l'homme qui les a aidés à déménager au Canada.

« Je ne veux pas vivre dans la peur, et je ne suis pas venue au Canada pour avoir des ennuis avec un Allemand. »

— Une citation de  Sandra Schmid, naturopathe

Sandra Schmid et son mari Dirk Westerhoff n’ont pas l’intention de se laisser intimider et quitter leur nouvelle maison près de Cape George, en Nouvelle-Écosse.

Je suis heureuse d'être ici au Canada parce qu’être Canadienne, pour moi, c'est vivre libre et dans la tolérance, ajoute l’Allemande.

L’homme qu’ils craignent, Frank Eckhardt, est lui aussi un immigrant allemand arrivé au Cap-Breton il y a une vingtaine d'années. Il habite à Grand River, une petite communauté rurale à l'est de Saint Peter's. Il fait face à des accusations d'extorsion et à 13 infractions liées aux armes, y compris l'entreposage, le transport dangereux d'armes à feu et la possession d'armes de poing sans permis.

Ces allégations n'ont pas été prouvées devant les tribunaux.

Frank Eckhardt n'a pas répondu à nos demande pour commenter. C’est un vendeur immobilier controversé qui a fait les manchettes pour avoir proposé d'aider les Européens à s'installer au Cap-Breton, leur avoir vendu des terres hors de prix et prodigué des conseils de propagande nazie.

Portrait de Frank Eckhardt.

Une image de Frank Eckhardt tirée d'une émission de télévision allemande de 2018. Il fait face à des accusations d'extorsion après une dispute avec un couple qui a immigré au Cap-Breton.

Photo : ZDF/Youtube

Sandra Schmid et Dirk Westerhoff disent avoir acheté un terrain de Frank Eckhardt il y a un peu plus d'un an. Ils ont vécu sur sa propriété pendant trois mois le temps d'installer leur nouvelle maison. Ils ont aussi loué un bâtiment de Frank Eckhardt à Saint Peter's pour gérer un gymnase.

Après avoir déménagé au Canada, le couple a découvert que les prix de Frank Eckhardt étaient trop élevés et il a demandé de résilier le bail.

C'est à ce moment-là qu’il aurait menacé le couple de faire révoquer ses visas et de les renvoyer en Allemagne, à moins qu'ils ne lui versent près de 25 000 $ ou ne lui remettent l'équipement de la salle de sport.

C'est la raison pour laquelle nous sommes allés à la police, dit Sandra Schmid. En ajoutant qu’elle et son mari ont été bouleversés par l’incident.

La GRC a aussi enquêté sur un rapport de coups de feu tirés près de la propriété du couple en décembre, peu de temps après le dépôt de l'accusation d'extorsion.

La famille marchait à la recherche d'un arbre de Noël lorsqu’elle a entendu deux coups de feu provenant de la propriété voisine, qui appartient à Frank Eckhardt.

La GRC à plus tard exécuté un mandat de perquisition sur sa propriété et saisi des armes à feu non enregistrées. Il y avait cinq armes de poing, quatre carabines et deux fusils de chasse, des milliers de cartouches et 137 250 $ en espèces.

Parmi ses armes de poing, deux pistolets à chargement par la bouche qui n'étaient pas enregistrés et qui ne lui appartenaient pas.

La GRC dit que Frank Eckhardt fait l'objet de huit enquêtes policières, dont une impliquant des armes à feu sur sa propriété l'année dernière.

Une affiche de l'entreprise près d'une route.

L'entreprise de Frank Eckhardt, F.E. Property Sales, vend des terres au Cap-Breton et offre des services de consultants aux immigrants européens.

Photo : CBC/Tom Ayers

Sandra Schmid dit que lorsque sa famille vivait sur la propriété de Frank Eckhardt il lui a montré des armes chargées dans sa maison. Il portait aussi une arme de poing chargée dans un étui d'épaule qui, selon lui, était nécessaire pour protéger sa ferme des coyotes.

Elle a aussi raconté aux policiers qu’elle avait croisé le vendeur immobilier sur la plage de Point Michaud l’été dernier. Il faisait chaud, mais Frank Eckhardt refusait d'enlever son manteau laissant entendre qu'il portait l'étui d'épaule avec une arme de poing.

Dans son rapport, la GRC écrit que Frank Eckhardt a montré une tendance à enfreindre la Loi sur les armes à feu à plusieurs reprises au cours de la dernière année.

Un portrait de l'agent de la GRC en uniforme.

L'agent Chris Marshall dit que le public n'a pas besoin de s'inquiéter, car le différend est entre deux parties qui se connaissent.

Photo : CBC/Matthew Moore

Mais, l’agent Chris Marshall dit que le public n'a pas à s'alarmer.

Les gens voient des accusations d'armes à feu et ils commencent à s'inquiéter, mais je dirais que ce sont toutes des accusations fondées sur la réglementation qui ont trait au transport, à l'entreposage et à la possession des permis appropriés pour posséder ces armes à feu, explique le porte-parole de la GRC.

De toute évidence, si vous vivez dans la communauté, vous voulez être au courant de ce qui se passe dans votre communauté et vous tenir au courant. Mais je ne pense pas que vous ayez à vous inquiéter si vous êtes en déplacement dans le comté de Richmond. Ce sont deux incidents isolés dans un groupe de personnes qui se connaissent.

Frank Eckhardt a été arrêté, mais libéré avec quelques conditions. Il doit, entre autres, rester à l’écart de ses voisins, Sandra Schmid et Dirk Westerhoff.

L'Allemande qui est naturopathe dit que son voisin a déjà enfreint ces conditions à deux reprises, et la GRC examine ces allégations.

Sandra Schmid admet que la première année au Canada n’a pas été facile, mais ni elle ni son mari ne regrette d’avoir pris la décision de venir.

Nous sommes venus au Canada parce que c'est notre rêve et nous voulons vivre une vie meilleure et voir notre fils grandir dans la nature et en paix.

Avec les informations de Tom Ayers de CBC

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