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Des enclos bientôt prêts à accueillir les hardes de caribous en péril

Des caribous dans un enclos à l'automne.

Des enclos sont déjà en place dans le secteur de Val-d'Or.

Photo : Autre banques d'images / Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Quelques retards dans la construction des enclos destinés aux caribous de Charlevoix, de la Gaspésie et de Val-d'Or n'empêcheront pas de les capturer de façon imminente pour les garder en vie. Pratiquement inédite, la garde en captivité des caribous, dont la population décline, est une mesure nécessaire, estime le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

L'initiative du ministère est novatrice et trouve peu d'exemples similaires ailleurs dans le monde. Des enclos de maternité destinés seulement aux femelles enceintes et à leurs petits ont déjà été construits dans d'autres secteurs, par exemple au Yukon ou en Alaska. La mise en captivité temporaire de toutes les bêtes est une solution inexplorée à ce jour.

Malgré les doutes de plusieurs experts sur l'efficacité de cette mesure, les fonctionnaires responsables du projet pensent qu'elle sera un outil efficace dans la préservation de l'espèce, du moins, à court terme.

Des caribous dans un enclos se nourrissent dans un bac de bois.

En mars 2020, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs commençait la mise en enclos des caribous de Val-d'Or.

Photo : Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

La construction de ces enclos doit être suivie par la création d'une commission indépendante sur le caribou menée par une spécialiste de l'économie forestière. Une stratégie à long terme sera par la suite élaborée et complétée d'ici 2023.

Le MFFP a établi plusieurs critères dans l'élaboration des plans des enclos. Chacun d'entre eux contient donc deux enclos principaux, séparés par un corridor central, ainsi que deux enclos d'isolement, un peu plus petits. Ces derniers serviront à isoler les bêtes malades ou les femelles sur le point de mettre bas.

La clôture d'un segment de l'enclos dans Charlevoix.

Les clôtures des enclos sont munies de divers dispositifs de sécurité pour protéger les caribous, par exemple l'extérieur est électrifié.

Photo : Autre banques d'images / Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Des membranes géotextiles ont été ajoutées aux clôtures afin de limiter au maximum les contacts visuels des bêtes avec les humains. Des clôtures électrifiées serviront également à repousser d'éventuels prédateurs trop curieux.

Des postes d'observation en hauteur ont également été érigés afin de permettre aux gardiens de surveiller la harde plusieurs heures par jour.

Une campagne de sensibilisation auprès de la population devrait être effectuée pour éviter que les curieux n'essaient de visiter l'endroit.

Un jeune caribou et un adulte mangent du lichen dans une mangeoire.

Des mangeoires et des abreuvoirs sont présents dans les enclos de caribous.

Photo :  Gouvernement du Québec / Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Agrandissement à Val-d'Or

Contrairement aux deux autres hardes, celle de Val-d'Or, comprenant seulement sept individus, est déjà en captivité depuis 2020.

Les experts du MFFP affirment d'ailleurs ne pas avoir remarqué de changement dans le comportement des bêtes depuis leur capture. Une d'entre elles est décédée, mais il y a eu une naissance depuis.

Afin d'améliorer le bien-être des caribous, le ministère a procédé à l'agrandissement de l'enclos déjà en place. Les travaux sont terminés à 95 % et le transfert des bêtes vers les nouvelles installations est prévu sous peu.

Presque complété dans Charlevoix

La construction de l'enclos est presque terminée dans le parc national des Grands-Jardins, dans la région de Charlevoix.

L'aménagement aura une superficie de 20 hectares, soit l'équivalent de 37 terrains de football.

Vue aérienne de l'aménagement dans la forêt de Charlevoix.

L'enclos de Charlevoix est aménagé dans le parc national des Grands-Jardins.

Photo : Autre banques d'images / Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Des retards en Gaspésie

Dans la réserve faunique des Chic-Chocs, en Gaspésie, deux enclos de maternité de 15 hectares chacun seront érigés. Pour l'instant, ce ne sont donc que les femelles gestantes qui y seront placées lors de leur capture en mars. Elles devraient par la suite être libérées avec leurs faons en août.

Des retards causés notamment par les difficultés d'approvisionnement ont ralenti le rythme de construction des enclos, qui sont seulement complétés à 35 %.

Toutefois, l'aménagement en place sera suffisant pour commencer la mise en enclos dès cet hiver. Les travaux complets devraient être finalisés d'ici octobre prochain.

Encore du travail

Les opérations de capture devraient s'amorcer bientôt dans Charlevoix et en Gaspésie. Entre-temps, le MFFP s'assurera que tout est en place pour l'arrivée des caribous.

Il doit entre autres procéder à l'embauche des gardiens, acheter et installer les tours d'observation, construire les mangeoires et abreuvoirs ainsi que continuer la récolte de lichen qui servira à nourrir les bêtes. Des ententes seront également prises avec des vétérinaires pour chaque site.

Déclin rapide

Les populations de caribous forestiers de Val-d'Or, de la Gaspésie et de Charlevoix ont connu un déclin rapide dans les dernières années et se trouvent actuellement à des niveaux critiques.

Un jeune caribou et un adulte mangent du lichen dans une mangeoire.

Des mangeoires et des abreuvoirs sont présents dans les enclos de caribous.

Photo : Autre banques d'images / Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Moins d'une vingtaine de bêtes ont été répertoriées dans le dernier inventaire effectué dans Charlevoix. Il n'y en aurait plus qu'une trentaine dans l’ensemble du massif des Chic-Chocs en Gaspésie, et il n'en reste que sept dans l'enclos construit à Val-d'Or en 2020.

Les causes identifiées du déclin sont nombreuses : perte d'habitat, dérangement causé par l'activité humaine, développement de chemins forestiers et augmentation des événements de prédation (ours, loups, coyotes).

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