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L’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal au cœur de la tempête Omicron

Un bâtiment, sur lequel se trouve une petite croix, est vu derrière une enseigne sur laquelle on peut lire « Hôpital du Sacré-Coeur ».

L’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal compte plus de 400 lits d’hospitalisation, dont environ 120 patients sont hospitalisés en raison de la COVID.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada a partagé quelques heures sur le terrain avec le personnel soignant et des patients des unités d’hospitalisation de l’Hôpital du Sacré-Cœur, à Montréal, au moment où la COVID-19 atteint une intensité jamais vue.

Le réseau hospitalier du Québec est engagé dans une course afin de prioriser les soins et de dégager des lits.

Près de 3500 patients sont hospitalisés en raison de la COVID-19, un nombre qui ne cesse d’augmenter depuis quelques semaines.

L’une des solutions préconisées pour désengorger les hôpitaux est d’accélérer les congés donnés aux patients.

Lors de notre passage à l’hôpital Sacré-Cœur mardi, le personnel du département de cardiologie évaluait la pertinence de retourner à son domicile une patiente qui avait eu un arrêt cardiaque.

Le retour à domicile est sécuritaire au plan médical, mais la neuropsy estime qu’elle n’est pas mûre tout à fait pour un congé à domicile, à cause de ses troubles cognitifs, précisait la cardiologue Vicky Soulière, cheffe du département de médecine spécialisée au CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

Elle est dans un corridor d'hôpital.

La cardiologue Vicky Soulière

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Sa collègue travailleuse sociale entendait vérifier l’autonomie de la patiente et voir avec le CLSC, car les soins à domicile se font moins bien.

Le retour à domicile de patients qui n’ont plus besoin de soins actifs, Québec estimait mardi qu’il y en a au moins 600 à travers le réseau. Lors d’une séance de breffage, une directrice du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec insistait qu’il ne faut surtout pas délester dans les soins à domicile.

Le partage des ressources

Entre-temps, le département de cardiologie de l’Hôpital du Sacré-Cœur doit partager depuis quelques jours la moitié de ses ressources pour des patients positifs à la COVID.

« Depuis une semaine, puisque les cas de COVID augmentent et que l’étage COVID ne suffit plus, le département de cardiologie a été divisé en deux avec 12 lits de cas de COVID positifs provenant de toutes les spécialités sur 24 lits. »

— Une citation de  Georges El Khouri, assistant-infirmier chef au département de cardiologie de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal
Il est dans un couloir d'hôpital.

Georges El-Khouri

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Un jeu de domino qui a aussi bousculé l’organisation du département de pneumologie voisin, maintenant entièrement consacré aux patients atteints de la COVID.

Les pneumologues qui avaient leur clientèle ici se retrouvent à se faire éjecter de leur module et leurs patients [non-COVID] sont éparpillés un peu partout sur d’autres étages, si bien que ce n’est pas aussi efficace, que des congés [aux patients] ne vont pas se donner aussi rapidement, etc., constate la cardiologue Vicky Soulière.

Son collègue intensiviste Yanick Beaulieu doit également revoir ses priorités. Les soins intensifs pourraient être submergés par l’augmentation des cas aigus de COVID. Normalement, on a 30 lits de soins intensifs. Et, en ce moment, on en a 21 qui sont des COVID, explique-t-il.

La majorité de ces cas sont des non-vaccinés ou des patients dont le système immunitaire est affaibli par une maladie ou des médicaments. Ce qui force à nouveau un délestage des autres activités médicales.

« On est vraiment dans une phase où il n’y a pas de chirurgies cardiaques non urgentes qui se font et il y a même des traumas qu'on doit refuser. »

— Une citation de  Yanick Beaulieu, médecin

Au total, l’Hôpital du Sacré-Cœur compte plus de 400 lits, dont environ 120 patients sont hospitalisés en raison de la COVID.

Le reportage de Davide Gentile

Assouplir l’isolement des patients et du personnel

Plus tôt cette semaine, Radio-Canada dévoilait un plan de Québec visant à gérer la crise dans les hôpitaux pour quatre à six semaines.

Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Vincent Oliva, estimait qu’il valait mieux vivre avec le virus sans dépenser de l’énergie à faire des étages COVID et des ailes COVID.

À l’Hôpital du Sacré-Cœur, la Dre Soulière reconnaît qu'il y a peut-être une crainte pour le contrôle des infections d’éparpiller partout les patients COVID.

Est-ce qu'on va devoir aller là parce que ça devient difficile à gérer? Peut-être! C'est une question de gestion de risque, affirme-t-elle.

L’assouplissement des règles d’isolement du personnel serait également le bienvenu. Faire revenir les travailleurs plus tôt, c’est clair que ça pourrait aider, ajoute-t-elle.

Elle et ses collègues redoutent néanmoins la reprise scolaire. Beaucoup de travailleurs de la santé ont des enfants et on a un peu la chienne franchement [rires] de voir les cas augmenter à nouveau, conclut-elle.

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