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L’IRIS cible le soutien à domicile pour réduire le recours aux agences privées

Mesure de la tension artérielle d'un patient.

L'IRIS constate que c'est surtout dans le secteur des services de soutien à domicile que la dépendance envers ces agences est la plus forte.

Photo : iStock

Le gouvernement québécois devra revoir son approche relativement à la prestation des services de soutien à domicile s'il souhaite réellement diminuer sa dépendance aux agences privées de personnel, soutient l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) dans une note d'information publiée aujourd'hui.

En fonction de nouvelles données obtenues auprès des CISSS et des CIUSSS, l'organisme constate que le recours à la main-d'œuvre indépendante a crû de façon importante de 2015-2016 à 2019-2020, avant d’exploser littéralement en 2020-2021.

Durant cette dernière année, 20,8 millions d'heures de travail ont été achetées auprès d'agences de placement de personnel à l'échelle du réseau de la santé et des services sociaux, pour un montant dépassant le milliard de dollars. Le recours à la main-d'œuvre indépendante avait pourtant commencé à diminuer au tournant des années 2010, mais la tendance s'est inversée sous le règne de l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette.

S'il a beaucoup été question de l'embauche d'infirmières et de préposés aux bénéficiaires issus d'agences dans les hôpitaux et les CHSLD au cours des derniers mois, l'IRIS constate que c'est surtout dans le secteur des services de soutien à domicile que la dépendance envers ces agences est la plus forte.

Ainsi, alors qu'environ 5 % des heures travaillées dans l'ensemble du réseau l'ont été par des employés d'agence en 2020-2021, cette proportion a atteint près de 12 % dans le secteur des services de soutien à domicile.

On constate aussi des différences importantes selon le type d'emploi pourvu ou le type d'activité effectuée. Par exemple, 8,7 % des soins infirmiers offerts à la maison l'ont été par du personnel d'agence durant la dernière année financière, contre 27 % de l'aide offerte pour préparer les repas ou entretenir la maison.

Les données présentées dans cette section montrent que, dans les services de soutien à domicile plus encore que dans les autres secteurs, on peut véritablement parler d’une dépendance structurelle du réseau de la santé et des services sociaux à l’égard de la main-d’œuvre indépendante, dépendance qui, loin d’être nouvelle, s’est développée bien avant la pandémie, indique l'auteure de l'étude, la chercheuse Anne Plourde.

Ce recours accru aux agences privées de personnel a bien sûr un coût important pour le gouvernement, la pandémie ayant fait monter en flèche les prix exigés. Au seul chapitre de l'aide à domicile, de l'année financière 2019-2020 à l'année 2020-2021, les coûts de la main-d'œuvre indépendante ont augmenté de 25 % pour dépasser les 80 millions de dollars, et ce, alors même que le nombre d'heures travaillées diminuait de 1 %.

On remarque cependant que, même dans le cas de l’aide à domicile, l’avantage financier d’utiliser les services d’agences de placement a diminué de manière importante depuis 2015-2016, note le rapport.

Disparités régionales

L'auteure souligne aussi d'importantes disparités entre les régions et même entre les établissements d'une même région pour ce qui est du recours aux agences privées. En Outaouais par exemple, le taux de recours à ces services est pratiquement nul, tandis qu'il dépasse les 50 % dans certains CIUSSS de l'île de Montréal relativement à divers types de services.

Dans un contexte où le gouvernement affiche une volonté de réduire radicalement le recours aux agences de placement en santé et services sociaux, souligne Anne Plourde, une attention particulière devra impérativement être accordée au secteur des soins à domicile, qui est un de ceux où l’utilisation des services d’agences de placement est la plus importante au sein du réseau de la santé et des services sociaux.

Dans son plus récent plan stratégique, le ministère de la Santé et des Services sociaux s'est donné pour objectif de réduire le recours à la main-d'œuvre indépendante à 2,27 % des heures travaillées pour l'année en cours et à 1,67 % l'année suivante. La pression exercée sur le réseau de la santé par la pandémie pourrait cependant rendre cet objectif difficile à atteindre.

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