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Morts de surdose : 25 % ont visité un hôpital dans la semaine de leur mort

Un monticule de comprimés portant, d'un côté, une inscription CDN et, de l'autre, le nombre 80. Ils sont déposés sur une table, près du sac de plastique qui les contenait.

Le fentanyl non prescrit contient de plus en plus de benzodiazépines, selon le rapport. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / HO

Radio-Canada

Depuis le début de la pandémie, la moitié des Ontariens décédés d'une surdose d'opioïdes ont eu des interactions avec le système de santé dans le mois précédant leur mort. De plus, le quart d’entre eux ont vu un médecin, se sont rendus aux urgences ou ont reçu leur congé de l'hôpital durant la semaine de leur décès.

C’est ce que dévoile un rapport publié récemment.

Cela représente une occasion manquée très importante de nous assurer que notre système de soins de santé répond aux besoins des personnes qui consomment des drogues et les aide à obtenir les services dont elles ont besoin pour prévenir ces surdoses mortelles, a déclaré la Dre Tara Gomes, épidémiologiste à Unity Health et chercheuse au Réseau ontarien de recherche sur les politiques en matière de drogues, qui a coécrit l'étude.

Le rapport, intitulé Patterns of Medication and Healthcare Use among People who Died of an Opioid-Related Toxicity during the COVID-19 Pandemic in Ontario, a été publié mardi par Unity Health et l'Ontario Drug Policy Research Network. Santé publique Ontario, le bureau du coroner en chef et l'ICES, un organisme de recherche en santé sans but lucratif, ont contribué au rapport.

Les auteurs demandent un approvisionnement en drogues plus sûr, un accès élargi à des traitements dans les établissements de soins de santé, des logements abordables et supervisés, ainsi que davantage de services de réduction des méfaits et de centres de consommation supervisée, surtout en dehors des grandes villes.

La perte de vies due à la toxicité des opioïdes en Ontario n'a fait que s'aggraver au cours de la pandémie de COVID-19, a déclaré le Dr Dirk Huyer, coroner en chef de l'Ontario, dans un communiqué.

Comprendre comment les gens interagissent avec les prestataires de soins de santé, les systèmes de soutien et les services de réduction des méfaits aidera à élaborer des politiques visant à prévenir d'autres décès liés aux opioïdes.

Opioïdes non prescrits

La grande majorité des décès enregistrés entre mars et décembre 2020 - 89 % - sont liés à des opioïdes non prescrits, et presque exclusivement du fentanyl, selon le rapport.

Selon la Dre Gomes, deux décès sur trois sont survenus chez des personnes présentant des signes de troubles de l'usage des opioïdes. À l’inverse, cela signifie qu'environ un tiers des personnes ne présentaient aucun signe de trouble de la consommation de substances.

Il est probable qu'un grand nombre de ces personnes ne consomment qu'occasionnellement des drogues, a-t-elle déclaré. Et elles pourraient en fait constituer une population plus exposée au risque de surdose lié à un approvisionnement en drogues imprévisible, car elles n'ont pas développé le même niveau de tolérance à ces drogues très puissantes [que ceux qui consomment régulièrement].

Les surdoses mortelles d'opioïdes ont augmenté de plus de 75 % en Ontario de mars à décembre 2020 par rapport à la même période l'année précédente, peut-on lire dans une étude publiée précédemment.

2050 personnes sont mortes d'une surdose liée aux opioïdes en environ 10 mois, contre 1162 de mars à décembre 2019.

Bien que le rôle des opioïdes prescrits sur ordonnance ait toujours été considéré comme le principal facteur de la crise des surdoses, le rapport montre que l'offre non réglementée de drogues est principalement responsable des surdoses mortelles, les décès étant principalement dus au fentanyl, indique le rapport.

Les chercheurs ont détecté une multiplication par cinq des benzodiazépines non pharmaceutiques dans les surdoses mortelles d'opioïdes pendant la pandémie.

L'offre de drogues non réglementée est réellement contaminée par les benzodiazépines, a déclaré la Dre Gomes.

Plus difficiles à traiter

L'ajout de benzodiazépines complique le possible traitement d’une surdose, a-t-elle précisé.

L'administration de naloxone ne fait qu'annuler l'effet des opioïdes, a-t-elle expliqué. Nous avons entendu parler de personnes qui étaient si fortement sédatées par les benzodiazépines présentes dans les drogues qu'elles ne peuvent pas être réveillées pendant des heures et des heures [même après la naloxone], a déclaré la Dre Gomes.

Elle a ajouté qu'il a été démontré que les opioïdes mélangés à des benzodiazépines augmentent la dépression respiratoire et la sédation, ce qui accroît le risque de surdose et de surdose grave, car le patient est toujours fortement sédaté et sa respiration est encore plus ralentie.

Les chercheurs ont également constaté que, si l'on tient compte de la population, le taux de décès par surdose d'opioïdes était presque trois fois plus élevé dans le Nord de l'Ontario que dans le Sud.

Avec les informations de CBC News

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