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Rester ouvert pendant le confinement : désobéissance civile ou appel à l’aide?

Blaine Higgs n'offre pas de solution, mais comprend que les entreprises « se débattent ».

Deux coiffeuses portant des couvre-visages sont au travail dans un salon de coiffure.

Une coiffeuse dans son salon (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, des barbiers, des esthéticiennes et des coiffeuses poursuivent leurs activités malgré le confinement. Leurs associations professionnelles ne cautionnent pas leurs décisions, mais exigent des changements dans les programmes gouvernementaux.

Certains fournisseurs de services non essentiels refusent de se plier aux règles de la phase 3, qui forcent notamment la fermeture des salons de coiffure, des spas et des salles à manger des restaurants. Ces entrepreneurs continuent de travailler, même si cela les expose à des amendes qui varient entre 480 $ et 20 000 $ par jour.

Ils argumentent que leur secteur est sécuritaire et que plusieurs d'entre eux n'ont pas le choix de continuer à travailler puisqu’ils n’ont pas accès à l’aide financière offerte par le gouvernement provincial.

Annick Nini, de Beresford, n'a pas l'intention de fermer son commerce.

Annick Nini, de Beresford, n'a pas l'intention de fermer son commerce.

Photo : Radio-Canada

Une technicienne en pose d’ongles de Beresford, Annick Nini, explique qu’elle n’a pas le choix de continuer à travailler. Cette mère monoparentale dit qu’elle a besoin travailler pour nourrir ses filles et avoir un toit sur la tête.

Puisque je n’ai pas l’aide adéquate du gouvernement pour pouvoir survivre, on ne me donne pas le choix, je dois continuer à travailler, a-t-elle expliqué lors d’une entrevue à Radio-Canada, lundi.

Le plus récent programme gouvernemental prévoit un soutien financier pouvant atteindre 10 000 $, mais il est réservé aux entreprises qui ont de 2 à 99 employés et exclut les travailleurs indépendants.

Lever les restrictions ou offrir une aide financière

L'Association de cosmétologie du Nouveau-Brunswick et l'Association des barbiers du Nouveau-Brunswick croient que ces restrictions sont injustes, mais demandent à leurs membres de les respecter.

Un greffier de l’association des barbiers, Blaine Harris, s’est même déplacé dans des salons de la région de Saint-Jean, lundi, pour les forcer à fermer leurs portes.

Il affirme toutefois qu’il est fortement en désaccord avec les mesures imposées par la province et qu’il espère que le gouvernement changera son fusil d’épaule.

Nous travaillons avec le gouvernement actuellement afin d’expliquer que notre industrie ne participe pas à la transmission de la COVID-19 et que nous ne devrions pas être obligés de fermer , explique Blaine Harris.

Blaine Harris, de l'Association des barbiers du Nouveau-Brunswick

Blaine Harris, de l'Association des barbiers du Nouveau-Brunswick

Photo : CBC

L'Association de cosmétologie du Nouveau-Brunswick implore elle aussi le gouvernement de permettre l’ouverture des salons. Dans l'éventualité où il refuse de modifier les règles, elle exige que du soutien financier soit au moins offert à tous les travailleurs de l’industrie.

Nous encourageons tous nos membres à respecter ses règles, peu importe comment elles sont injustes. C’est pourquoi nous faisons appel au gouvernement pour changer les règles afin de nous inclure dans les entreprises qui peuvent ouvrir de façon aussi sécuritaire - et même plus sécuritaire - que celles ouvertes actuellement , affirme un porte-parole de l’Association de cosmétologie.

Débloquer des fonds pour les entrepreneurs autonomes

Un homme dans un bureau.

Le député d'Edmundston-Madawaska-Centre au Nouveau-Brunswick, Jean-Claude D'Amours.

Photo : Radio-Canada

Les partis d’opposition demandent eux aussi au gouvernement de Blaine Higgs d’élargir son programme d’aide pour inclure tous les entrepreneurs touchés par le confinement.

Tout le monde a besoin de mettre du pain et du beurre sur la table et de pouvoir subvenir à leur famille et à leurs enfants. Le gouvernement a pris une décision d'affecter certains commerces, c'est une chose, mais de ne pas donner d'outils à ces entrepreneurs de s'en sortir et de passer au travers des semaines qu'on doit passer au travers, c'est encore pire que n'importe quoi d'autre , indique le député libéral d’Edmundston-Madawaska-Centre, Jean-Claude D’Amours.

La députée verte de Memramcook-Tantramar, Megan Mitton, abonde dans le même sens.

Le gouvernement doit appuyer ces entrepreneurs. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement a décidé de ne pas inclure ces travailleurs indépendants. Ça ne fait pas de bon sens , lance-t-elle.

Higgs comprend que les entreprises « se débattent »

Le premier ministre Blaine Higgs n’était pas disponible pour répondre à nos questions, mardi.

Dans une déclaration écrite, Blaine Higgs indique toutefois que les mesures ne visent pas à pénaliser les entreprises. Nous reconnaissons que de nombreuses entreprises sont touchées par les mesures en place, et nous comprenons qu'elles se débattent en cette période difficile.

Blaine Higgs est assis derrière une table lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick Blaine Higgs (archives).

Photo : Gracieuseté : gouvernement du Nouveau-Brunswick

Il n'a toutefois pas précisé s'il avait l'intention de modifier les restrictions sanitaires ou les programmes d'aide financière.

Entre samedi et lundi, des agents de la Sécurité publique ont effectué des visites dans 443 établissements.

En date de mardi après-midi, une seule amende avait été donnée.

Les agents ont également résolu 12 problèmes par l'éducation : quatre pour le masquage, six pour l'absence de signalisation et deux pour le non-respect des directives, ajoute-t-il.

Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue

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