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CPE : l’Abitibi-Témiscamingue accueille avec espoir le plan pour recruter du personnel

Des enfants jouent avec des blocs en mousse.

Le gouvernement veut recruter 18 000 nouvelles éducatrices et en requalifier 7000 qui peuvent être déjà dans le réseau. (archives)

Photo : iStock

Le plan dévoilé lundi par Québec pour favoriser le recrutement d’éducatrices en service de garde est bien accueilli en Abitibi-Témiscamingue.

Le gouvernement investira 300 M$ pour recruter 18 000 nouvelles éducatrices dans la province d’ici 2026, en plus d’en qualifier 7000 autres qui sont déjà en poste dans le réseau actuel.

Une série de mesures ont été annoncées pour y arriver, dont des bourses pour les diplômés du programme collégial et un appui financier aux employeurs pour permettre à leur personnel de parfaire leur formation en alternance travail-études ou encore obtenir la reconnaissance de leurs acquis.

Québec veut aussi lancer des formations rapides de base pour ajouter rapidement des éducateurs non qualifiés dans le réseau. Le gouvernement compte offrir des primes aux retraités du réseau qui reviendraient au travail et de faciliter l’intégration d’immigrants.

Au CPE La Magie du Rêve de Val-d’Or, qui doit développer 220 places en service de garde d’ici l’automne 2023, cette nouvelle est vue comme une bouffée d’air frais.

Enfin, on met tous les efforts pour aller chercher du nouveau personnel, mais surtout du personnel qualifié, cette annonce va rapidement créer quelque chose de positif dans la population. On lance le message que c’est une profession importante et ces incitatifs vont encourager les jeunes à y aller. On avait fait un acte de foi en lançant nos projets l’an dernier et le gouvernement y répond, affirme la directrice générale France-Claude Goyette.

Le CPE La Magie du Rêve de Val-d'Or.

Le CPE La Magie du Rêve de Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

La Magie du Rêve aura besoin de 54 nouvelles éducatrices dans un avenir rapproché et la direction est convaincue que le recrutement sera désormais facilité.

De pouvoir offrir une formation en alternance travail-études, c’est génial, précise-t-elle. Je ne mets pas la tête dans le sable. Je sais que, demain matin, je n’aurai pas 54 éducatrices qualifiées et prêtes à travailler, mais on va avoir des gens prêts à faire le métier, qui seront au travail et qu’on pourra qualifier sur place et ça, c’est très positif , ajoute France-Claude Goyette

La Chambre de commerce de Val-d’Or, qui milite activement pour des solutions rapides à la crise des services de garde dans la région, salue elle aussi le plan de match du gouvernement Legault.

On est content de voir que le gouvernement lance une offensive majeure sur plusieurs fronts pour former et qualifier des éducatrices, mais aussi valoriser la profession, on apprécie aussi le volet sur le retour possible des employés à la retraite retraités, la reconnaissance des acquis ou l’immigration. Il y a plusieurs pistes intéressantes, mais en même temps on ne peut pas sortir des employés actuels des CPE pour aller les former. On aimerait que cette formation se donne en milieu de travail dans la mesure du possible, souligne la directrice générale Hélène Paradis.

Le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue travaille déjà étroitement avec les CPE de la région pour faciliter la formation du personnel. Une formation à temps partiel est offerte depuis mai dernier et une attestation d’études collégiales accélérée doit d’ailleurs démarrer en février.

Nous sommes à préparer les nouveaux éléments mis sur la table pour soutenir le réseau des CPE. Dans nos CPE de la région, nous avons moins de qualifiés que de non qualifiés. On va travailler à soutenir leur qualification avec tout ce qui a été annoncé. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour mettre en place des formules qui vont accommoder leur travail, assure le directeur général du Cégep, Sylvain Blais.

Un homme pose dans son bureau, souriant.

Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Le directeur général croit aussi que la bourse de 1500 dollars par session pourrait permettre de rendre le programme de Techniques d’éducation à l’enfance plus alléchant.

C’est un programme qui a de la difficulté à attirer, pourtant l’accès au DEC est une valeur reconnue par le réseau et le ministère. J’ose espérer que les bourses vont venir rehausser fortement le niveau d’attraction de notre DEC. On tourne à 10 ou 15 nouveaux étudiants par année, alors qu’on a déjà eu de 40 à 50 inscriptions. On est en mesure d’en accueillir davantage pour une formation qui offre un taux de placement à 100% et la possibilité de travailler dans le réseau pendant ses études, ajoute Sylvain Blais.

À la CSN, qui représente quelque 300 éducatrices en Abitibi-Témiscamingue, on voit aussi cette annonce comme un point de départ intéressant.

Reste à voir si ça va se traduire concrètement par l’ajout de ressources dans le réseau et si le gouvernement atteindra réellement sa cible. De vouloir outiller au maximum les éducatrices déjà en place en favorisant leur qualification, c’est une piste intéressante. Ça va améliorer leurs conditions de travail et contribuer à la rétention, souligne le président du Conseil central de l’Abitibi-Témiscamingue, Félix-Antoine Lafleur.

Un homme pose pour la caméra devant une affiche présentant des logos de syndicats.

Félix-Antoine Lafleur, président de la CCATNQ-CSN (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Même si la nouvelle convention collective signée avec le gouvernement est venue bonifier les salaires dans le réseau, Félix-Antoine Lafleur croit que Québec peut en faire davantage au cours des prochaines années s’il veut rendre la profession encore plus attrayante.

La convention collective sera déjà échue en mars 2023. La prochaine négociation avec le gouvernement en dira long sur la suite des choses. Malgré les progrès qu’on a obtenus, on voit que le gouvernement a voulu négocier serré. On ne peut pas juste faire de l’attraction en offrant des bourses. Une des solutions pour le réseau passe clairement par l’amélioration continue des conditions de travail, conclut-il.

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