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Tests PCR en Ontario : les délais pour les résultats s’allongent

Une infirmière prélève un échantillon de la narine d'une patiente pour un test de dépistage de la COVID-19.

Des Ontariens affirment avoir attendu jusqu'à 17 jours avant d'obtenir le résultat de leur test de dépistage. (Archives)

Photo : Reuters / Arnd Wiegmann

Radio-Canada

En Ontario, les résultats des tests PCR se font parfois attendre pendant plus de deux semaines.

Daniel Gagnon King a dû attendre plus de deux semaines avant de connaître le résultat de son test PCR, un délai qui, selon lui, lui fait perdre toute sa valeur. Il n’avait en effet plus de symptômes depuis plusieurs jours lorsqu’il a appris qu’il était bien positif.

Emily Waknine a aussi fait les frais de ces délais inhabituels. Pour sa part, elle a dû attendre 17 jours avant d’obtenir ses résultats. Sa sœur, qui habite en Angleterre, était en visite au même moment, avec sa famille. Je n’ai pas pu vraiment passer de temps avec eux, c’est ce qui m’a le plus frustrée, regrette Emily. Elle n'a pu voir sa sœur qu’une fois avant son départ.

Selon la province, près de 40 % des personnes qui ont recours à un test PCR doivent attendre plus de deux jours avant d’en connaître le résultat.

Des laboratoires en sous-effectifs

Selon Michelle Hoad, présidente de l’Association des professionnels des laboratoires médicaux de l’Ontario, ce retard est dû en partie aux pénuries de personnel. 70 % de nos laboratoires manquaient de personnel avant le début de la pandémie, explique-t-elle.

Selon elle, si les effectifs étaient satisfaisants, la province serait actuellement en mesure de procéder à au moins 80 000 tests par jour.

À cela s’ajoutent des difficultés de coordination entre les hôpitaux et les laboratoires. Ces derniers doivent remplir beaucoup de tâches administratives pour s’aligner sur les procédures des structures hospitalières, une perte de temps considérable, selon elle.

D'autre part, beaucoup de gens se sont fait tester pendant les Fêtes, et les laboratoires traitent encore ce fort afflux.

Prioriser les publics cibles

Selon le Dr Neil Rau, microbiologiste médical et infectiologue à l’Hôpital Humber River de Toronto, il faut prioriser davantage les bénéficiaires des tests.

Il estime qu’attendre plus de deux jours, pour une personne qui ne présente pas de problèmes de santé particuliers, n’est pas préoccupant. En revanche, tout doit être fait pour que les personnes hospitalisées obtiennent un résultat en moins de 18 heures, explique-t-il.

Actuellement, les tests effectués au sein de l’hôpital où il exerce sont classés en trois catégories : urgents, rapides et normaux. Pour les gens classés comme prioritaires, les résultats sont rendus en moins de 24 heures, indique-t-il.

Le Dr Neil Rau devant l'hôpital d'Oakville, en Ontario.

Le Dr Neil Rau est microbiologiste et expert en maladies infectieuses au centre de santé Halton, en banlieue de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Julia Kozak

Il estime par exemple qu'il n'est plus nécessaire de tester les personnes qui entrent au Canada, puisque les transmissions sont désormais communautaires.

Nous dépistons encore les voyageurs. C’est un gaspillage d’efforts et un gaspillage d’argent, estime-t-il. Souvent, on connaît déjà les résultats de tests qu’ils ont effectués dans leur pays juste avant leur voyage, précise le scientifique.

Un porte-parole de Santé publique Ontario indique que les capacités du réseau de laboratoire sont également mises à l'épreuve en raison [d'absences] du personnel de laboratoire qui est malade de la COVID ou en isolement.

Le ministère indique qu’il explore la possibilité de solliciter de nouveaux laboratoires pour traiter les tests provinciaux.

Avec les informations de Stella Dupuy

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