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Les effets secondaires de la vaccination lui sont-ils tous dus?

Une femme remplit une seringue à partir d'une fiole de vaccin.

Contrairement à l'effet placebo, le nocebo décrit plutôt les effets néfastes d'un traitement.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

La Presse canadienne

Une bonne partie, voire la majorité, des effets secondaires ressentis après la vaccination contre la COVID-19 pourrait être attribuable à ce qu'on appelle l'effet nocebo, pensent des chercheurs américains.

Si l'effet placebo décrit les bienfaits ressentis par un patient à qui on a administré une substance inerte, l'effet nocebo décrit plutôt les effets néfastes.

Des chercheurs du centre médical Beth Israel Deaconess, affilié à l'Université Harvard, ont étudié les données générées par des études cliniques contrôlées par placebo des vaccins contre la COVID-19.

S'ils ont constaté nettement plus d'effets secondaires chez les participants qui avaient bel et bien reçu un vaccin, environ le tiers des sujets qui avaient reçu un placebo se sont aussi plaints d'effets secondaires, la fatigue et les maux de tête arrivant en tête de liste.

La méta-analyse a porté sur 12 études auxquelles ont participé quelque 45 000 personnes réparties à parts égales entre un vaccin et un placebo.

Après la première injection, plus de 35 % des sujets qui avaient reçu un placebo ont ressenti un effet secondaire systémique, et 16 %, un effet secondaire localisé. Par comparaison, 46 % des participants qui avaient reçu un vaccin ont signalé un effet secondaire systémique, et les deux tiers (67 %), un effet secondaire localisé.

Puisque plusieurs de ces effets se sont aussi produits dans le groupe placebo, les auteurs concluent que 76 % des effets secondaires dans le groupe vacciné étaient attribuables à l'effet nocebo.

Après la deuxième dose, le groupe placebo a signalé moins d'effets secondaires qu'après la première (32 % systémiques et 12 % localisés), mais le groupe vacciné en a rapporté davantage (61 % systémiques et 73 % localisés).

Les chercheurs attribuent à l'effet nocebo 52 % des effets secondaires ressentis après la deuxième injection. Ils émettent l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'un effet combiné d'une réponse immunitaire augmentée et du fait que les personnes vaccinées s'attendaient à plus d'effets après leur seconde dose.

Les chercheurs croient que certaines personnes attribuent erronément des problèmes quotidiens banals au vaccin, notamment parce qu'elles ont été amplement informées des effets secondaires potentiels de la vaccination. Ces avertissements pourraient aussi être source de stress et d'anxiété, disent-ils, et rendre les gens hypervigilants devant la moindre sensation.

Les auteurs reconnaissent que leur analyse porte sur un nombre relativement faible d'études, différentes les unes des autres, et qu'il faut donc être prudent dans l'interprétation des résultats.

Les chercheurs estiment néanmoins qu'il serait avantageux d'informer la population de cet effet nocebo puisque cela pourrait, selon eux, contrer la réticence de certains à se faire vacciner.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal médical JAMA Network Open (Nouvelle fenêtre).

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