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Amener les hommes en détresse à chercher de l’aide

Un homme dans la chambre de son enfant.

« Historiquement, c'est plus difficile pour les hommes d'aller chercher de l'aide », affirme Ricky Chabot.

Photo : Getty Images / Graham Oliver

Radio-Canada

« T’as le droit de ne pas bien aller ». Le nom de la campagne lancée mardi pour inciter les hommes en difficulté à demander de l’aide vise justement à amener les hommes à reconnaître leur détresse, et surtout à consulter en cas de besoin. Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS et une dizaine d’organismes du Collectif santé et bien-être des hommes sont derrière cette initiative.

La pandémie semble exacerber les difficultés liées au couple, à la famille, au travail et à la consommation de substances. Ce sont des travaux au niveau du bien-être et de la santé des hommes qui étaient déjà sur la table depuis quelques années, et ça s’est précisé dans la dernière année, explique Gaëlle Simon, directrice des services généraux. On a sondé 400 hommes pour savoir comment ils vont et quels sont leurs besoins.

« Ce qui est apparu, et qui a confirmé le besoin de cette campagne, c’est que trois Estriens sur cinq estiment que la pandémie a eu un impact négatif sur leur vie [...] Quatre hommes sur 10 disent avoir eu de la misère à passer à travers et à trouver des solutions. »

— Une citation de  Gaëlle Simon, directrice des services généraux

Cette détresse, ajoute Gaëlle Simon, est surtout vécue par les hommes célibataires et jeunes.

La pandémie, souligne Ricky Chabot, assistant à la coordination professionnelle, Info-Social, urgence détresse et accueil psychosocial au CIUSSS de l’Estrie - CHUS, a eu beaucoup d’impacts sur plusieurs d’entre eux : perte d’emploi, difficultés financières, rupture amoureuse, difficultés familiales. Tout cela exacerbe la détresse chez les hommes, affirme-t-il.

On remarque un alourdissement des cas qui viennent consulter nos services, confirme François Poirier, directeur de MomentHom et représentant du Collectif santé et bien-être des hommes de l’Estrie. Ce dernier affirme que le nombre d'appels au 811 en lien avec la problématique du suicide a augmenté de 23 % le mois derniers. De plus, de nombreux hommes présentent plusieurs problématiques en même temps.

Ils attendent aussi souvent trop longtemps avant d’aller chercher du soutien.

Plus on attend, plus ça va être difficile de s’en sortir, souligne François Poirier.

« Cela a un impact pas seulement pour nous comme homme, mais aussi pour toute notre famille. »

— Une citation de  François Poirier, directeur de MomentHom

Savoir chercher de l’aide

Selon Gaëlle Simon, les données rapportent que 65 % des hommes estiment ne pas connaître les services à leur disposition, d’où la nécessité de mieux les faire connaître.

Les trois intervenants martèlent qu’il est cependant tout aussi important d’éveiller les hommes à ce droit qu’ils ont de chercher de l’aide.

Historiquement, c’est plus difficile pour les hommes de demander de l’aide, souligne Ricky Chabot. Quand un homme se retrouve sans emploi, en rupture amoureuse, c’est sûr qu’on est loin de l’image qu’il avait de lui d’un homme, d’un père et d’un conjoint. C’est très difficile pour lui, tout mettre l’orgueil qu’il doit mettre de côté pour décider d’appeler. Plus les gens vont appeler, plus on va pouvoir les aider.

On n’a pas appris à demander de l’aide, à s’organiser tout seul, renchérit François Poirier. Quand ça va mal, on a tendance à s’isoler et à organiser nos difficultés tout seul. Mais il y a des services.

Plusieurs signes peuvent d’ailleurs démontrer que quelqu’un vit des moments difficiles, comme l’absentéisme au bureau ou encore le délaissement d’activités de loisirs. Ricky Chabot recommande d’être alerte et d’ouvrir la discussion pour ultimement, diriger vers des services d’aide.

« Dans la société, on a une responsabilité envers nos hommes. L’important, c’est d’appeler [ceux qui souffrent] [...] et qu’on aille vers eux. »

— Une citation de  Ricky Chabot, assistant à la coordination professionnelle, Info-Social, urgence détresse et accueil psychosocial au CIUSSS de l’Estrie - CHUS

Vous pensez avoir besoin d’aide, ou vous cherchez des ressources pour un proche?

Info-Social : 811, option 2

santeestrie.qc.ca/aide (Nouvelle fenêtre) (lien externe)

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