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 Il y 35 ans, Norman McLaren, explorateur du son et du mouvement, nous quittait

Norman McLaren en entrevue en 1976.

Le cinéaste d'animation Norman McLaren est décédé le 26 janvier 1987.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 26 janvier 1987 décédait à Montréal Norman McLaren. Son œuvre d’animation cinématographique, puissamment originale, est reconnue à travers le monde.

Une carrière gigantesque

Né en Écosse en 1914, Norman McLaren immigre au Canada en 1941.

Il se joint alors à l’équipe de l’Office national du film du Canada (ONF). Il y déploie rapidement son originalité et son goût de l’exploration.

Il contribue également au développement du cinéma québécois et canadien alors en pleine ébullition.

En 2006, il y a 65 ans que Norman McLaren a fondé les studios d’animation de l’Office national du film du Canada.

Téléjournal, 20 octobre 2006

C’est l’occasion, comme le rappelle ce reportage de la journaliste Lise Villeneuve diffusé le 20 octobre 2006 au Téléjournal, pour l’Office national du film du Canada et le Festival de nouveau cinéma de Montréal de présenter une intégrale des 82 films de Norman McLaren.

Le Téléjournal est animé par Geneviève Asselin.

On constate, à l’écoute du reportage, que l'œuvre de Norman McLaren est très vaste, innovante et appréciée par la critique internationale et par le public cinéphile.

En 1953 par exemple, Norman McLaren remporte un Oscar pour son court métrage Voisins (Neighbors), qui se révèle – nous sommes alors en pleine guerre froide – une allégorie sur la stupidité de la violence.

Le thème de la paix a beaucoup marqué l’imaginaire de McLaren.

Plusieurs films plus tardifs comme Pas de deux (1968) et Narcisse (1983) sont considérés comme des chefs-d’œuvre.

En 2009, l’œuvre avant-gardiste de Norman McLaren rejoint des classiques cinématographiques comme Le magicien d’Oz et Metropolis au Registre de la Mémoire du monde créé par l’UNESCO.

« Un cinéaste sans caméra » qui explore le son et le mouvement

« Pour réaliser plusieurs de ses films, McLaren n’a pas eu recours aux caméras. Il a plutôt travaillé la pellicule elle-même avec des instruments aussi simples qu’une lame de rasoir ou une aiguille. »

— Une citation de  Wilfrid Lemoine, 1958

Le 10 janvier 1958, l’animateur et journaliste Wilfrid Lemoine présente une émission, Il était une chaise, consacrée à Norman McLaren.

Le titre de l’émission fait référence à un court métrage de McLaren, Il était une chaise, (A Chairy Tale) qu’il a tourné en 1957.

Ce dernier a été récompensé notamment par le premier prix du film expérimental de la Mostra de Venise en 1957.

Il était une chaise, 10 janvier 1958 (extrait 1)

Dans ce premier extrait, le journaliste Jean-Paul Nolet explique comment Norman McLaren explore le son et le retranscrit sur la pellicule cinématographique.

Ces expérimentations sonores sont utilisées en 1955 dans le court métrage Blinkity Blank dans lequel de la musique de jazz, improvisée par le compositeur Maurice Blackburn, est traduite en images par Norman McLaren.

Jean-Paul Nolet explique les techniques qui permettent à Norman McLaren de produire un film, comme Blinkity Blank, qui convertit les images en sons.

Le résultat est si impressionnant que le cinéaste reçoit en 1955 la Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes (et aussi au Festival de Berlin cette année-là).

La technique de retranscription d’images en sons de McLaren aura également une grande influence pour la musique électronique et électroacoustique.

« L’animation n’est pas l’art des images qui bougent, mais l’art des mouvements dessinés. »

— Une citation de  Norman McLaren

Pour mieux comprendre les techniques qu’utilise le cinéaste, Wilfrid Lemoine fait appel à Jean-Paul Ladouceur.

Ce dernier a été longtemps un collaborateur de Norman McLaren.

Jean-Paul Ladouceur souligne que Norman McLaren, à la grande différence des studios d’animation comme Disney, travaille seul.

Il ajoute qu’il est un maître de la décomposition du mouvement qu’il retranscrit de manière instinctive.

Cela contraste, encore une fois, avec les approches scientifiques employées dans le studio Disney par exemple.

Il était une chaise, 10 janvier 1958 (extrait 2)

Dans ce deuxième extrait tiré de l'émission Il était une chaise du 10 janvier 1958, Norman McLaren parle du court métrage Il était une chaise.

Ce film, réalisé avec le cinéaste Claude Jutra, qui a été louangé et récompensé par la critique, montre une chaise qui, révoltée, refuse qu’on s’assoie sur elle.

Des musiques des compositeurs canadien et indien Maurice Blackburn et Ravi Shankar enrichissent les images.

Dans cet extrait d’entrevue tirée de la même émission, Norman McLaren indique à Wilfrid Lemoine que son film peut être interprété comme une fable morale sur la violence.

Cette dernière ne sert à rien, croit le cinéaste.

La compréhension et la sympathie arrivent à de bien meilleurs résultats, conclut-il.

Norman McLaren a réalisé des films jusqu’en 1983 avec l’Office national du film et a contribué à une redéfinition du rapport entre le mouvement et le son dans l’art cinématographique.

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