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Des élus noirs du Québec tendent la main au ministre de la Lutte contre le racisme

Une capture d'écran de la rencontre virtuelle sur Zoom. En haut, se trouvent Bello Mansour à droite et Michel Adrien à gauche. En bas, il y a Benoit Charette et Mamadou N'Diaye.

De haut à gauche à bas à droite : Bello Mansou, président de LeaderPol, Michel Adrien, ancien maire de Mont-Laurier, Benoit Charette, ministre québécois responsable de la Lutte contre le racisme, et Mamadou N'Diaye, animateur de la rencontre.

Photo : Radio-Canada

Une soixantaine d’élus et de leaders des communautés noires du Québec demandent à Benoit Charette de les inclure dans l’élaboration de sa stratégie de lutte contre le racisme. Un an après la nomination du ministre relativement à ce dossier, ils lui ont aussi réclamé de rendre des comptes lors d’un événement virtuel organisé par l’organisme gatinois LeaderPool mardi soir.

Branchés depuis Gatineau, Sherbrooke, Montréal, Longueuil ou encore Repentigny, c’est derrière leurs écrans respectifs que ces représentants des communautés afro-descendantes ont uni leur voix pour offrir leur expertise en matière de racisme et d’inclusion au ministre Charette.

Parmi eux, 27 élus municipaux québécois noirs, pour la plupart fraîchement élus aux dernières élections.

Nous venons d’être élus et j’aimerais vraiment qu’on puisse vous aider, a lancé Olive Kamanyana, nouvelle conseillère municipale de Gatineau. Surtout au niveau des élus municipaux, pour que ce soit vrai que les choses viennent par le bas. Au lieu qu’on les parachute juste d’en haut, que tout le monde se rencontre au milieu.

Une femme noire a des dépliants de son programme électoral dans les mains.

Fondatrice de l'organisme LeaderPol, Olive Kamanyana représente depuis l'an dernier le district du Carrefour-de-l'Hôpital au conseil municipal de Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Le groupe, qui au fil de la rencontre a fini par informellement s’identifier comme le caucus des élus noirs du Québec, demande au ministre des rencontres régulières pour que les ordres provincial et municipal collaborent davantage en matière de lutte contre le racisme.

L’ancien élu Adrien Michel, un des premiers maires noirs du Québec, est venu appuyer leur requête en suggérant un rôle clé pour l’organisme gatinois LeaderPol, qui promeut la participation des personnes afro-descendantes en politique.

« On demande que LeaderPol puisse servir de courroie de transmission pour vous permettre de rencontrer les nouveaux élus afro-descendants. »

— Une citation de  Michel Adrien, ancien maire de Mont-Laurier

S’il reconnaît qu’ il faut trouver cet espace-là de collaboration, le ministre Charette est toutefois resté évasif quant à la concrétisation de cette idée.

On regardera comment trouver une bonne formule pour organiser une autre rencontre, a -t-il déclaré à l’issue d’une conversation qui aura duré près de deux heures.

Un an plus tard?

Près d’un an après le dépôt du rapport du groupe d’action contre le racisme, qui a donné lieu à la création de son poste, le ministre responsable de la Lutte contre le racisme a été questionné tout au long de la soirée sur ses actions.

Il dresse un bilan somme toute encourageant.

Je ne vous dirais pas que le racisme au Québec est enrayé, ce n'est pas du tout le propos, mais on a pu démontrer que les 25 actions [formulées dans le rapport] sont bel et bien enclenchées. On est en action pour la totalité d’entre elles, a expliqué M. Charette.

Le ministre a garanti de s’attaquer en priorité au dossier du profilage racial. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire adopter le projet de loi 18 qui vise notamment à prévenir les interpellations discriminatoires et à élargir les enquêtes en cas d’allégations criminelles envers un policier.

D’ici le mois de juin, on aura une loi et des articles qui aborderont et viendront baliser les questions des interpellations pour changer ces pratiques-là, a-t-il martelé.

Benoit Charette, ministre responsable de la Lutte contre le racisme.

Benoit Charette, ministre responsable de la Lutte contre le racisme

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Talonné sur le manque de représentativité dans la fonction publique, M. Charette s’est retranché derrière le projet de loi 60 qui modifie le recrutement dans ce secteur.

Dans quelques mois, il y aura une souplesse donnée aux ministères et organismes gouvernementaux pour cibler de façon plus directe des candidats cibles recherchés, notamment pour aller chercher cette représentativité qui est nécessaire pour que l'image de notre fonction publique soit à l’image de sa société, a-t-il rappelé.

Réactions mitigées

Les réponses du ministre ont laissé Bello Mansour, un des organisateurs gatinois, sur sa faim. Mais on lui a démontré que les organismes communautaires comme LeaderPol doivent être des partenaires pour créer ce pont avec les leaders noirs et la communauté, nuance-t-il.

Plusieurs attendaient plus d’engagements du ministre Charette.

« Les membres des communautés noires n’ont pas encore la confiance dans ce gouvernement. »

— Une citation de  Olive Kamanyana, conseillère municipale de Gatineau

Le ministre a notamment relégué les multiples questions sur le racisme systémique à une question de sémantique. L'adjectif, j’y porte peu d’attention, a-t-il déclaré, je veux m’attaquer à toutes les formes de racisme, peu importe comment on le qualifie.

Alors que des élections se profilent en septembre, beaucoup s’interrogent aussi sur la pérennité de son poste.

Maintenant qu’on a un nommé un ministre responsable pour la toute première fois de la lutte au racisme, d’après moi, c’est un acquis [...] donc, peu importe le gouvernement qui gagnera les élections à l’automne prochain, d’après moi, on peut penser que cette instance-là sera permanente, croit le ministre Charette.

La tenue de cette rencontre en soi reste une réussite : un souhait qu’Ericka Alneus, conseillère dans Rosemont-La Petite-Patrie à Montréal, est heureuse de voir se concrétiser, et pas n’importe quel jour.

En cette journée de Martin Luther King Day, je trouve que ça marque l’histoire du Québec, renchérit Daphnée Colin, autre conseillère de Montréal. En effet, c’est très touchant qu’il y ait cette rencontre le 17 janvier, approuve fièrement Fernanda Luz, élue de Sherbrooke.

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