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Incendie mortel dans une Première Nation : pas assez de ressources pour les pompiers

Une affiche dans la Première Nation de Sandy Lake donnant des numéros d'urgence.

La Première Nation de Sandy Lake est dans le deuil après la mort de trois enfants dans un incendie. Comme pour plusieurs autres communautés, le service d'incendie n'est pas bien équipé.

Photo : Nation Nishnawbe Aski

Radio-Canada

L’incendie d’une résidence qui a causé la semaine dernière la mort de trois enfants âgés de moins de 10 ans dans la Première Nation de Sandy Lake, dans le Grand Nord de l’Ontario, remet en lumière les lacunes en matière de lutte contre les incendies et entraîne de nouveaux appels à l’action.

La Nation Nishnawbe Aski, qui regroupe 49 Premières Nations du Nord de l’Ontario, demande déjà depuis plusieurs années des améliorations aux services d’incendie.

La récente tragédie à Sandy Lake s’ajoute à plusieurs autres incendies mortels dans des communautés autochtones ces dernières années.

Les pompiers et les autres premiers répondants ont agi rapidement, mais la maison était déjà engouffrée par les flammes.

C’est vraiment triste, a affirmé le député provincial néo-démocrate de Kiiwetinoong, Sol Mamakwa, en entrevue avec CBC.

Une photo de Sol Mamakwa.

Sol Mamakwa, député provincial de la circonscription de Kiiwetinoong

Photo : CBC/Logan Turner

Il affirme qu’il est plus que temps de passer à l’action. Il ne suffit plus d'envoyer des condoléances, dit-il.

« Nous avons vu trop de nos enfants mourir. [Nous ne pouvons pas] être complaisants, et seulement donner l'impression que nous faisons quelque chose. Nous ne pouvons pas continuer sur cette voie, parce que les enfants paient de leur vie cette complaisance. »

— Une citation de  Sol Mamakwa, député provincial néo-démocrate de Kiiwetinoong

M. Mamakwa compte soulever cet enjeu lors du retour des députés en chambre à Queen’s Park, en février.

Un problème complexe

Melvin McLeod, le président de la Société des pompiers autochtones de l’Ontario (Ontario Native Firefighters Society), explique que les Premières Nations font face à plusieurs défis en lien avec leurs services d’urgences.

M. McLeod, qui est aussi le directeur des services d’urgence de la Première Nation de Nipissing, note que le froid est un des principaux obstacles.

Le 13 janvier, lors de l’incendie, la température se trouvait sous la barre des -30 degrés Celsius.

Dans ce genre de situation, les pompes gèlent, et il n'y a pas vraiment de moyen de l'empêcher, car il fait si froid, explique M. McLeod.

Les boyaux gèlent aussi, et doivent être régulièrement remplacés.

Selon un communiqué de la Première Nation de Sandy Lake, un seul camion-citerne était disponible jeudi dernier au moment de l’incendie.

L’absence de conduites d’eau adéquates empêche l’utilisation de bornes d’incendie lors de la lutte contre les feux.

Plusieurs communautés autochtones n’ont pas de caserne de pompiers pour entreposer les camions et les équipements à l’abri du froid.

Une carte montre l'emplacement de la Première Nation de Sandy Lake, dans le Grand Nord de l'Ontario.

Sandy Lake est situé près de la frontière du Manitoba, à environ 600 km au nord-ouest de Thunder Bay

Photo : Google Maps

Melvin McLeod note aussi qu’il n’y a pas assez de pompiers volontaires, et que ceux qui sont en place n’ont pas suffisamment de formation.

De plus, en raison d’un nombre limité de maisons dans plusieurs communautés, des familles s’entassent dans des habitations trop petites et souvent chauffées au bois.

« Il y a beaucoup de facteurs de risque. C'est une pente très haute à gravir. »

— Une citation de  Melvin McLeod, président de la Société des pompiers autochtones de l’Ontario

Je pense qu'il faut mettre au point un cadre d'approche à dimensions multiples avec des réponses coordonnées, du logement à l'infrastructure, à la protection contre les incendies, en passant par la participation des chefs et des conseils, a déclaré M. McLeod.

Il cite en exemple la prévention des incendies, qui est souvent l’objet de campagne de sensibilisation.

Si les détecteurs de fumée ou les activités de prévention ne sont pas mis en œuvre par les propriétaires ou même par les membres de la communauté, on revient à la case départ, dit-il.

Des solutions en développement

Melvin McLeod siège aussi au Conseil national autochtone de protection contre les incendies (National Indigenous Fire Safety Council).

L’organisme se prépare à lancer des programmes, notamment pour offrir davantage de formation.

Un objectif du Conseil est de créer un bureau de commissaire autochtone des incendies, qui aurait la responsabilité de mettre en œuvre ces programmes, mais aussi de faire pression sur les gouvernements.

Avec les informations de CBC

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