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Champ de tir à Tracadie : la déforestation est liée aux projets de bleuetières

Des plants chargés de bleuets

Des plants chargés de bleuets

Photo : Association des producteurs de bleuets sauvages de la Nouvelle-Écosse

Les travaux de déforestation et de décontamination menés sur une vaste étendue sur l'ancien champ de tir de Tracadie sont bel et bien liés au développement de bleuetières.

Ces travaux sont menés par la Défense nationale, en collaboration avec la province du Nouveau-Brunswick, propriétaire du territoire.

Une affiche qui marque le début du territoire de l'ancien camp militaire.

Une affiche qui marque le début du territoire de l'ancien champ de tir de Tracadie.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Pourtant, les membres du Club chasse et pêche, qui s'opposent au développement de bleuetières sur ce territoire, affirment qu'ils avaient eu l'indication de représentants du ministère de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches que ces travaux n'étaient pas liés au développement de bleuetières.

Même le maire de Tracadie, Denis Losier, faisait savoir que les travaux de décontamination n'avaient aucun lien avec les projets de bleuetières, selon les informations qu'il avait obtenues d'une entreprise de décontamination.

Bref, il s'agissait de poursuivre la décontamination de l'ancien champ de tir, débutée il y a plusieurs années, indépendamment des projets de bleuetières souhaitées par le gouvernement provincial.

Des zones prioritaires

Dans une réponse par courriel aux questions de Radio-Canada lundi, le ministère de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches admet que les plus récents travaux de décontamination, entrepris en avril dernier, servent à préparer le terrain pour faire des champs de bleuets.

Le ministère de la Défense nationale ne peut pas décontaminer toute la zone en une seule fois et doit donc établir des priorités, explique le porte-parole du ministère provincial, Nick Brown. Le ministère de l'Agriculture, de l'Aquaculture et des Pêches a fait part des zones qu'il considère prioritaires.

Ancien champ de tir de Tracadie

Les rivières ajoutent à la beauté du territoire.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le développement de bleuetières s'appuie sur un document réalisé il y a vingt ans.

Ces zones prioritaires sont basées sur les terres précédemment identifiées pour le développement potentiel du bleuet sauvage dans le Plan d'utilisation des terres de l'ancien champ de tir de Tracadie 2002-2003, précise le gouvernement provincial.

Près d'un ruisseau

Le ministère provincial reconnaît également que cela comprend une zone près du ruisseau Clearwater.

Ce ruisseau a fait l'objet de reportages, l'automne dernier, parce qu'un broyeur à chenilles d'une entreprise locale l'a endommagé en le traversant pour réaliser ces travaux de déforestation et de décontamination de la Défense nationale.

Une partie du ruisseau

Une partie du ruisseau qui a été endommagé

Photo : Gracieuseté

Après une longue enquête menée par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick, une amende de 1000 $ a été imposée à Atlantique Construction KB, de Tracadie, en vertu de la Loi sur l'assainissement de l'eau.

L'entreprise doit également compléter la restauration par la plantation d'arbres dans la zone tampon du ruisseau, l'été prochain.

Le montant de l'amende a été qualifié de ridicule par Jeff Rousselle, membre du Club chasse et pêche de Tracadie.

Le député Keith Chiason est mécontent

Le député libéral de Tracadie-Sheila, Keith Chiasson, partage immédiatement sa colère et sa déception quand on lui fait part de la réponse de la province sur ses intentions au sujet des terres qui ont été aménagées.

Je suis complètement outré d'apprendre que la coupe à blanc, qui est en train de se faire présentement, est non seulement pour la décontamination, mais pour la préparation des terrains pour les bleuetières, lance-t-il.

Keith Chiasson interviewé dans son bureau

Keith Chiasson, député libéral de Tracadie-Sheila

Photo : Radio-Canada

À son avis, le gouvernement provincial manque de transparence et fait fausse route en s'appuyant sur un document vieux d'une vingtaine d'années.

C'est non seulement un manque de transparence, mais ça démontre une volonté de ne pas donner toute l'information, qui aurait dû être partagée dès le départ, estime-t-il. Il n'y a pas eu de consultation, ou très peu de consultation.

Les besoins futurs de la province

Le ministère de la Défense nationale rappelle, par courriel, que les travaux sont entrepris pour confirmer la présence ou non d'UXO [munitions non explosées] dans certains secteurs et afin d'éliminer les munitions dangereuses lorsque présentes.

Des obus

Ces obus ont été retrouvés dans l'ancien champ de tir de Tracadie il y a plusieurs années

Photo : Archives

Outre les niveaux de risques, la Défense nationale insiste sur les besoins futurs de la province du Nouveau-Brunswick dans le choix des zones à décontaminer en priorité.

Les secteurs sont priorisés selon le niveau de risque identifié par le ministère de la Défense nationale en lien avec l'utilisation du site actuel et les besoins futurs de la province du Nouveau-Brunswick, qui est propriétaire du site.

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