•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Manœuvres militaires russo-bélarusses pour répondre aux tensions avec l’Occident

Le président est assis à une table entouré d'hommes en habit de généraux.

Le président Alexandre Loukachenko, en réunion avec les hauts gradés bélarusses, le 17 janvier 2022

Photo : Associated Press / Sergei Sheleg

Agence France-Presse

La Russie et le Bélarus ont justifié mardi des exercices « impromptus » de préparation au combat aux frontières de l'Union européenne et de l'Ukraine du fait de tensions avec l'Occident, à l'heure où les efforts diplomatiques de désescalade semblent s'enliser.

L'arrivée de soldats russes au Bélarus, en nombre indéterminé, survient alors que Russes et Américains doivent se prononcer dans les jours à venir quant à la suite à donner aux pourparlers de la semaine passée, qui ont échoué à désamorcer le risque d'un nouveau conflit en Ukraine.

La Russie, qui a déjà massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne, laissant craindre aux Occidentaux une invasion, dément toute velléité belliqueuse et se dit au contraire menacée par le renforcement de l'OTAN dans la région.

Sur le front diplomatique, la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock était à Moscou mardi pour des entretiens avec son homologue Sergueï Lavrov.

« Les exercices à venir de préparation opérationnelle et de combat ont lieu du fait de l'aggravation de la situation politico-militaire dans le monde, de l'augmentation continue des tensions en Europe, notamment aux frontières ouest et sud du Bélarus. »

— Une citation de  Le ministère de la Défense du Bélarus, dans un communiqué

Le ministère a ajouté qu'il s'agissait de manoeuvres russo-bélarusses impromptues.

Le Bélarus est voisin de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie, membres de l'OTAN et adversaires de la Russie.

Ces manoeuvres se déroulent en deux étapes : la première, d'ici au 9 février, comprend des déploiements vers les zones menacées et des opérations de sécurisation d'infrastructures, ainsi que la protection de l'espace aérien.

Puis, du 10 au 20 février doivent avoir lieu sur plusieurs bases militaires au Bélarus les exercices à proprement parler, baptisés Détermination de l'union 2022, en référence à l'alliance russo-bélarusse.

Convois de matériel militaire et de soldats

Le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, a, selon les agences russes, signifié à 98 attachés militaires étrangers en poste à Moscou la tenue de ces manoeuvres destinées à repousser une agression extérieure.

Il a indiqué notamment que deux systèmes sol-air S-400 et 12 chasseurs Su-35 seront déployés.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko avait annoncé ces exercices la veille, sans en préciser les dates, et accusé la Pologne, l'Ukraine et l'OTAN de déploiements de troupes menaçants à ses frontières.

Un autre responsable du Bélarus avait fait état de l'arrivée de premiers militaires russes pour préparer les manoeuvres.

Aucune indication n'a été donnée sur le nombre de troupes russes et bélarusses concernées. Depuis lundi, des vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des trains chargés de quantité d'équipements militaires et de blindés se dirigeant vers la frontière occidentale de la Russie.

Le Bélarus a, lui, diffusé des images d'un train chargé de véhicules militaires et d'un gradé bélarusse accueillant des soldats avec du pain et du sel, cadeau de bienvenu traditionnel. Les wagons plateformes portaient quant à eux des noms de villes russes.

Des revendications inacceptables, selon l'Occident

En réponse à une révolution pro-occidentale en Ukraine, Moscou a déjà annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée et est largement considéré comme le parrain militaire de séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, théâtre d'une guerre depuis près de huit ans.

La Russie s'estime la victime des ambitions de l'OTAN en Europe de l'Est, et elle juge qu'une désescalade n'est possible que si les Occidentaux signent des traités bannissant tout élargissement futur de l'Alliance, en particulier à l'Ukraine et à la Géorgie.

Elle réclame aussi que les Américains et leurs alliés renoncent à mener des manoeuvres et des déploiements militaires en Europe de l'Est.

Ces revendications ont été qualifiées d'inacceptables par les Occidentaux, qui veulent néanmoins poursuivre les discussions avec la Russie pour éviter un conflit armé aux conséquences imprévisibles.

Le Royaume-Uni a quant à lui annoncé l'envoi d'armements, comme des missiles antichars, à l'Ukraine, alors que Kiev se plaignait justement du manque d'empressement des Occidentaux à renforcer leur aide militaire.

Moscou dit attendre une réponse détaillée des Américains quant à ses revendications, tout en qualifiant ses demandes de non négociables.

L'UE et Washington ont prévenu la Russie qu'elle sera la cible de sanctions terribles en cas d'agression de l'Ukraine, une menace balayée par le Kremlin.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !