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Explosion sur le chemin Merivale : comment se déroule l’enquête de la coroner?

Des images d'un édifice brûlé dans un incendie, vu du ciel.

Des images du lieu de l'explosion et du feu de jeudi, au 1995 chemin Merivale, à Ottawa (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Cinq jours après l’explosion sur le chemin Merivale, à Ottawa, l’enquête du bureau de la coroner se poursuit. Le bilan le plus récent de l’explosion est d’un mort, de cinq personnes disparues, présumées mortes, et de deux blessées. La coroner affectée à la tragédie explique la complexité d’un exercice comme celui qui est en cours.

La tragédie a maintenant six visages : Rick Bastien, Étienne Mabiala, Danny Beale, Kayla Ferguson, Russell McLellan et Matthew Kearney. Des familles et des proches ont confirmé la perte d’un être cher suivant le drame.

Les autorités ont quant à elles maintenant localisé les corps des cinq disparus, présumés morts. Mais ils n’ont toujours pas été rapatriés ni identifiés formellement par celles-ci.

On est vraiment au début de l’enquête

La coroner régionale principale de l’Est de l’Ontario, Louise McNaughton-Filion, explique que le site de l’entreprise Eastway Tank, une compagnie qui fabrique des camions-citernes, où est survenue la tragédie, n’est toujours pas sécuritaire pour permettre le rapatriement des corps.

C’est le service de pompiers et le service du commissaire aux incendies qui décident si c’est assez sécuritaire pour y avoir accès , mentionne la coroner. Après un feu, on a toujours des inquiétudes à propos de la stabilité de la structure.

Le bureau des incendies, c’est lui qui décide s’il y a des produits chimiques, des gaz, risques d’explosions , ajoute-t-elle. C’est juste quelques exemples des choses qui peuvent être dangereuses sur un site où une explosion et un feu sont arrivés.

« Il faut que nous soyons en sécurité […] si quelque chose arrive, c’est une autre tragédie en plus de ce qui est déjà arrivé   »

— Une citation de  Louise McNaughton-Filion, coroner régionale principale de l’Est de l’Ontario
Louise McNaughton-Filion, coroner principale de l'Est de l'Ontario, en entrevue dans son bureau.

Louise McNaughton-Filion est coroner régionale principale de l'Est de l'Ontario (archives).

Photo : Radio-Canada

Une fois le site accessible, elle assure que les corps seront acheminés avec soin au laboratoire pour mener les analyses permettant d’identifier les victimes ainsi que les causes et circonstances de leur décès.

L’objectif, selon Mme McNaughton-Filion, récupérer les indices de la façon la plus sécuritaire et précise possible , tout en évitant des blessures aux corps des victimes. L’objectif, c’est de trouver les faits, trouver la vérité, et faire ce qu’on peut pour qu’un tel événement n'arrive pas dans le futur.

Les autorités détermineront ensuite si l’analyse peut être effectuée à Ottawa, ou au bureau provincial, selon l’état des corps.

Mme McNaughton-Filion ajoute également que les différentes organisations qui font enquête gardent l’esprit ouvert quant au nombre de victimes.

On sait qu’il y a cinq personnes qui ne sont pas retournées chez elles ce jour-là, qui travaillaient sur ce site. Mais on ne tient jamais pour acquis qu’il y a juste un nombre de personnes , précise la coroner. On fait un examen approfondi de chaque site quand nous avons une situation comme celle-là. Nous faisons une évaluation complète avant qu’on dise qu’on a un nombre exact de personnes.

Des conditions difficiles

Un plan d’urgence a été élaboré afin que les enquêtes puissent se poursuivre malgré la tempête de neige qui s’est abattue sur Ottawa lundi. La scène a été protégée, et les travaux se sont poursuivis selon les informations de Mme McNaughton-Filion. Elle devrait être de retour sur le site mardi.

La coroner indique que généralement, les enquêtes sur des incendies en hiver sont plus complexes.

Au début c’est le contrôle du feu, après ça, c’est le froid qui est tellement intense que des choses gèlent. On ne veut pas détruire des indices , indique-t-elle. Il faut vraiment aller doucement, et soigneusement, d’être certain qu’on retrouve tous les indices comme il faut.

Le processus d’identification

Généralement, le processus d’identification est lui aussi complexe, selon la coroner.

Il faut utiliser des procédures scientifiques pour identifier quelqu’un, on commence avec une idée de la personne que c’est , fait valoir Mme McNaughton-Filion.

L’identité d’une personne peut être obtenue grâce à des échantillons de l’intérieur de la bouche, au sang, aux tissus, aux os et aux dents. Dans les cas d’identification par ADN, il faut comparer, et la famille peut alors être sollicitée.

D’autres méthodes existent également pour avoir des indices : Est-ce qu’il y a un tatouage qui nous aide à nous identifier ? Des piercings ? L’histoire médicale, est-ce qu’il y a des plaques médicales ou des chirurgies antérieures ?

Les familles seront les premières à être avisés de l’identité des corps, rappelle Mme McNaughton-Filion. Dans les cas où plusieurs corps provenant d’un même site doivent être identifiés, les familles ne sont avisées que lorsque tous les corps sont identifiés.

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