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Des tests PCR demandés pour les personnes handicapées

La main d'une personne en fauteuil roulant posée sur la roue.

Des organismes de l’Est-du-Québec demandent l'élargissement des tests PCR aux personnes handicapées (archives).

Photo : iStock / demaerre

Alice Proulx

Plusieurs organismes qui viennent en aide aux personnes en situation de handicap dans l'Est-du-Québec ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils demandent au gouvernement du Québec d'élargir l'accès aux tests de dépistage PCR.

Depuis le début du mois de janvier, la santé publique a restreint l'utilisation des tests PCR à quelques groupes ciblés.

Les tests PCR sont désormais réservés pour un usage dans les milieux jugés vulnérables comme les hôpitaux, les CHSLD, les prisons, les refuges pour sans-abri, etc.

Un test PCR.

Les tests PCR ne sont plus offerts à la population générale au Québec (archives).

Photo : (Paul Chiasson/The Canadian Press)

Bien que les organismes signataires de la lettre ne remettent pas en question la priorisation de la clientèle désignée pour les tests de dépistage, ils trouvent inconcevable que les personnes en situation de handicap n'y aient pas accès, alors qu'elles sont vulnérables.

Quand on choisit de prioriser certaines clientèles pour avoir accès à des tests de dépistage de la COVID-19, c’est important de choisir les bonnes clientèles. Les personnes en situation de handicap sont souvent oubliées et encore aujourd’hui, on en a la preuve, lance la directrice générale de l’Association des personnes handicapées visuelles (APHV) de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Joanie Poirier.

Elle rappelle que les tests disponibles en pharmacie demandent de la motricité fine ainsi qu'une bonne vision pour être en mesure de lire les instructions qui sont inscrites en petits caractères.

« Une personne avec une déficience visuelle peut difficilement réaliser un test comme ça. »

— Une citation de  Joanie Poirier, directrice générale, APHV de la Gaspésie et des Îles

C’est un enjeu de sécurité de savoir que certaines personnes en situation de handicap vont rester chez elles sans avoir de diagnostic ou vont laisser entrer des personnes dans leur maison peut-être en étant positif pour les aider à faire un test, ajoute Mme Poirier.

Un homme handicapé visuel assis sur un banc avec sa canne blanche.

La COVID-19 a grandement complexifié le quotidien déjà compliqué des personnes handicapées visuelles (achives).

Photo : iStock

Couvrant l'ensemble de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, l'organisme compte près de 150 membres actifs. Leur clientèle est adulte et possède une déficience visuelle qui ne se corrige pas avec des lunettes ou des verres de contact.

Joanie Poirier soutient qu'il ne s'agit pas du premier dossier dans lequel les personnes en situation de handicap sont négligées. Pour le passeport vaccinal, ça a été toute une difficulté pour ces personnes parce qu’elles n’étaient même pas capables de télécharger l’application et de remplir le formulaire dans leur téléphone, mentionne-t-elle.

Au Bas-Saint-Laurent, la directrice de l'APHV, Huguette Vigneau, juge qu'il est inévitable que ces personnes aient accès aux tests PCR.

Il s'agit même d'un problème de grande importance à ces yeux parce que cette inaccessibilité a des répercussions sur la santé mentale de la clientèle. Toutes ces personnes-là sont inquiètes et elles vivent déjà beaucoup d’isolement, donc ça rend la tâche plus complexe, affirme Mme Vigneau.

Selon elle, il y a environ 3000 personnes avec une déficience visuelle sur le territoire bas-laurentien. Parmi celles-ci, 150 sont contactées régulièrement par l’association.

« C'est beaucoup plus de personnes qu'on le pense qui sont touchées. »

— Une citation de  Huguette Vigneau, directrice, APHV Bas-Saint-Laurent

Taux d'incapacité des personnes de 15 ans et plus au Québec en 2017 :

  • Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 15,9 %, soit 11 660 personnes
  • Bas-Saint-Laurent : 19 %, soit 31 230 personnes
  • Côte-Nord et Nord-du-Québec : 14 %, soit 11 810 personnes

Source : Office des personnes handicapées du Québec

Office des personnes handicapées

L’Office des personnes handicapées du Québec est un organisme gouvernemental qui contribue à accroître la participation sociale des personnes handicapées (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas

Un message appuyé sur la Côte-Nord

La coordonnatrice de l’Association des personnes handicapées avec difficultés visuelles de Manicouagan (APDVM), Sylvie Girard, a fait parvenir la lettre ouverte à bon nombre d'organismes sur la Côte-Nord.

Elle a récolté les signatures de six organismes dans la région, en plus du sien.

C’était important pour moi que les organismes communautaires de la Côte-Nord soient au courant de cette lettre pour qu’on ait plus d’appui afin que des mesures soient prises. C’est beau de voir qu’on est tous solidaires, qu’on se tient et qu’on travaille tous pour la même cause pour le bien-être des personnes handicapées, explique-t-elle.

« On espère être entendus pour qu’il y ait un gros changement à ce niveau-là. »

— Une citation de  Sylvie Girard, coordonnatrice, APDVM

Pour Mme Girard, il faut agir maintenant puisque lorsque ces personnes veulent faire un test rapide, c'est parce qu'elles se doutent qu’elles ont des symptômes liés à la COVID-19.

Sylvie Girard, coordonnatrice de l'Association des personnes avec difficultés visuelles de Manicouagan.

Il est d'autant plus difficile pour les personnes en situation de handicap de trouver un proche qui accepte d’entrer dans la maison pour aller les aider à passer ce test, selon elle.

Photo : Radio-Canada / Olivier Roy Martin

C'est très urgent. Il ne faut pas attendre deux mois, c’est maintenant parce que si ces personnes-là sont contaminées, elles doivent être prises en charge, soulève-t-elle.

L'APDVM compte 80 membres actifs dans la MRC de Manicouagan.

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