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Omicron arrivé par la poste : doutes sur les allégations chinoises

Un facteur de Postes Canada manipule un colis

Un facteur de Postes Canada manipule un colis.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Radio-Canada

Une affirmation des autorités sanitaires chinoises selon laquelle un résident de Pékin a été contaminé au variant Omicron par l'entremise de courrier en provenance du Canada est reçue avec scepticisme par des spécialistes en médecine.

Selon un média chinois contrôlé par l'État, l'infection d'un résident de Pékin, le 7 janvier, avait été le résultat de la réception d'une lettre ou d'un colis en provenance du Canada.

Pang Xinghuo, directeur adjoint du centre de prévention et de contrôle des maladies de Pékin, a déclaré que les responsables de la santé ne peuvent pas exclure la possibilité que le patient ait été infecté par des marchandises en provenance de l'étranger porteuses du virus.

Le centre affirme que le colis en question a transité par les États-Unis avant d'arriver à Hong Kong, puis sa destination finale, à Pékin.

Citant l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), Postes Canada rappelle que le risque de contracter un coronavirus à partir d'un envoi postal est faible.

Selon l'ASPC [l'Agence de la santé publique du Canada], il n'y a aucun risque connu que des coronavirus entrent au Canada sur des colis. En général, en raison de la faible capacité de survie des coronavirus sur les surfaces, il existe un faible risque de propagation à partir de produits ou d'emballages expédiés sur une période de jours ou semaines, a souligné Postes Canada dans une déclaration.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a déclaré qu'il avait peut-être sa propre opinion sur les raisons pour lesquelles la Chine faisait cette affirmation, mais qu'il préférait laisser les questions aux experts quant à la manière dont la COVID-19 peut se propager.

C'est une allégation extraordinaire, mais je ne suis pas un expert et donc j'ai demandé à des experts virologues et à la Santé publique du Canada de se prononcer là-dessus, a indiqué le ministre.

À la suite de cette allégation, des médecins canadiens ont exprimé leur scepticisme.

Je ne pense pas que tout cela soit basé sur la science, a déclaré la Dre Anna Banerji, professeure agrégée de pédiatrie et de maladies infectieuses à l'École de santé publique Dalla Lana, de l’Université de Toronto.

Elle a indiqué que le variant aéroporté d'Omicron ne survivrait jamais sur une enveloppe expédiée à travers le monde.

Intention politique?

Cette affaire a fait réagir plusieurs connaisseurs de la Chine, qui estiment que les allégations chinoises relèvent de la politique.

Guy St-Jacques, un ancien ambassadeur du Canada en Chine, dit s'attendre à voir plus d’accusations s'il y a des contaminations pendant les Jeux olympiques.

Il est facile pour la Chine de blâmer le Canada, car il n'y a aucun moyen d'enquêter sur la question pour dire si c'est vrai et, si oui : la quantité de virus constituait-elle vraiment une menace? a-t-il affirmé.

Alors que la Chine a de plus en plus de difficultés avec sa politique zéro COVID, elle blâmera les étrangers pour sa situation difficile.

De son côté, Colin Robertson, ancien diplomate canadien et maintenant vice-président et membre de l'Institut canadien des affaires mondiales, estime que la Chine préparait une excuse au cas où il y aurait une épidémie pendant les Jeux olympiques.

Le logo Beijing 2022 est visible sur un compte à rebours pour les prochains Jeux olympiques d'hiver.

Compte à rebours pour les Jeux olympiques d'hiver de 2022 de Pékin.

Photo : Reuters / Caros Garcia Rawling

Si les choses tournent mal, alors ils [les responsables chinois] peuvent suggérer que cela vient de l'extérieur et non de l'intérieur de la Chine, car ils ont fait tous les efforts pour essayer de contenir [la COVID-19] en adoptant une approche de tolérance zéro, en fermant complètement les villes jusqu'à présent, a-t-il indiqué.

À la fin du mois dernier, le ministère chinois des Affaires étrangères a averti que les relations de Pékin avec le Canada se trouvaient à la croisée des chemins.

M. Robertson croit que le gouvernement chinois aimerait rétablir la relation. Mais ils ont affaire – dans le cas du Canada et de la plupart des pays occidentaux – à une opinion publique qui a radicalement changé au cours des deux dernières années et qui est maintenant très méfiante à l'égard des Chinois, en particulier en ce qui concerne son bilan en matière de droits de la personne, a-t-il souligné.

Meng Wanzhou salue la foule à la sortie de son avion.

Meng Wanzhou a été acclamée par la foule à son arrivée sur le tarmac de l'aéroport international de Shenzhen.

Photo : Xinhua via Reuters

Pour sa part, le chef conservateur Erin O'Toole a qualifié les allégations de comiques.

Des histoires comme celle-ci nous rappellent que depuis le début de la pandémie, certaines des nouvelles et des reportages en provenance de Chine ne pouvaient pas être fiables, a-t-il affirmé.

Aux yeux de Margaret McCuaig-Johnston, une spécialiste de la Chine à l'Université d'Ottawa qui a été fonctionnaire fédérale pendant 30 ans chargée des questions chinoises, l'allégation est liée à la crise entre Ottawa et Pékin à la suite de l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, en 2018, et des deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, qui ont été détenus en Chine.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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