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Nickel dans l’air : l’opposition dénonce un manque de courage et de leadership

Un plan large des installations de transbordement de vrac du port de Québec.

Le Port de Québec a été identifié par le ministère de l'Environnement comme étant la principale source du nickel dans l'air du quartier Limoilou.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Le maire de Québec essuie une salve de critiques concernant son hésitation à se positionner clairement sur la hausse des quantités de nickel permises dans l’air proposée par le gouvernement du Québec. L’opposition officielle et Transition Québec dénoncent un manque de « courage » et « leadership ».

Avant de prendre position, Bruno Marchand veut organiser un comité plénier sur la question pour permettre à tous les élus de récolter davantage d’informations auprès des experts, de groupes citoyens et de partenaires privés. Cet exercice est prévu pour le 3 février.

Selon le chef de l’opposition, Claude Villeneuve, cette façon de procéder n’a aucun sens alors qu’il s’agit d’un règlement du gouvernement du Québec. Cette idée-là de tenir un plénier, la première fois que j'en ai entendu parlé, j'étais sans connaissance. […] Je me mets à la place de la CAQ présentement et ils doivent être morts de rire de voir que c'est Bruno Marchand qui a décidé de faire la discussion sur leur projet alors que c'est eux qui devraient s'en charger.

Dans les circonstances, il se serait attendu à ce que le maire appuie sans réserve les groupes citoyens de la Basse-Ville qui s’opposent à l’augmentation des polluants permis dans l’air.

Claude Villeneuve, chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Québec.

Claude Villeneuve, chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Québec

Photo : Radio-Canada

« On a été habitué de la part de nos maires à plus de leadership que ça quand vient le temps de défendre l'intérêt des citoyens. »

— Une citation de  Claude Villeneuve, chef de l'opposition officielle

Élever le débat

Bruno Marchand croit au contraire qu’un comité plénier est une extraordinaire façon de faire pour élever le débat. Le maire de Québec laisse entendre que les chefs des autres partis se sont opposés trop rapidement à ce changement de réglementation, sans avoir toute l’information pour prendre une décision éclairée.

 Le maire Bruno Marchand.

Le maire Bruno Marchand.

Photo : Radio-Canada

Si eux sont déjà convaincus, je ne pense pas que c'est sur le maire qu'ils doivent taper, mais plutôt viser ceux qui ont du pouvoir sur cette norme-là, commente Bruno Marchand, bien qu'il affirme lui-même être préoccupé par la nouvelle réglementation.

Si on veut travailler sur un consensus de tous les élus, il va falloir que des gens mettent de l'eau dans leur vin, prévient toutefois le maire de Québec.

Positions fermes

Or, le chef de l’opposition est on ne peut plus clair. Il n’y a aucune chance que sa formation politique change d’avis et donne son appui au changement de réglementation qui permettrait davantage de nickel dans l’air.

Transition Québec est tout aussi ferme sur cette position. La chef Jackie Smith accuse le maire de ne pas avoir fait ses devoirs dans ce dossier. Elle s’étonne que Bruno Marchand ait pris le temps de rencontrer le PDG du port de Québec, mais qu’il n’ait pas cru bon de discuter avec les groupes citoyens.

Jackie Smith accorde une entrevue à l'extérieur à la journaliste de Radio-Canada Louise Boisvert.

Jackie Smith, chef de Transition Québec

Photo : Radio-Canada

Je ne vois pas pourquoi il veut forcer les citoyens à refaire leur travail [en comité plénier] juste parce que lui n'a pas trouvé le temps pour assister à une assemblée citoyenne ni lire tous les courriels qui ont été envoyés à ce sujet. Pourtant, il a trouvé le temps de consulter M. Girard [le PDG du port de Québec] sur la procédure d'un plénier, dénonce Jackie Smith.

Elle souligne aussi que le maire s’est engagé à prendre position lors du conseil municipal du 7 février alors que la date butoir pour le dépôt des mémoires auprès du gouvernement du Québec est fixée moins de deux semaines plus tard.

Le maire a dit qu'on avait le temps en masse, ce sont les mots de quelqu'un qui n'a jamais déposé un mémoire lors d'une consultation publique, lance Jackie Smith.

« La Ville a un poids monstre dans une consultation publique qui peut véritablement faire pencher la balance. »

— Une citation de  Jackie Smith, chef de Transition Québec

La réglementation proposée par le gouvernement Legault permettrait d’augmenter par cinq fois la limite permise de nickel dans l’air. Un groupe citoyen a récemment calculé, à partir de données du gouvernement fédéral, que la présence de nickel dans l’air du quartier Limoilou serait déjà sept fois plus élevée que la moyenne canadienne.

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