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Des places de parrainage utilisées pour de riches Syriens

Dons offerts, parrainage autofinancé, pratiques décriées : Radio-Canada a appris que des organismes et des consultants du Québec ont facilité l’immigration de Syriens fortunés à travers un programme destiné aux réfugiés qui, après avoir été suspendu, est relancé.

Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers
Images génériques des bureaux de l’Immigration, de la francisation et l’intégration. 
 
Photo prise à Montréal, Québec, Canada.

Sur la photo: (Gauche à droite)
 2019/11/21

Suspendu depuis 2020, le programme de parrainage de réfugiés mis en place par le gouvernement du Québec est relancé le 18 janvier 2022.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La scène se déroule au début de l’automne 2016 dans le presbytère de l’église de Saint-Adèle, un village paisible des Laurentides situé à une heure de route au nord de Montréal.

Les curés André Daoust et Ronald Labonté, qui ont formé le comité Parrainage Laurentides, écoutent, en compagnie d’autres membres de la paroisse, une proposition des représentants de Parrainage réfugiés du Grand Montréal (PRGM), qui vient d’être suspendu par le gouvernement du Québec.

Cet organisme sans but lucratif, créé quelques mois plus tôt, joue à cette époque le rôle d’intermédiaire entre des Syriens souhaitant venir au Canada et des organismes qui, à l’instar du comité Parrainage Laurentides, sont autorisés à parrainer des réfugiés.

PRGM tente alors de convaincre André Daoust et Ronald Labonté de parrainer des familles syriennes aisées financièrement.

À ce moment-là, le Canada, par la voie d’un Justin Trudeau nouvellement élu, promet d’accueillir des milliers de réfugiés syriens fuyant la guerre civile qui embrase leur pays.

Le Québec n’est pas en reste. Un programme de parrainage, plutôt méconnu jusqu’alors, connaît rapidement une popularité sans précédent.

Radio-Canada a enquêté plusieurs mois dans les coulisses de ce processus d’immigration, arrêté en 2020 en raison de multiples allégations. Une quinzaine de sources et d’organismes ont dénoncé un programme de parrainage dénaturé, avec des intermédiaires aux pratiques décriées, travaillant avec différentes organisations religieuses.

Le curé sourit en regarda la caméra.

André Daoust est le curé de la paroisse de Saint-Adèle. Il a rencontré des enquêteurs du ministère de l’Immigration à la suite d’une proposition faite en 2016 par un organisme.

Photo : Gracieuseté : André Daoust

En cette fin septembre 2016, les curés André Daoust et Ronald Labonté ainsi que les membres du comité Parrainage Laurentides sortent d’ailleurs plus interloqués que convaincus de leur rencontre avec PRGM.

On nous a dit qu’on pouvait parrainer une centaine de Syriens. Ces gens avaient déjà l’argent [pour leur parrainage]. On avait juste à signer le papier. C’était presque trop beau pour être vrai, se rappelle André Daoust, joint par Radio-Canada.

Des dons proposés en échange du parrainage

Cette rencontre a fait l’objet d’un compte rendu, rédigé par la secrétaire du presbytère. Les éléments mentionnés ont été corroborés par plusieurs personnes présentes.

Dans ce document, on y lit que ces familles syriennes ont leurs avoirs suffisants, qu’elles déposeraient en fiducie. Plusieurs [Syriens] sont même très fortunés et pourraient investir ici, est-il noté.

En cas d’accord, les curés laurentiens pourraient aussi obtenir un don de 1000 $ à l’organisme parrain provenant de chaque famille de réfugiés admise au Canada, souligne ce compte rendu.

Selon ce procès-verbal, les représentants de PRGM proposent à ce comité de parrainage de ne pas nécessairement entretenir de liens avec les réfugiés qu’ils pourraient parrainer. [PRGM] verrait à trouver des personnes pour les accueillir et les encadrer à Montréal.

À l’issue de cette rencontre, André Daoust et les membres du comité de parrainage repoussent ces propositions, qui sont formulées notamment par Bilal Hamideh, consultant en immigration et président, à ce moment-là, de Parrainage réfugiés du Grand Montréal. Il était accompagné par deux avocats.

« C’est louable de parrainer des gens avec des moyens financiers. Mais [on préfère] aider les gens victimes de la guerre. »

— Une citation de  André Daoust, curé de Saint-Adèle

Ce qui nous chicotait, c’est que ces gens n’avaient pas besoin d’argent. Ces gens arrivaient avec beaucoup d’argent, mais il leur fallait un parrain ici, souligne à Radio-Canada Louise Jacques, la secrétaire du presbytère.

« Les familles étaient autonomes financièrement. On avait des doutes. Ce n’est pas le genre de parrainage qu’on voulait faire; on voulait vraiment aider les familles les plus démunies. »

— Une citation de  Louise Jacques, secrétaire du presbytère

Près de 16 000 réfugiés syriens parrainés

Depuis 2015, 15 847 Syriens ont été parrainés et admis au Québec, selon les plus récentes données fournies par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.

Ces Syriens, en raison de la situation dans leur pays, n’avaient d’ailleurs pas besoin d’obtenir le statut de réfugié par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Pour les ressortissants de certains pays comme la Syrie, il est arrivé que le gouvernement fédéral octroie le statut de réfugié selon une approche prima facie, c’est-à-dire l’octroi du statut de réfugié sur la base de circonstances évidentes et objectives dans le pays d’origine, explique le ministère de l’Immigration du Québec.

Bilal Hamideh et Justin Trudeau

Le consultant en immigration Bilal Hamideh, ici aux côtés de Justin Trudeau en décembre 2018 après une réception à Ottawa, a dirigé de 2015 à 2017 l’organisme Parrainage réfugiés du Grand Montréal.

Photo : Facebook / Go Canada

Interdiction de tirer profit d’un parrainage, selon Québec

Un réfugié peut-il financer son propre parrainage? Peut-il, lui ou un intermédiaire, offrir un don à un organisme en échange d’un parrainage? Non, répond le gouvernement du Québec.

Selon le Règlement sur l’immigration, nul ne peut tirer profit, sous quelque forme que ce soit, d’un engagement souscrit en faveur d’un ressortissant étranger et des membres de sa famille qui l’accompagnent, notamment par la perception d’intérêts sur un placement, la perception de frais ou l’acceptation d’un don.

Seuls les garants peuvent fournir les frais nécessaires servant à subvenir aux besoins essentiels des personnes parrainées pendant leur première année d’établissement au Québec, nous a spécifié le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

Ces frais peuvent s’élever à plusieurs dizaines de milliers de dollars et varient selon le nombre de personnes concernées.

La richesse des parrainés n’est cependant pas un critère étudié par Québec. La situation financière de la personne ne fait pas partie des facteurs considérés, précise le MIFI.

Un réfugié est une personne qui se trouve hors de tout pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle avait sa résidence habituelle et qui fuit une guerre civile, un conflit armé ou une violation massive des droits de la personne, ou toute autre circonstance pouvant avoir des conséquences graves et personnelles pour elle.

Le corbeau tourbillonne autour du clocher

Le Diocèse de Montréal a refusé de donner suite à des propositions de parrainage.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une proposition déclinée par le Diocèse de Montréal

Contacté par Radio-Canada, Bilal Hamideh a confirmé sa présence en 2016 à cette rencontre dans les Laurentides. Il n’a cependant pas commenté les propositions faites durant cette réunion.

Au cours des dernières années, plusieurs organismes ont indiqué à Radio-Canada avoir eu des propositions similaires de Bilal Hamideh et de PRGM au cours des dernières années.

Par exemple, en février 2018, Bilal Hamideh aurait suggéré au Diocèse de Montréal de recevoir au moins 2000 dollars de don [par famille parrainée] pour chaque église qui aide en parrainant un réfugié. Nous le faisons déjà avec certaines églises protestantes, écrit-il notamment dans un courriel obtenu par Radio-Canada.

Invité à réagir, Bilal Hamideh nie avoir envoyé un tel message. Celui-ci serait faux, ou [son] courriel a été piraté [ou] utilisé sans [son] autorisation, soutient-il.

Responsable du parrainage de réfugiés pour le Diocèse de Montréal, Alessandra Santopadre se rappelle pourtant cet échange. On s’est rencontrés quelques jours avant [ce courriel]. Il m’avait dit qu’il avait tous les documents prêts pour les parrainages, avec l’argent. Mais j’ai dit non, raconte-t-elle.

« Il m’a dit : "on vous donne l’argent, on a les dépôts, on a plusieurs familles". J’ai dit : non merci. J’avais déjà mes contacts, ma liste d’attente, mes familles... On ne veut pas de réfugiés riches. »

— Une citation de  Alessandra Santopadre, responsable du parrainage pour le Diocèse de Montréal
Des drapeaux, une grande pancarte sur laquelle est écrit YUL et un avion dans le ciel.

Depuis 2015, des milliers de réfugiés syriens ont pu être parrainés au Québec et ont atterri à l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Administrateur de Parrainage réfugiés du Grand Montréal (PRGM) depuis sa création, l’avocat Patrice Blais est désormais président de cet organisme.

Selon lui, plusieurs correctifs ont été nécessaires au sein de son organisme. Il n’a pas voulu donner plus de détails.

Mais, affirme-t-il au téléphone, il est absolument vrai qu’un réfugié ne peut pas se payer son propre parrainage, ou encore offrir un don.

« Je peux vous dire que mes instructions sont très claires : les réfugiés et la famille qui les accompagnent ne peuvent pas financer leur propre parrainage. »

— Une citation de  Patrice Blais, avocat et actuel président de PRGM

On trouve cependant le nom de Patrice Blais dans deux courriels obtenus par Radio-Canada qui ont été envoyés en novembre 2020 à des organismes de parrainage du Manitoba et de la Saskatchewan.

Dans ces messages, un don supplémentaire, provenant de PRGM, est proposé en complément de l’argent nécessaire pour réaliser un parrainage. Il y est aussi noté que PRGM a déjà été capable de parrainer 420 adultes et 600 enfants mineurs entre 2015 et 2018.

L’organisme aurait aussi été capable de collecter environ 10 millions de dollars de dons entre 2015 et 2020, est-il souligné.

Patrice Blais jure ne pas être à l’origine de ces messages, qui auraient été rédigés par une bénévole [...] un peu trop enthousiaste.

Nous, on reçoit des dons. Une fois qu’on a un don qui représente le montant des besoins de la famille durant un an, on le donne à la famille une fois ici, se justifie-t-il.

Ces dons proviennent de personnes sensibles à la situation de ces Syriens, dit Patrice Blais. Celui-ci précise cependant ne pas connaître avec certitude la provenance de ces sommes, qui, détaille-t-il, peuvent venir de l’étranger.

Patrice Blais

L’avocat Patrice Blais est l'actuel président de Parrainage réfugiés du Grand Montréal, un organisme qui est maintenant suspendu par le gouvernement du Québec.

Photo : LinkedIn / Patrice Blais

Des personnes croches et des vautours

Pour mener à bien ces nombreux parrainages, PRGM a eu recours à Go Canada, qui s’occupait des documents d’immigration, comme le confirme Patrice Blais. Cette firme est dirigée par Bilal Hamideh, qui jure n’avoir jamais fait de profits pour parrainer des réfugiés.

« Au meilleur de ma connaissance, ni PRGM ni Go Canada n’ont retiré un quelconque retour sur investissement ou perçu des frais en lien avec les dons amassés par PRGM [...] pour aider à parrainer les réfugiés. »

— Une citation de  Bilal Hamideh, consultant en immigration

Je ne connais aucun des réfugiés que nous avons aidés qui était riche, ajoute-t-il, précisant que la seule question qui l’importait était de respecter les critères entourant la notion de réfugié.

Un discours qui tranche avec les propos de l’actuel président de PRGM. Certains [réfugiés parrainés sont] très riches, reconnaît Patrice Blais, qui défend leur venue au Québec.

Ce sont des réfugiés dont le monde ne parle pas, avance-t-il. Il souligne que ces Syriens d’origine, qui peuvent vivre désormais au Qatar ou dans des pays arabes, ne sont pas citoyens de leur nouveau pays. Certains ont des restrictions pour l'accès à la propriété, illustre-t-il.

Avec leur argent, soutient Patrice Blais, ces réfugiés pourraient ouvrir des entreprises au Québec.

« Ils peuvent stimuler l’économie et l’emploi. Il me semble que ce sont de bons candidats. »

— Une citation de  Patrice Blais, président de PRGM

Tout au long de son expérience avec PRGM, Patrice Blais dit avoir croisé plein de [gens] qui sont croches.

Quand il y a des [réfugiés] avec un peu d’argent, [...] ça attire les vautours. Et, malheureusement, autour de cette business-là, il y en a beaucoup, reprend-il, évoquant la politique de certaines mosquées.

Des fois, quand on allait voir du monde [pour organiser des parrainages], on nous disait : "on va le faire, mais ça ne vous coûtera pas 1000 piastres". On s’est fait demander ça, des paiements cash [comptant] et toutes sortes de cochonneries.

Une juge a des doutes

Parrainage réfugiés du Grand Montréal (PRGM) a fait l’objet d’un jugement en Cour supérieure en septembre 2018. L’organisme était en litige avec le Centre islamique du Québec El-Markaz, qui avait initialement signé des engagements de parrainage pour plus d’une centaine de familles syriennes.

Or, cette mosquée affirme, dans ce jugement, n’avoir jamais accepté ces ententes. PRGM souhaitait faire valider ces parrainages, mais la juge Johanne Mainville a rejeté cette demande de PRGM. Selon elle, il était loin d’être clair de la preuve que [PRGM] détenait l’autorisation du Centre de demander au [ministère de l’Immigration] que soient réexaminées des demandes préalablement refusées par le gouvernement.

Un homme aux cheveux bruns, mais grisonnants, semble nous regarder droit dans les yeux. Il porte des lunettes rectangulaires en métal.

Stephan Reichhold, responsable de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), déplore vivement les pratiques de certains experts et organismes.

Photo : Radio-Canada

Des experts et des organismes outrés

Plusieurs sources bien implantées dans le milieu du parrainage nous ont indiqué, sous le couvert de l’anonymat, avoir peur et avoir été menacées par d’autres consultants qui travaillent dans les dossiers syriens pour avoir dénoncé ces pratiques.

Un rapport de la direction des enquêtes du ministère de l’Immigration consulté par Radio-Canada fait d’ailleurs état d'intimidation, de menaces et de soudoiement au cours du dernier dépôt des demandes de parrainage, à Montréal, le 20 janvier 2020. Ce jour-là, les places limitées de parrainage s’arrachaient sur le principe du premier arrivé, premier servi.

Certains [experts en immigration] se sont spécialisés dans la venue de Syriens fortunés qui vivaient au Moyen-Orient. Ils ont proposé du parrainage en échange d’argent, et des églises ont accepté, assure Stephan Reichhold, président de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

« Il y a de multiples églises et mosquées qui ont surgi à partir de 2015 pour faire du parrainage. Certaines ont fait venir des centaines de personnes, sans avoir l’expérience dans ce domaine. À l’époque, il n’y avait aucun quota. »

— Une citation de  Stephan Reichhold, président de la TCRI

Consultante en immigration, Souad Al-Ali connaît bien le domaine du parrainage. Au téléphone, elle confirme que des gens riches, provenant de Dubaï, du Koweït et de l’Arabie saoudite, ont profité du programme de parrainage des réfugiés, ces dernières années, pour arriver au Québec.

Ils étaient capables de payer pour leur parrainage, détaille-t-elle en parlant de médecins, d’ingénieurs ou de bijoutiers.

« Ce qui est triste, c’est qu’il y a vraiment des personnes dans le besoin, qui habitent au Liban, mais elles ne peuvent pas être parrainées, car elles n’ont pas les moyens de payer. C’est vraiment dommage pour elles. »

— Une citation de  Souad Al-Ali, consultante en immigration

C’était un secret de Polichinelle, avoue Dory Jade, directeur de l’Association canadienne des conseillers professionnels en immigration (ACCPI).

« C’est immoral. Vous ne pouvez pas ramener un réfugié riche et le faire passer devant un réfugié pauvre qui ne peut pas payer sa place. »

— Une citation de  Dory Jade, directeur de l’ACCPI

C’est une question d’éthique. On a demandé au gouvernement de changer les lois. C’est sûr que des gens se sont spécialisés dans ce domaine et, maintenant, ça va arriver avec les Afghans. Il faut donner la chance à tout le monde, mais de façon égale, revendique-t-il.

L’ancien président d’Action Réfugiés Montréal, Paul Clarke, a également reçu ce type de propositions. On nous disait : "ne vous souciez pas de l’argent". Ils disaient qu’ils feraient des dons pour les paroisses, qui étaient des prête-noms pour faire du parrainage.

« C’est un détournement de l’immigration. Ce programme n’a pas été conçu pour ça. »

— Une citation de  Paul Clarke, ex-président d’Action réfugiés Montréal

Ce programme [québécois] est bien connu en Syrie, et certains l’utilisent à des fins économiques et non humanitaires, critique une source très impliquée dans le milieu du parrainage.

Des consultants ont vu des opportunités d’affaires, alors que c’est un programme basé sur des besoins humanitaires. C’est malheureux et ça a fait du tort à beaucoup d’organismes, comme le nôtre, qui font du parrainage depuis longtemps, ajoute Nayiri Tavlian, présidente d’Hay Doun, un important organisme de parrainage au Québec.

Une enveloppe destinée au ministère de l'Immigration

Après avoir été suspendu, le programme de parrainage collectif des réfugiés redémarre le 18 janvier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Des stratagèmes frauduleux », dénonce le ministre Boulet

Déjà suspendu en 2017 en raison d’un important volume de demandes à traiter, ce programme de parrainage a été une nouvelle fois arrêté en 2020, avant d'être relancé le 18 janvier. Selon nos informations, outre le MIFI, l’Agence des services frontaliers du Canada a également ouvert une enquête.

Cette dernière n’a pas voulu émettre de commentaires.

Cette vague de Syriens a mis en lumière plusieurs problématiques qui ont mené au ménage que l’on connaît en ce moment, nous a avoué une source bien au fait du dossier au sein du gouvernement du Québec.

Interpellé par Radio-Canada, le ministre de l’Immigration, Jean Boulet, affirme que ce « programme de parrainage collectif comportait de graves lacunes ».

« Ces lacunes ont malheureusement contribué à l’emploi de stratagèmes frauduleux par certains organismes de parrainage. »

— Une citation de  Jean Boulet, ministre de l’Immigration

« Au Québec, on ne peut tolérer que des personnes puissent s’enrichir sur le dos des réfugiés. Comme l’intégrité et la transparence sont des valeurs fondamentales pour notre gouvernement, nous avons apporté les correctifs qui s’imposaient », détaille Jean Boulet.

Québec a décidé de suspendre 18 organismes, dont plusieurs ayant tenté de parrainer des ressortissants syriens, pour avoir fourni un document ou un renseignement faux ou trompeur. Ils ne peuvent donc pas déposer de nouvelles demandes de parrainage cette année.

Parrainage réfugiés du Grand Montréal fait partie de ces organismes, nous a dit le MIFI.

La liste des organismes suspendus par Québec

Pour avoir fourni un document ou un renseignement faux ou trompeur dans de précédentes demandes, Québec ne permet pas à ces organismes de présenter de nouveaux dossiers de parrainage en 2022 : Assemblée chrétienne du réveil des nations, Association éducative transculturelle, Association musulmane de l'Amérique du Nord à Laval (AMAN-Laval), Association musulmane turque de Montréal, Centre canadien de la jeunesse, Communauté arménienne catholique de Montréal, Congrégation Shaare Zedek, Église évangélique baptiste arabe de Montréal, Église orthodoxe d’Antioche de la Vierge Marie, Église orthodoxe Saint-Nicolas d'Antioche, Église orthodoxe Saint-Georges de Montréal, Église bulgare Saint Ivan Rilsky, Fondation IQRA, Fondation Message de l'Islam, Mosquée Al-Ansar, Parrainage réfugiés du Grand Montréal, Regroupement des Marocains au Canada et Société druze canadienne du Québec.

Le gouvernement Legault promet désormais de renforcer l’intégrité du programme. Une série de mesures seront instaurées pour mieux protéger les personnes qui font l’objet d’une demande d’engagement de parrainage.

Selon une note interne obtenue par Radio-Canada, Québec veut diminuer le risque d’accepter des demandes qui ne répondent pas à l’objectif humanitaire du programme.

Le MIFI promet notamment de mieux vérifier les entrées d’argent susceptibles de provenir des personnes parrainées ou encore d’avoir un œil systématique sur les antécédents criminels des garants.

Cette année, le gouvernement Legault a légèrement revu à la hausse ses cibles d’immigration. Un maximum de 825 demandes de parrainage sera accepté, contre 750 par le passé.

Avec la collaboration d’Aude Garachon et de Daniel Boily

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