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Qui a trahi Anne Frank? Un notaire juif, pour sauver sa famille, dit un ancien du FBI

Une fillette aux cheveux coupés aux épaules sourit. Elle penche la tête sur le côté.

Dans son journal intime, Anne Frank décrivait la vie de sa famille dans l'annexe, les pièces où elle et sa famille se sont cachées pendant deux ans.

Photo : AP Photo / Anne Frank Center

Agence France-Presse

Qui a dénoncé Anne Frank et sa famille en 1944 aux nazis? Un livre fondé sur l'enquête d'un ancien agent du Federal Bureau of Investigation (FBI) désigne comme suspect principal un notaire juif qui l'aurait fait pour sauver sa propre famille.

Le notaire, Arnold Van den Bergh, pourrait avoir révélé où se cachait la famille Frank à Amsterdam, affirme l'auteur d'une enquête de six ans sur cette affaire non élucidée, dont les résultats ont été publiés dans le livre Qui a trahi Anne Frank?, de l'auteure canadienne Rosemary Sullivan, qui paraît mardi en français aux éditions HarperCollins.

Les preuves contre M. Van den Bergh ont été étayées par des techniques modernes ainsi qu'une lettre anonyme envoyée au père d'Anne Frank après la Seconde Guerre mondiale identifiant le notaire comme un traître.

Le musée de la Maison d'Anne Frank s'est dit impressionné par l'enquête menée par le détective à la retraite du FBI Vince Pankoke, mais a souligné qu'une enquête plus approfondie était nécessaire.

La maison convertie en musée d'Anne Frank.

Une vue du musée Anne Frank bordant un canal d'Amsterdam

Photo : Reuters / CRIS TOALA OLIVARES

Anne Frank, une adolescente connue dans le monde entier depuis la publication de son journal intime rédigé entre 1942 et 1944 alors qu'elle et sa famille se cachaient dans un appartement clandestin à Amsterdam, a été arrêtée en 1944 et est morte l'année suivante, à l'âge de 15 ans, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen.

Différentes théories ont circulé sur ce qui avait mené au raid ayant révélé l'annexe où se cachait la famille.

En 2016, Vince Pankoke, détective à la retraite du FBI, a été enrôlé par un réalisateur de documentaires néerlandais pour diriger une équipe chargée de résoudre cette affaire classée (cold case).

Un membre du Conseil juif

Le nom de Van den Bergh, décédé en 1950, avait jusqu'ici reçu peu d'attention. Le notaire était un membre fondateur du Conseil juif, organe administratif que les nazis ont utilisé afin d'organiser les déportations.

Selon les enquêteurs, sa famille bénéficiait d'une exemption de déportation, et cette dispense avait été révoquée au moment de la trahison des Frank, mais la déportation n'avait finalement pas eu lieu.

Le notaire est disparu des radars à la fin de la guerre, à laquelle il a survécu, ainsi que le reste de sa famille.

Cependant, l'élément le plus convaincant a été le sérieux avec lequel Otto Frank a traité l'allégation, ont indiqué les médias néerlandais.

Le père d'Anne a déclaré aux enquêteurs en 1964 qu'il avait reçu une lettre peu après la guerre nommant Van den Bergh comme celui qui avait trahi les Frank et plusieurs autres familles juives.

Une lettre dans les archives

Une copie faite par M. Frank de la lettre a été retrouvée par les enquêteurs dans les archives d'un policier.

« Nous n'avons pas de pistolet fumant, mais nous avons une arme chaude avec des douilles vides à côté. »

— Une citation de  Vince Pankoke, détective à la retraite du FBI, cité par la chaîne publique néerlandaise NOS

Ronald Leopold, directeur exécutif de la Maison d'Anne Frank, a averti que des questions subsistaient sur la lettre anonyme et qu'une enquête plus approfondie était nécessaire.

Vous devez être très prudent avant d'inscrire quelqu'un dans l'histoire comme celui qui a trahi Anne Frank si vous n'êtes pas sûr à 100 ou 200 % de cela, a-t-il souligné auprès de l'Agence France-Presse.

L'entrée de l'annexe, la cachette de la famille d'Anne Frank à Amsterdam, maintenant un musée.

Le directeur du musée Anne Frank Ronald Leopold debout devant la bibliothèque qui masquait l'entrée de l'annexe, la cachette de la famille Frank

Photo : AP / Peter Dejong

D'autres experts se sont montrés plus critiques. Un non-sens diffamatoire, a même réagi avec virulence Bart van der Boom, professeur à l'Université de Leiden, auprès de la chaîne de télévision publique NOS.

Ils [les enquêteurs] disent qu'il ne se cachait pas, donc il a dû acheter sa sécurité d'une autre manière. Mais ils ne savent tout simplement pas où il était, a-t-il souligné.

La petite-fille de M. Van den Bergh, qui a parlé aux chercheurs de son histoire familiale, a été informée de leurs découvertes le week-end dernier. Elle a refusé de commenter l'affaire auprès de NOS.

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