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Femme immolée : la prison à vie réclamée contre Haj Messaoud

Le suspect, Frej Haj Messaoud, escorté par deux policiers vers un fourgon.

Frej Haj Messaoud, lors de sa sortie de la centrale de police de Québec, en août 2019 (archives)

Photo : Radio-Canada

La poursuite réclame une peine de prison à perpétuité contre Frej Haj Messaoud, cet ancien chauffeur de taxi qui a tenté de tuer son ex-conjointe.

L'homme de 41 ans a versé de l'essence sur la victime, avant d'y mettre le feu, dans le quartier Saint-Sauveur, en août 2019.

Qualifiant le geste de brutal, les procureurs du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) demandent au juge Guy de Blois d'imposer à Haj Messaoud la peine la plus sévère prévue au Code criminel.

Wiem Haj Amor a été brûlée sur 30 % de son corps et souffre d'importantes séquelles physiques et psychologiques.

« La seule chose qui sépare monsieur Haj Messaoud d'un meurtrier, c'est l'intervention rapide de citoyens qui ont sauvé la vie de madame Amor. »

— Une citation de  Me Matthieu Rochette, procureur du DPCP

En prévision des observations sur la peine, Frej Haj Messaoud a rencontré un agent de probation. Son rapport est dévastateur.

Le jeune avocat porte une barbe et répond aux questions de journalistes.

Me Matthieu Rochette, procureur de la poursuite

Photo : Radio-Canada

S'appuyant sur ce document, Me Rochette, du DPCP, a fait valoir que l'agresseur voit la femme comme un objet de soumission.

Le rapport de l'agent de probation indique que les croyances religieuses de Haj Messaoud ont constitué un levier pour légitimer ses attitudes de domination.

Selon la poursuite, le chauffeur de taxi est passé à l'acte pour maintenir son rapport de possession alors que son ex-conjointe avait rencontré un autre homme.

La femme aux longs cheveux noirs quitte la salle du palais de justice.

Wiem Haj Amor lors de son passage au palais de justice de Québec en novembre 2021. Elle a été brûlée sur 30 % de son corps. Elle souffre de multiples séquelles à la suite de la tentative de meurtre.

Photo : Radio-Canada

Risque sérieux de récidive

L'agent de probation fait aussi état d'un risque sérieux de récidive.

Dans ce contexte, la poursuite ne voit aucun facteur atténuant ou militant pour une peine moins sévère que la prison à vie.

Quand le juge de Blois a fait remarquer à Me Rochette que Haj Messaoud avait quand même plaidé coupable, évitant un procès, le procureur a mitigé ce fait.

L'avocat a rappelé que l'agresseur a reconnu sa culpabilité à quelques jours seulement du début du procès. Sa consœur du DPCP, Me Sabrina Lambert-Michel, a ajouté que malgré tout, Haj Messaoud ne semble pas éprouver de remords ou de regrets sincères.

Vêtus de leur toge, les procureurs discutent avec un journaliste.

Me Sabrina Lambert-Michel, du DPCP, accompagnée de son confrère Matthieu Rochette, à sa droite.

Photo : Radio-Canada

Après avoir plaidé coupable, en novembre dernier, Frej Haj Messaoud avait annoncé son intention de prendre la parole pour s'exprimer devant son ex-conjointe.

Il a finalement choisi de ne pas témoigner pour sa défense.

Enrayer un fléau

Dans sa plaidoirie, la poursuite a invité le juge à tenir compte de la réprobation sociale de plus en plus importante envers les crimes commis dans un contexte de violence conjugale.

La violence conjugale, c'est un fléau qu'on doit tenter d'enrayer, a fait valoir Me Lambert-Michel.

Les observations sur la peine doivent se poursuivre mardi, avec la plaidoirie des avocats de la défense.

Me Luc Picard représente Frej Haj Messaoud. Il est assisté de Me Julien Bolduc.

La victime, Wiem Haj Amor, a préféré ne pas assister à la journée d'audience, lundi.

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