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COVID-19 en CHSLD : le gouvernement ne savait pas avant mars 2020, dit Legault 

Le Québec devrait signaler moins de 100 nouvelles hospitalisations liées à la COVID-19 lundi, selon le premier ministre.

François Legault à l'émission « Tout le monde en parle ».

Le premier ministre du Québec, François Legault, était de passage à l'émission « Tout le monde en parle » le dimanche 16 janvier 2022.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec ne savait pas avant le mois de mars 2020 qu’une « tempête » se préparait dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de la province, a déclaré le premier ministre François Legault en entrevue à Tout le monde en parle dimanche. Il a également défendu la reprise des cours en personne et l’imposition d’une contribution santé aux non-vaccinés, notamment.

En janvier, février, c’est pas vrai que quelqu’un au Québec nous a dit : "Il y a une immense tempête qui s'en vient dans les CHSLD", a martelé M. Legault. On parlait d’un virus en Asie, mais pas plus que ça.

Il a ainsi semblé contredire les propos tenus par le Dr Horacio Arruda lors de son témoignage à l’enquête publique sur la gestion de la COVID-19. Il avait alors déclaré que des discussions ont eu lieu dès janvier 2020 concernant la vulnérabilité au coronavirus des aînés en CHSLD

Mais selon François Legault, en janvier et février 2020, on savait ce qui se passait en Asie et on s’était fait dire : "Il va peut-être y avoir une petite bordée de neige".

« En mars, on nous a dit là, c’est une tempête historique qui va arriver. Au début, on pensait que ça arriverait dans les hôpitaux, mais c’est arrivé dans les CHSLD. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre a par ailleurs réitéré que, selon lui, le Dr Arruda a fait un travail extraordinaire, mais qu’après 22 mois il était temps d’amener quelqu'un avec de la nouvelle énergie, faisant référence à la démission du Dr Arruda de son poste de directeur national de santé publique, repris par le Dr Luc Boileau.

Des gens n'ont pas dit la vérité, dénonce Paul St-Pierre Plamondon

Les versions contradictoires des événements précédant l’arrivée de la première vague dans les CHSLD indiquent au chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, que certaines personnes au fait du dossier ont carrément menti sur le sujet.

L'homme est en studio, assis, et il lève les mains en souriant.

Paul St-Pierre Plamondon sur le plateau de « Tout le monde en parle », où il a annoncé qu'il sera candidat dans la circonscription de Bourget aux élections générales de 2022.

Photo : A. Media / Karine Dufour

C’est pourquoi les oppositions demandent une enquête publique indépendante, a-t-il souligné lors de son propre passage sur le plateau de Tout le monde en parle dimanche. Le leader de la formation souverainiste en avait long à dire concernant la communication d’informations importantes depuis les débuts de la pandémie, tant avec les autres partis de l’Assemblée nationale qu’avec le public.

Il reproche à l’administration Legault de ne pas gouverner en fonction de la science, citant entre autres l’imposition d’un second couvre-feu dans le dernier mois qui n’avait aucune base scientifique, d’après lui.

« On ne doit pas agir en fonction de sondages internes ou politiques, mais pour la santé publique. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

La cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade, s'en est elle aussi prise à la communication du gouvernement.

François Legault a refusé un débat d’urgence à l’[Assemblée nationale] et a préféré des rencontres à huis clos avec les chefs de partis, alors que j’ai demandé qu’elles soient publiques. Pas ma définition de la transparence, a-t-elle décoché sur Twitter.

Une mortalité à géométrie variable

Lundi, 54 nouveaux décès devraient s’ajouter au bilan du Québec, selon ce qu’a appris Radio-Canada, portant le total à 12 364 morts de la COVID-19 dans la province la plus endeuillée au pays depuis le début de la pandémie.

Mais selon M. Legault, il faut être très prudent quand on compare les décès entre les provinces et entre les pays parce que les décès COVID ne sont pas déclarés de la même façon.

Le premier ministre concède que la première vague a été dévastatrice dans les CHSLD, mais soutient que la surmortalité est moins élevée qu’ailleurs depuis. 

Si vous regardez par exemple pour l’année 2021, le nombre de décès additionnels qu’il y a par rapport à la moyenne des années précédentes, il y en a moins au Québec que dans le reste du Canada, il y en a moins au Québec qu’aux États-Unis, a-t-il affirmé.

Le retour à l’école présente un risque minime

Les prochaines semaines vont continuer d’être très difficiles, a admis M. Legault, mais depuis une semaine, on atteint un plateau dans les nouveaux cas et les nouvelles hospitalisations.

C’est pour ça qu’on retire le couvre-feu, qu’on ouvre nos écoles avec l’accord de la santé publique, a-t-il ajouté. Mais pour les autres mesures, va falloir y aller progressivement.

On espère dans les prochaines semaines que le nombre d’hospitalisations va baisser, et qu’on va être capables d’ouvrir nos restaurants, nos théâtres, de recommencer à faire du sport, a énuméré le premier ministre. Mais malheureusement, il faut être encore prudent pour un certain nombre de semaines.

M. Legault s'est montré prudemment optimiste, toutefois, en laissant entendre que le Québec devrait signaler moins de 100 nouvelles hospitalisations liées à la COVID-19 lundi

Disant vouloir prioriser la reprise des cours en personne, M. Legault a soutenu que les risques sont très faibles par rapport aux inconvénients de garder nos enfants à la maison, citant des impacts potentiels sur leur santé mentale et leur apprentissage. 

Concernant le personnel, le premier ministre a souligné leur avoir donné la chance de passer devant tout le monde depuis la fin décembre pour obtenir leur troisième dose, donc encore là, la santé publique nous dit : c’est un risque minime pour les enseignants.

Inciter plutôt qu’« emmerder » les non-vaccinés

Vivre avec le virus, ça veut dire d'abord avoir le plus de personnes possible vaccinées, a défini le premier ministre, évoquant le grand défi des personnes encore non vaccinées.

Il n’irait cependant pas jusqu’à les emmerder, comme a proposé de le faire le président français Emmanuel Macron. Ce qu’on veut, c’est leur donner un incitatif.

Rappelant l’élargissement à venir de l’utilisation du passeport vaccinal, M. Legault a aussi donné plus de détails concernant la « contribution santé » qu’il envisage, déjà sévèrement critiquée.

D’abord, on va essayer de rejoindre les 600 000 personnes [adultes au Québec qui ne sont pas adéquatement vaccinées] une par une pour être bien certains que ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas au courant ou qu’ils n'ont pas des problèmes de santé mentale, qu’ils sont itinérants, a expliqué le premier ministre. Ce qu’on veut c’est vraiment d’abord que les personnes soient informées.

Ces personnes-là, si vraiment elles refusent, bien, étant donné qu’elles amènent un fardeau énorme sur notre réseau de la santé, je pense, c’est normal qu’ils paient une contribution, a-t-il poursuivi. Je pense que les Québécois sont d’accord avec ça.

M. Legault a rappelé que les non-vaccinés ont neuf fois plus de chances de se retrouver aux soins intensifs que les vaccinés, et coûtent cher au système de santé, selon lui.

Ça veut dire qu’actuellement, il y a des chirurgies qui sont reportées, beaucoup à cause des non-vaccinés, a-t-il déploré.

Cet argument n'a pas impressionné le porte-parole de Québec solidaire en matière de santé, Vincent Marissal. Est-ce qu’on va mettre un prix sur les patients? Et qui choisira-t-on sur cette base? a-t-il lancé dans un gazouillis en soirée.

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