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Un rapport sur la pêche de saumon en Alaska scandalise une Première Nation

Des saumons dans une rivière

Un nouveau rapport qui étudie l'impact de la pêche au large de l'Alaska de saumon qui se dirige vers les rivières de la Colombie-Britannique inquiète des Premières Nations et des groupes de conservation, mais un porte-parole du gouvernement de l'Alaska dit que le rapport est biaisé.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

La Première Nation Tŝilhqot'in et des groupes environnementaux s'inquiètent vivement d’un rapport qui suggère que la pêche en Alaska nuit aux populations de saumon de la Colombie-Britannique.

Toutefois, les autorités alaskiennes écartent ces allégations, estimant que le rapport n'est qu'une attaque ciblée contre leur pêche renouvelable conforme aux accords internationaux.

Le rapport  (Nouvelle fenêtre)(en anglais) a été commandé par deux groupes de protection du saumon, la Watershed Watch Salmon Society et la SkeenaWild Conservation Trust.

Selon les chercheurs, la pêche au saumon a été limitée ces dernières années en Colombie-Britannique en raison de populations faibles et à cause d'une pêcherie établie en Alaska qui continue de récolter la prise commerciale la plus importante de saumon britanno-colombien.

Les inquiétudes se multiplient [...] que la pêche alaskienne continue d’avoir un impact sur les populations de saumon canadien et de truite arc-en-ciel, dit le résumé du rapport.

Étant donné l’état affaibli de plusieurs populations sauvages en Colombie-Britannique, et les changements qui affectent les environnements marins et d’eau douce en raison de l’utilisation des terres, de la foresterie, et des changements climatiques, il semble qu’une étude plus approfondie des impacts [de la pêche alaskienne] sur le saumon de la Colombie-Britannique est justifiée.

Les saumons du Pacifique passent une partie de leur vie dans l’océan, et certains poissons, comme le saumon sockeye de la rivière Skeena, dans le nord de la province, traversent la frontière entre le Canada et les États-Unis et pourraient être pêchés par n’importe qui dans les deux pays.

Une Première Nation exprime sa frustration

Selon le conseiller en pêcheries pour la société Watershed Watch Salmon, Greg Taylor, la récolte de saumon britanno-colombien en Alaska n'est pas correcte, car les pêcheries de la province demeurent fermées, une mesure mise en place pour faire remonter les stocks.

La proportion récoltée par l’Alaska continue de monter, dit Greg Taylor. Chaque poisson est précieux, et il est essentiel [qu’ils] puissent retourner à nos rivières. [...]

La Première Nation Tŝilhqot'in a partagé son « indignation » dans une déclaration.

Notre nation a refusé à nos citoyens leur droit autochtone à la pêche, ce qui a un impact sur notre style de vie traditionnel, notre économie, et la santé mentale et physique de notre peuple, dit le chef Joe Alphonse, président tribal du gouvernement national Tŝilhqot'in. Nous avons fait ces sacrifices, car il restait si peu de poissons en 2019 et 2020. Maintenant, nous apprenons que le déclin dramatique était la conséquence d’une surpêche majeure en eau alaskienne.

Le président tribal, ou Nits’ilʔin, du Gouvernement national Tŝilhqot’in, Joe Alphonse

Le président tribal, ou Nits’ilʔin, du gouvernement national Tŝilhqot’in, Joe Alphonse, s'est dit frustré que des membres de sa Première Nation aient réduit leurs activités de pêche, alors que les pêcheurs de l'Alaska ne l'ont pas fait.

Photo : Radio-Canada

L’Alaska déçue par le rapport

Les autorités alaskiennes qualifient les déclarations du rapport biaisées et injustes.

Dans une déclaration, le département des Pêches et de la Faune dit que l’Alaska respecte le traité et que les pêcheries de la Colombie-Britannique attrapent elles aussi des saumons qui sont en chemin vers les États-Unis.

J’étais déçu parce que je considère être une attaque ciblée sur les pêcheries de saumon de l’Alaska du Sud-est par ces groupes d’intérêt, a dit le commissaire du département ,Doug Vincent-Lang.

De plus, je trouve que le choix du moment du rapport est suspect, puisqu’il concorde avec les rencontres de renégociation du Traité sur le saumon du Pacifique. Les déclarations du rapport sont subjectives et partiales et semblent vouloir faire échouer les négociations du traité.

La ministre des Pêches, des Océans, et de la Garde côtière canadienne, Joyce Murray.

Le Canada et les États-Unis travaillent de paire sur le Traité sur le saumon du Pacifique, dit un porte-parole de Joyce Murray, la ministre de Pêches et Océans.

Photo : AFP

L'attachée de presse de la ministre de la Pêche et des Océans du Canada, Claire Teichman, dit que les employés de son ministère ont reçu le rapport et sont en train de l’étudier. Le Canada et les États-Unis se rencontrent régulièrement et discutent des récoltes des pêcheries, de la recherche, de la gestion et des objectifs de conservation, afin de faciliter la mise en place du Traité sur le saumon du Pacifique, a-t-elle écrit dans un courriel.

Avec les informations de Liam Britten et d’Ali Pitargue

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