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Retour en classe : des réponses aux questions des parents manitobains

Une classe vide avec, en avant-plan, une bouteille de désinfectant.

Les élèves du Manitoba seront de retour dans leurs classes dès lundi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Préparer les lunchs, revoir le contenu des sacs à dos, s’assurer que les enfants auront tout ce dont ils ont besoin pour leur retour en classe lundi, y compris leurs masques : voilà qui occupera une partie de la journée des familles manitobaines ce dimanche. Et alors que certains s’inquiètent des risques que pose le variant Omicron pour leurs enfants, voici quelques réponses aux questions des parents.

Rappel des événements

Au Manitoba, la rentrée scolaire en personnes a été retardée d’une semaine, entre autres pour donner le temps aux autorités de distribuer des trousses de tests rapides dans les écoles.

La semaine dernière, en réponse à la propagation rapide du variant Omicron, plus contagieux que ses prédécesseurs, mais pas nécessairement plus virulent, la province a annoncé qu’elle changeait son approche dans sa gestion de la pandémie, y compris en milieu scolaire. Le Manitoba se concentrera maintenant sur la gestion des risques de la pandémie plutôt que de tenter de mettre un frein à la propagation du virus.

Ainsi, les écoles n'informeront plus les contacts étroits des cas confirmés de COVID-19. Elles communiqueront plutôt les absences dues à la maladie.

Voici donc ce que les parents du Manitoba doivent savoir à la veille de cette rentrée scolaire en présentiel.

Mon enfant sera-t-il exposé à la COVID-19?

C’est fort probable. Selon la santé publique du Manitoba, tous les Manitobains seront vraisemblablement exposés au virus au cours des prochaines semaines.

Mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle.

Comme l’explique le Dr Jeff Burzynski, pédiatre et médecin aux soins intensifs à l’hôpital pour enfants de Winnipeg, le variant Omicron est plus contagieux, mais il est aussi très, très rare qu'un enfant infecté soit malade au point de devoir être hospitalisé.

Jeff Burzynski photographié devant un fond blanc.

Le Dr Jeff Burzynski est pédiatre à l'Hôpital pour enfants de Winnipeg.

Photo : Gracieuseté : Jeff Burzynski

Il y a en effet beaucoup d'enfants qui deviennent positifs, mais il y en a très peu, pour ne pas dire presque pas, qui sont admis à l’hôpital avec des symptômes de COVID-19 ou en raison de la COVID, dit-il.

« Je pense que les parents doivent entendre ce message : nous voyons très peu d’enfants qui ont des symptômes plus graves que ceux des grippes virales habituelles, du genre de celles qu’ils ont eues eux-mêmes étant enfants. »

— Une citation de  le Dr Jeff Burzynski, pédiatre à l’hôpital pour enfants de Winnipeg

Les parents ne sont pas sans ressources face au variant, affirme la Dre Fatima Kakkar, pédiatre spécialisée dans les maladies infectieuses au CHU Sainte-Justine, à Montréal. Une des meilleures façons de protéger les enfants est de les faire vacciner, rappelle-t-elle.

À ce point-ci de la pandémie, les enfants auront probablement la COVID, et la différence [dans le cas des enfants admissibles], c’est qu’ils peuvent être vaccinés ou non, dit-elle.

« Ce que nous voyons, c’est que les effets de la COVID-19 sont atténués quand ils sont vaccinés. »

— Une citation de  la Dre Fatima Kakkar, pédiatre spécialisée dans les maladies infectieuses au CHU Sainte-Justine

Que se passe-t-il si mon enfant est malade?

Il ne faut pas paniquer si un enfant obtient un résultat positif d’un test de dépistage. Chez les enfants, le variant Omicron entraîne des symptômes moins sérieux que les autres variants, selon le Dr Burzynski. Et parfois, des enfants positifs ne présentent aucun symptôme.

S’ils ressentent les effets de la COVID-19, dit le pédiatre, ils auront une toux légère, le nez qui coule, un mal de gorge. Chez les tout-petits, Omicron cause aussi des crises de croup, une inflammation des voies respiratoires supérieures qui donne lieu à une toux sèche et rauque.

Un enfant malade se fait prendre la température à l'aide d'un thermomètre buccal.

Les parents peuvent soulager leur enfant en s'assurant qu’ils reste bien hydraté et en lui administrant un médiament pour la fièvre. Il faut cependant consulter un médecin en cas de fièvre chez un bébé de trois mois et moins.

Photo : iStock

Ces symptômes ne dureront probablement pas longtemps, et les parents peuvent soulager leur enfant en s'assurant qu’ils reste bien hydraté et en lui administrant de l’acétaminophène (Tylenol) ou de l’ibuprofène (Advil) en cas de fièvre.

On peut s'attendre à ce qu’il y ait plus de cas de maladie sévère qu’auparavant avec le variant Omicron, puisqu’il y a beaucoup plus d’infections. Cependant, cela ne signifie pas qu’Omicron entraîne plus de cas sévères que les autres variants, pense le Dr Stephen Freedman, professeur en pédiatrie et en médecine d’urgence à l’École de médecine de l’Université de Calgary.

Photo du docteur dans une chambre d'hôpital.

Le Dr Stephen Freedman est pédiatre urgentologue à l'Hôpital pour enfants de l'Alberta.

Photo : Stephen Freedman

En fait, ce variant débouche probablement sur un plus grand nombre de cas légèrement malades, de cas asymptomatiques ou de cas légèrement symptomatiques, affirme le Dr Freedman, qui exerce la médecine pédiatrique d’urgence à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta.

Même le syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant (une condition rare qui peut être provoquée par la COVID-19 et qui entraîne une inflammation du cœur et d’autres organes internes) n’a pas été vu depuis les premières vagues de la pandémie, selon le Dr Burzynski.

Selon Soins communs Manitoba, il y a eu moins de 20 cas de syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant au Manitoba depuis le début de la pandémie, et ils se sont produits surtout au cours de la deuxième vague.

Comment savoir si les symptômes de mon enfant sont sérieux?

Le Dr Burzynski recommande de consulter un médecin si la fièvre d’un enfant dure plus de deux jours. Il faut aussi consulter un médecin dès qu’un bébé de trois mois ou moins fait de la fièvre.

Et bien qu’ils soient rares, des symptômes du syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant liés à la COVID apparaîtraient de quatre à six semaines suivant l’infection.

Si, aux environs de cette période, un enfant a une fièvre persistante avec une éruption cutanée ou des rougeurs dans les yeux ou dans la bouche, il est recommandé de consulter un médecin, indique la Dre Fatima Kakkar.

Comment puis-je diminuer les risques encourus par mon enfant?

La meilleure façon de protéger les enfants est de les faire vacciner quand ils sont admissibles, répète la Dre Kakkar, qui souhaite que le rythme de la vaccination des enfants soit plus rapide.

Gro plan sur le visage de la médecin qui sourit.

Le Dre Kakkar souhaite voir un augmentation du nombre d'enfants qui se font vacciner.

Photo : Avec l'autorisation de la Dre Fatima Kakkar

Au Manitoba, la moitié des enfants de 5 à 11 ans ont reçu leur première dose en date du 14 janvier.

Quant aux enfants qui ont de l’asthme ou des maladies chroniques des poumons, les parents peuvent atténuer les risques en s'assurant que leur enfant a un traitement approprié à son état, dit-elle.

Par exemple, si un enfant a de l’asthme, assurez-vous que son inhalateur est à jour, qu’il a vu son médecin.

Y a-t-il encore des enfants qui sont à l’hôpital?

Oui, mais c’est en partie parce qu’avec le variant Omicron, il y a plus d’infections.

Depuis le début de décembre, soit juste avant que le variant soit détecté au Manitoba, moins de 0,7 % des enfants ayant la COVID-19 ont été admis à l’hôpital, selon ce qu’a déclaré cette semaine le médecin hygiéniste en chef de la province, Brent Roussin.

Plus du deux tiers de ces enfants ont été admis pour d’autres raisons médicales et ont obtenu un test positif alors qu’ils étaient à l’hôpital. La COVID, a précisé le Dr Roussin, n’a pas aggravé le problème pour lequel ils avaient été hospitalisés.

Image de l'Hôpital pour enfants de Winnipeg.

Le taux d'hospitalisation des enfants est plus élevé chez les plus jeunes parce que les médecins sont plus prudents avec cette catégorie d'âge, explique le Dr Burzynski.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Le Dr Burzynski explique qu’il voit beaucoup d’enfants entrer à l’urgence pour d’autres raisons, comme un os brisé, une appendicite ou un trouble de santé mentale, et que ces enfants ne savent pas qu’ils ont le coronavirus. Ils sont déclarés positif à la suite d’un dépistage de routine.

Il indique aussi que, comme le nombre de cas augmente, le nombre de parents inquiets est aussi plus important. Bon nombre d’entre eux emmènent leur enfant aux urgences parce qu'ils ne savent pas quoi faire d’autre.

Souvent ces enfants ne sont pas malades, ils ont peut-être un peu de toux ou le nez qui coule. Seulement, les parents s’inquiètent et se demandent ce qu’ils doivent faire avec un enfant positif.

C’est aussi notre travail comme médecin de prendre le temps de conseiller les familles, dit le pédiatre.

Parmi les enfants qui ont eu la COVID-19 depuis le mois de décembre, le taux d’hospitalisation est un peu plus élevé chez les plus jeunes, selon le Dr Roussin. Ce taux est de 0,58 % chez les enfants de moins de 5 ans. Il est de 0,18 % chez les 5-11 ans et de 0,11 % chez les 12-18 ans.

Pour le Dr Burzynski, cela s'explique non pas parce que les tout-petits sont plus sévèrement atteints, mais parce que les médecins sont plus prudents avec ce groupe d’âge.

Que faire si mon enfant est malade avant d’être vacciné?

Il faut d'abord s'assurer que la période d’isolement est terminée et que l’enfant se sent mieux avant de le faire vacciner.

Un bras d'enfant où on a collé un bandage de la Reine des neiges.

Si un enfant a la COVID-19 avant d'avoir été vacciné, il faut attendre environ un mois après l'infection pour le faire vacciner, juge la Dre Joss Reimer.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Une fois que l’enfant a récupéré, la Dre Joss Reimer, responsable de la campagne de vaccination au Manitoba, suggère d'attendre un mois avant d’obtenir une dose de vaccin.

Comment savoir s’il faut s’inquiéter ou non?

Pour le Dr Stephen Freedman, évaluer le risque qu’une famille coure, cela revient à examiner les éléments d’information dont on dispose et d'identifier les thèmes abordés par la plupart des experts. Il ne faut pas seulement se fier aux voix les plus vocales ou aux idées les plus extrêmes, dit-il, mais au consensus général de la communauté scientifique.

Pour le psychologue clinique et scolaire de Toronto, Todd Cunningham, ça peut être facile de se concentrer sur le côté négatif du retour à l'école.

Mais c’est aussi important, dit-il, de mettre en perspective le risque d’être infecté par la COVID-19 avec les risques associés à l’apprentissage à domicile : dépression, solitude, effets du temps d’écran et du manque d'activité physique sur la santé.

Il s’agit de ne pas réagir immédiatement en fonction de comment on se sent, mais d’être ouvert face à la situation, dit-il.

Demandez-vous : pourquoi je me sens comme ça? Est-ce que ça a du bon sens? Et est-ce que cette décision s’explique, compte tenu de ce qu’on sait de la COVID-19 et des besoins de ma famille?

Avec les informations de Caitlyn Gowriluk et Wendy Jane Parker

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