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Plus d’homicides, mais moins de services de soutien dans les communautés noires de Toronto

Une scène de crime, la nuit, entourée de ruban jaune de police. Plusieurs véhicules d'urgence sont sur place.

Des chercheurs de l'Université de Toronto ont compilé des données sur les homicides par quartier.

Photo : Radio-Canada / Jeremy Cohn/CBC

Radio-Canada

Les quartiers de Toronto où vivent majoritairement des populations noires sont touchés de manière disproportionnée par les homicides, mais comptent également le moins de services de soutien pour les survivants, selon une nouvelle étude de l'Université de Toronto.

Le rapport provient du Centre de recherche et d'innovation pour les survivants noirs des victimes d'homicide (Centre for Research & Innovation for Black Survivors of Homicide Victims (Nouvelle fenêtre), ou CRIB). Leur outil d’identification des homicides, Homicide Tracker, considéré comme le premier en son genre, examine les meurtres de 2004 à 2020 par quartier, ainsi que les services de soutien disponibles pour les familles et les amis des victimes, touchés par la violence.

Les quartiers de Toronto qui ont un statut socioéconomique plus bas, une population plus élevée de jeunes Noirs et des problèmes d’instabilité du logement – ​​des déterminants sociaux des homicides – ont connu une augmentation constante du nombre d'homicides au cours des dix dernières années , constate Tanya Lorraine Sharpe, fondatrice et directrice du CRIB, et professeure associée à la Faculté de travail social Factor-Inwentash de l'Université de Toronto.

Par rapport aux quartiers du centre-ville, les résidents noirs des quartiers du nord-ouest ont moins accès aux services pour les personnes endeuillées.

Ces statistiques sortent alors que le début de l’année 2022 a été particulièrement violent à Toronto, avec six homicides déjà enregistrés en à peine deux semaines.

Les chercheurs espèrent que ces données viendront confirmer ce que de nombreux activistes et travailleurs communautaires disent depuis des années, à savoir qu'il n'y a pas assez de soutien pour les communautés qui en ont le plus besoin, et qu'il faut en faire plus pour s’attaquer aux racines systémiques de la violence et combattre le racisme anti-Noirs.

Un outil interactif

Il a fallu plus d'un an et demi aux chercheurs pour compiler ces données, qui révèlent que 75 % des victimes canadiennes d'homicide sont des Ontariens racisés et 44 % s’identifient comme Africains, Caribéens ou Noirs.

Tanya Lorraine Sharpe explique que l’outil de repérage des homicides a été lancé en raison de l'absence de données raciales sur les homicides et sur l'impact de ces décès sur les proches et la communauté.

Gros plan sur le visage de Mme Sharpe, à l'extérieur.

Tanya Sharpe est professeure à l'Université de Toronto.

Photo : Photo soumise / Rene Johnston/Toronto Star

Les données suggèrent que chaque victime d'homicide laisse derrière elle entre sept et dix membres de sa famille ou amis proches en difficulté. Les chercheurs estiment qu’en fonction du taux d'homicides dans la ville au cours des dernières années, 3850 personnes vivant à Toronto sont touchées.

Tanya Sharpe parle d’une pandémie de deuil vécue par les communautés noires.

Les données s’accompagnent d'un rapport sur les déterminants sociaux des homicides, qui examine des facteurs tels que l'emploi, le revenu et l'éducation. Ses conclusions montrent comment le racisme anti-Noirs est un facteur d'inégalités structurelles. Par exemple, les Noirs torontois sont quatre fois plus susceptibles d'être accusés d'un crime, et un jeune homme Noir sur cinq en Ontario a été incarcéré, comparativement à un homme blanc sur 70.

Réactions dans la communauté

Pour ceux qui travaillent avec des survivants et victimes collatérales de la violence à Toronto, ces données ne sont pas surprenantes.

Je vis tout cela depuis 2006, note la révérende Sky Starr, thérapeute et militante communautaire du quartier Jane et Finch de Toronto, qui a récemment écrit un livre sur les répercussions de la violence armée. Elle plaide depuis longtemps pour un meilleur soutien et des ressources pour les survivants de la violence armée.

Regardez ces jeunes, par exemple, qui ont traversé un traumatisme et continuent d'être retraumatisés, parce que l'aide n'est pas là pour leur permettre de se relever.

J'espère que cela pourra apporter une perspective différente à ce sujet, dit-elle en référence au rapport de l'Université de Toronto.

Sureya Ibrahim a fondé le groupe Mothers For Peace dans la communauté de Regent Park pour aider les mères qui ont perdu des enfants à cause de la violence, justement parce qu'il n'y avait pas assez de ressources dans le quartier.

Les familles ont besoin de soutien. Les frères et sœurs ont besoin de soutien. La communauté a besoin de soutien. Il y a tellement de couches au traumatisme.

C'est douloureux de voir ces statistiques, mais c'est nécessaire pour attirer l'attention sur ce qui se passe, souligne-t-elle.

À la base, poursuit Mme Ibrahim, ce sont des problèmes systémiques comme le racisme qui nourrissent le cycle de violence.

Avec les informations de Farrah Merali, CBC

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