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Baisse de la mobilisation des opposants au passeport vaccinal en France

Une immense foule portant pancartes, drapeaux et parapluies est réunie.

À Paris, quatre cortèges ont mobilisé 7000 personnes contre le passeport vaccinal (archives).

Photo : afp via getty images / Christophe Archambault

Agence France-Presse

La mobilisation en France contre le passeport sanitaire, qui va devenir un passeport vaccinal, a connu un gros recul samedi : elle a été divisée par deux, alors même qu'entrait en vigueur la désactivation de nombreux passeports faute de rappel de vaccin anti-COVID.

Dans toute la France, ces manifestations ont rassemblé 54 000 participants selon le ministère de l'Intérieur, très loin des 105 200 du samedi précédent, qui avait été marqué par un très net rebond de la mobilisation.

À Paris, quatre cortèges ont mobilisé 7000 personnes, dont 5800 au rassemblement organisé par Les patriotes, formation du candidat d'extrême droite à la présidentielle Florian Philippot.

Dans le reste du pays, 47 000 manifestants ont été recensés (dont 3200 à Montpellier, 1500 àToulouse, 1300 à Lyon, 1140 à Nantes ou 750 à Marseille).

Quatre personnes ont été interpellées dans la capitale et six en province.

Des journalistes pris pour cibles

À Paris, lors du rassemblement organisé par Les patriotes, une équipe de journalistes vidéo de l'AFP a été menacée de mort et agressée, et l'un des agents de sécurité qui la protégeaient a été blessé à la tête.

Cette équipe a été ciblée par au moins une cinquantaine de personnes identifiées comme étant d'extrême droite par les journalistes.

Lorsque ces personnes se sont dirigées vers l'équipe pour en découdre, les agents de protection se sont interposés. Ils ont été frappés, notamment à coups de matraque, et l'un d'eux a reçu une bouteille sur la tête, lui ouvrant le cuir chevelu.

L'AFP proteste vigoureusement contre cette agression intolérable et la volonté de certains d'empêcher ses journalistes de faire leur travail, a réagi Phil Chetwynd, son directeur de l'information.

Le cortège où a eu lieu l'agression s'était élancé vers 15 h de la Place du Trocadéro, dans l'ouest de Paris, sous un soleil radieux.

Les intervenants à la tribune ont fait scander à la foule des Liberté Djokovic!, en serbe : des encouragements destinés au champion de tennis serbe que le gouvernement australien ne veut pas laisser entrer sur son sol pour les Internationaux d'Australie, car il n'est pas vacciné.

De nombreux drapeaux français, des drapeaux régionaux, corses, bretons… et quelques bannières à fleurs de lys, emblème des rois de France, flottaient au vent. Certains manifestants se réclamaient de mouvements d'extrême droite, comme les intégristes catholiques de Civitas.

La plupart des banderoles affichaient une hostilité à la fois au passeport et au vaccin : Ce n’est pas un virus qu'ils veulent contrôler, c'est vous à Paris, ou Démocratie en danger, ou encore Vaccin toxique à Rennes.

C'est le nazisme, l'apartheid, je ne suis pas piquée et je suis contre les vaccins en général, s'agaçait Claire, une sexagénaire interrogée à Paris par l'AFP, en dénonçant pêle-mêle un système corrompu et des médias instrumentalisés.

Non loin, Laurence et Anne-Sophie affichaient un discours plus mesuré en brandissant une banderole Mères en colère : Nous sommes vaccinées, mais nous sommes contre le passeport pour les ados et nous ne voyons pas pourquoi on les vaccine puisqu'ils ne sont pas à risque.

Je ne mets pas en cause le fait qu'il y a une maladie, mais là, ce sont des prétextes sanitaires pour diviser les gens et mettre en place une ségrégation, estimait quant à elle Céline, 47 ans, qui défilait à Toulouse  (sud-ouest).

Le projet de loi modifié par le Sénat

Quelques heures avant ces manifestations, les députés avaient adopté dans la nuit, en deuxième lecture, le projet de loi controversé transformant le passeport sanitaire en passeport vaccinal.

Dans la soirée de samedi, le Sénat, chambre haute du Parlement, a lui aussi voté à nouveau le projet de loi, mais en maintenant certains points de désaccord avec l'Assemblée nationale, à qui reviendra donc le dernier mot dimanche. Cela mettra un terme à deux semaines d'un parcours législatif particulièrement chaotique.

Le passeport est présent sur un troisième front cette fin de semaine : faute de rappel de vaccin sept mois après la précédente injection, des dizaines de milliers de passeports devaient être désactivés samedi, date-butoir fixée en novembre.

En théorie, quelque 560 000 personnes étaient susceptibles de perdre leur passeport samedi, selon le ministère de la Santé.

Mais le chiffre réel est difficile à déterminer, car on ne peut notamment distinguer les gens qui ont été infectés sans le notifier dans l'application TousAntiCovid, ce qui prolonge la validité de leur passeport.

C'était urgent, a déclaré à l'AFP Juan Fernandez, 32 ans, après s'être fait vacciner à Paris dans la matinée, juste avant de perdre son passeport. Quand on sort, à chaque fois, on a besoin du passeport sanitaire, je l'ai fait plutôt pour ça.

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