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Après deux ans de pandémie, la détresse psychologique se complexifie

Une jeune femme portant une tuque est photographiée de dos regardant une ville au loin.

La pandémie de COVID-19 a provoqué une vague de solitude et d'isolement qui n'a épargné aucun segment de la population.

Photo : iStock

Les trois dernières semaines ont été particulièrement éprouvantes pour la santé mentale des Québécois. Organismes communautaires et psychologues observent une augmentation des demandes, mais surtout l'aggravation de l'état psychologique des Québécois.

On assiste à une population qui fait appel à nos services pour des situations de détresse importante, lance sans détour Barbara Martin, directrice générale par intérim du centre de crise de Québec.

« Oui, il a une augmentation, mais il a aussi une complexité des demandes. Les gens qui doivent attendre pour recevoir les services, il y a une détérioration de leur état. »

— Une citation de  Barbara Martin, directrice générale par intérim du centre de crise de Québec

Cette détérioration requiert un suivi constant et qui doit souvent être fait sur le long terme. [Ce n'est] pas seulement une visite chez le médecin. Si on les avait eus au début, ça ne se serait pas complexifié.

Cette complexité force aussi le personnel à passer plus de temps au téléphone avec les personnes en crise. Les déplacements sont également plus fréquents.

Une femme en entrevue par visioconférence.

Barbara Martin, directrice générale par intérim du Centre de crise de Québec

Photo : Radio-Canada

Les gens ne voient pas la lumière au bout du tunnel. Ce qu'on voit, c'est beaucoup de nouvelle clientèle. On voit apparaître de nouveaux visages.

Le centre répond à toute les clientèles, autant jeune que moins jeune, précise Mme Martin.

Ressources

L'aide financière n'a pas suivi les besoins, déplore Mme Martin. Actuellement, autant le réseau communautaire que le réseau public travaillent à assurer les services, mais sans argent supplémentaire pour nous, c'est impossible de répondre à la demande qui est toujours plus grande.

L’Association des psychologues du Québec rappelle que l'accès à un spécialiste est toujours aussi difficile dans le réseau public.

C'est préoccupant. Je trouve qu'il y a beaucoup de symptômes dépressifs, d'anxiété dans la population, prévient Gaëtan Roussy, président de l’Association des psychologues du Québec. C'est difficile de faire beaucoup d'efforts et se rendre compte qu'on a encore plus d'efforts à faire.

Les gens avec des problèmes relationnels, de consommation et des idées suicidaires sont tout aussi fréquents. On sent que le besoin est vraiment très présent.

Présentement, dans le réseau public, les temps d'attente vont de 6 mois à un an dans certaines régions. Il y a certains établissements qui ne seront jamais capables d'offrir des services de psychologue, ajoute M. Roussy. Résultat : les patients sont rarement évalués par des psychologues.

« C'est rare que ce soient des psychologues, qui sont souvent évacués des centres décisionnels en matière d'accès aux services en matière d'évaluation de leur vrai besoin. Ça aussi ça pose des problèmes par rapport à ce qui suit.  »

— Une citation de  Gaëtan Roussy, président de l’Association des psychologues du Québec

Publicité

Fin décembre, le gouvernement du Québec ne prévoyait pas de soutien supplémentaire pour remonter le moral des Québécois malgré l'imposition d'un nouveau confinement. Québec mise sur une campagne de publicité déjà prévue et sur des investissements déjà annoncés pour répondre à la demande.

L'objectif de cette campagne est de diriger les personnes qui ressentent de l’anxiété ou de la déprime vers la plateforme en ligne Aller mieux à ma façon (Nouvelle fenêtre) ou vers la ligne Info-social 811.

La liste d'attente pour un suivi en santé mentale dans le réseau public atteignait 20 224 personnes (jeunes et adultes) en date du 18 décembre.

Avec les informations de Raphael Beaumont-Drouin

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