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Un Winnipégois d’origine malienne réagit aux manifestations de Bamako

Manifestants au Mali.

De nombreux Canadiens d'origine malienne appuient les revendications des manifestants de vendredi dernier à Bamako, selon Mamadou Ndiaye. (archives)

Photo : Reuters / PAUL LORGERIE

Le Manitobain d'origine malienne Mamadou Ndiaye croit que le gouvernement canadien doit s’abstenir d’intervenir dans la politique de ce pays.

Les Canadiens d’origine africaine sont très préoccupés. Ils ne souhaitent pas que le Canada se fasse entraîner dans une dynamique qu’il ne maîtrise pas, affirme-t-il.

Selon lui, la communauté malienne du Manitoba se rallie du côté de la junte, soit le groupe qui dirige le pays depuis un second coup d'État en mai 2021.

Mamadou Ndiaye vit à Winnipeg depuis 11 ans et dirige un cabinet-conseil privé de développement des relations d’affaires entre le Canada et l’Afrique de l’Ouest. Il est très engagé auprès de l'Association des Maliens du Manitoba.

Des sanctions en raison d’élections repoussées

Le Mali, qui devait organiser des élections en février prochain, a décidé d’opter pour une transition sur quatre ans vers un système démocratique.

Depuis, le pays subit des sanctions de la part de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). De nombreux Maliens se sont rassemblés à Bamako afin de dénoncer ces sanctions qui sont en place depuis le 9 janvier.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, Abdoulaye Diop, a publié sur Twitter des photographies de la manifestation de vendredi.

Manifestations énormes et pacifiques au Mali contre les sanctions de la CEDEAO. Les Maliens veulent être écoutés, leur souveraineté respectée, la paix, la sécurité, la démocratie et le dialogue avec la CEDEAO. Aucune ingérence de l’étranger, a-t-il écrit.

La diaspora soutient la junte, selon M. Ndiaye

La majorité des Maliens au Canada appuieraient la junte, selon M. Ndiaye.

La junte est avec la population. Ce qu’on ne comprend pas de l’extérieur, c’est que l’on croit que la junte a pris le pouvoir, mais [vendredi], des dizaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues à Bamako pour la soutenir, explique-t-il.

Les 15 chefs d’État du CEDEAO ont été élus de la même façon que ceux qui ont été balayés au Mali. Souvent, ils changent les constitutions pour faire plus de mandats. Ils se sont réunis [pour imposer des sanctions], car ils ont peur que ce qui se passe au Mali fasse contagion chez eux, selon lui.

Le Winnipégois affirme que toute la diaspora africaine soutient [la population malienne dans ses revendications].

M. Ndiaye déplore l’intervention d’autres États dans la politique malienne, notamment celle de la France qui appuie les sanctions du CEDEAO.

« Qu’on nous laisse, Maliens, gérer notre problème. Tout le problème vient de [l'ingérence]. »

— Une citation de  Mamadou Ndiaye, Canadien d'origine malienne et directeur du cabinet-conseil Catim

Mamadou Ndiaye souhaite que le Canada n'intervienne pas dans le conflit. Il croit qu’il n’a aucun intérêt dans celui-ci.

Il espère que le Mali parviendra à une transition vers un système politique plus durable, un système qui miserait sur une décentralisation du pouvoir.

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