•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Colère et confusion » : une 5e vague qui pèse lourd sur les proches aidants

Les appels à l’aide augmentent selon une association qui les représente.

Un homme tient la main d'une femme en fauteuil roulant.

Contrairement au début de la pandémie, les portes des CHSLD et résidences privées pour aînées restent ouvertes aux proches aidants.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Même s’ils peuvent voir leur être cher durant cette cinquième vague de cas de COVID-19, les proches aidants valsent entre colère et confusion. « Tous les jours, je reçois de nombreux appels, j’essaie de les aider à comprendre », confirme Suzanne Girard, présidente de l'Association des proches aidants de la Capitale-Nationale.

Cette dernière indique que les sentiments de colère et de confusion se sont accentués depuis la fin décembre, alors que le Québec est entré dans une autre période de confinement.

Je parle avec eux au téléphone parfois durant 45 minutes, pour les écouter et tenter de les rassurer, poursuit Mme Girard, qui est, elle aussi, passée par les mêmes défis.

Elle souligne que les proches aidants sont heureux qu’on leur ouvre la porte des milieux de vie pour aînés, comparativement à d’autres périodes de la pandémie lors desquelles les visites étaient interdites.

Ils ont réalisé leurs droits et leur importance, mais en ce moment, ils se demandent comment comprendre les restrictions alors que les consignes varient d’un milieu à un autre, témoigne-t-elle.

Confinés dans la chambre

Les récentes directives du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) permettent aux proches aidants, adéquatement vaccinés, de visiter leur être aimé.

Ils doivent cependant demeurer dans la chambre. Ils n’ont plus accès aux aires communes et aux promenades dans les couloirs.

Suzanne Girard en studio devant un micro

Suzanne Girard, présidente de l’Association des proches aidants de la Capitale-Nationale.

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Ce que je fais, c’est que je les écoute. Ils ont besoin d’être entendus. Et ensuite, au fil de la discussion, je les amène à réaliser que c’est pour le bien de tous. Le meilleur endroit où ils peuvent être en ce moment, c’est dans la chambre avec leur proche vulnérable, explique Suzanne Girard.

D’après elle, la colère et la confusion de la majorité des proches aidants diminuent à la fin de l’appel. Ils acceptent ce qu’il se passe. Ils savent qu’ils aident les personnes malades et que c’est ça le plus important.

Des services de base

Le MSSS, dans une directive datée du 15 novembre, rappelle aux établissements de soins et de vie que les traitements de base comme le lever, l’habillage, l’aide à la marche et les soins d’hygiène doivent être maintenus, même en situation d’éclosion.

Par contre, comme les proches aidants n’ont plus accès aux salles communes, comme les salles de bains, ils ne peuvent plus donner eux-mêmes le bain aux personnes qu’ils visitent.

Une situation que ne comprend pas Deane Lianna Oliveira. Son mari en perte cognitive réside dans un CHSLD de Québec.

Ce que je demande, ce n’est pas la lune. Je souhaite seulement continuer de donner un bain à mon mari, tous les deux jours. C’est pour son bien et sa dignité. Il dort mal s’il n’a pas ses bains, exprime-t-elle.

Une femme, un homme et une fillette, souriants, regardent vers la caméra.

Deane Lianna Oliveira, son mari ainsi que leur fille.

Photo : fournie par Deane Lianna Oliveira

Le CHSLD Saint-Augustin, dans le secteur Beauport, confirme que le bain complet continue d’être offert aux résidents, une fois par semaine. Puisque les proches aidants sont confinés à la chambre, ils ne peuvent pas sortir et offrir eux-mêmes ce bain dans l’espace commun dédié à ce soin, explique le CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Mais moi, je ne sais même pas s’il a un bain par semaine. Moi, quand je le fais, c’est de l’aide aussi que j’apporte au CHSLD, fait valoir Mme Oliveira.

Elle souhaite que la directive concernant l'accès à la salle de bain change rapidement. Je ne veux pas aller me promener dans le couloir, je ne veux pas aller à la cafétéria. Je fais seulement quelques mètres pour aller à la salle de bain et revenir, plaide-t-elle.

Une éclosion est en cours au CHSLD Saint-Antoine. D’après le plus récent bilan de la santé publique, l’établissement fait état de six cas actifs.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !