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Explosion sur le chemin Merivale : retour sur une catastrophe

Alors que de longues enquêtes s’amorcent, voici les faits tels que nous les connaissons jusqu’à maintenant.

Un énorme nuage de fumée s'élève dans le ciel.

L'explosion est survenue en milieu de journée jeudi dans des installations de la compagnie Eastway Tank dans le sud d'Ottawa (archives).

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

Deux jours se sont écoulés depuis qu’une explosion a détruit une partie de l’usine d’un constructeur de camions-citernes dans le sud d’Ottawa. Des enquêtes longues et complexes ne font que commencer.

Les informations ont filé à la vitesse grand V depuis le premier appel reçu au 911 jeudi vers 13 h 30.

Alors qu’il faudra probablement attendre avant de recevoir une explication sur ce qui a déclenché l’explosion, certains détails ont été confirmés, y compris le décès d'un homme et la disparition de cinq personnes, qu'on présume mortes.

Voici les faits que nous avons pu recueillir jusqu’à maintenant.

Un édifice ravagé par les flammes vu du ciel.

La tragédie qui a frappé des installations d'Eastway Tank est une des pires catastrophes industrielles de l'histoire d'Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada

Jeudi

Vers 13 h 30, de premiers appels alertent les services d'urgence au sujet d’une gigantesque explosion survenue dans un complexe industriel sur le chemin Merivale, tout juste au sud du chemin Hunt Club.

Certaines personnes parlent alors de flammes hautes de 15 à 18 mètres, tandis que des témoins racontent à CBC avoir entendu de fortes détonations et des bruits de fracas.

Ty Littleton, qui travaille dans un lave-auto situé tout près, décrira par la suite la scène qu'il a vue comme étant « terrifiante ».

« C'était à fendre le cœur. C'est le moins qu'on puisse dire. Je ne pourrais pas m'imaginer ce que c'est que d'avoir un membre de sa famille qui se retrouve dans cette tragédie », dit-il.

Sur place, des pompiers découvrent que le brasier englobe l’édifice et que les murs et le toit s’effondrent. Ils se mettent à combattre les flammes.

Tout juste après 14 h, le Service de police d’Ottawa (SPO) écrit sur Twitter que des gens ont été blessés lors d’une explosion et d’un incendie sur le chemin Merivale (Nouvelle fenêtre) et qu’une fermeture de rue est en vigueur.

Des journalistes arrivent sur place – et essaient de s'approcher du site autant qu'ils le peuvent  – tout juste après. Des agents de police dirigent la circulation, des véhicules d’urgence filent à toute vitesse et une épaisse colonne de fumée émerge du complexe industriel.

Le chef intérimaire du Service des incendies d'Ottawa, Paul Hutt, s’adresse aux médias pour la première fois vers 15 h 30. Il rapporte que deux personnes ont été transportées à l’hôpital pour des blessures dont il ne révèle pas la gravité.

Des voitures de police et de pompiers stationnées le long de la route avec leurs gyrophares allumés.

Trois hommes ont été transportés à l'hôpital après l'explosion (archives).

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

En même temps, l’Hôpital d’Ottawa précise par communiqué avoir accueilli trois personnes. Et le maire, Jim Watson, dévoile l’emplacement de l’incendie (Nouvelle fenêtre) : la catastrophe a touché des installations d'Eastway Tank Pump & Meter Ltd, un constructeur de camions-citernes.

Près d’une heure plus tard, vers 16 h 30, Paul Hutt s’adresse de nouveau aux médias en rapportant que l’incendie est toujours actif et que les pompiers devront transférer de la machinerie lourde sur place pour l’éteindre. Ses équipes sont en train d'aspirer de l’eau contaminée et d'évaluer la qualité de l’air, dit-il, ajoutant que les résidents du voisinage ne sont pas en danger.

Pendant ce temps, les ambulanciers confirment avoir transporté trois personnes à l’hôpital, une dans un état stable, deux dans un état critique.

Peu après 17 h 30, le Service des incendies d’Ottawa annonce qu’un centre de regroupement familial a été ouvert à l’église pentecôtiste Woodvale pour réunir les employés avec leurs familles.

Les pompiers parviennent à reprendre le contrôle du brasier à 17 h 48.

Des pompiers en haut d'une échelle au milieu de la fumée.

Les pompiers ont repris le contrôle du brasier en début de soirée jeudi.

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Peu avant 19 h, les services de police, des incendies et paramédicaux d’Ottawa envoient un communiqué de presse conjoint dans lequel ils pressent les travailleurs et leurs familles de se rendre au centre de regroupement familial. Leurs équipes continuent de fouiller le site et le surveillent en cas de flambée.

Le chemin Merivale rouvre vers 19 h 30.

Vendredi

Une conférence de presse est tenue à 9 h, près de 20 heures après l’explosion. Les policiers confirment que les quatre hommes et la femme qui étaient dans l’édifice au moment de l’explosion sont portés disparus et présumés morts.

Un des trois hommes qui ont été hospitalisés est décédé, confirme la police. Quant aux deux autres patients, l’un a vu son état se stabiliser, tandis que l’autre a pu retourner chez lui.

Un policier du Service de police d'Ottawa, les yeux fermés, tête vers le bas.

Un homme est décédé et cinq personnes disparues sont présumées mortes, a confirmé le Service de police d'Ottawa en point de presse vendredi matin (archives).

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

L’unité des incendies criminels du SPO sera responsable de l’enquête menée par ce service municipal, annonce-t-on. Toutefois, il n’est pas certain que l’explosion et l’incendie soient d'origine criminelle.

Peu avant 10 h, le Bureau du coroner en chef de l’Ontario confirme qu’il contribuera à l’enquête.

Vers midi, Neil Greene, président d’Eastway Tank, publie une déclaration dans laquelle il dit être complètement [dévasté]. Sa compagnie compte bien collaborer aux enquêtes, continue-t-il, ajoutant vouloir savoir ce qui s’est passé.

À 16 h 30, le ministère ontarien du Travail annonce qu’il mènera sa propre enquête.

Par courriel, une porte-parole rapporte que quatre ordonnances ont été émises contre Eastway Tank en 2017, dont certaines relatives à la sécurité au travail. La compagnie s’y est ensuite pleinement conformée.

Une heure plus tard, le ministère de l’Environnement dit par courriel que le nettoyage du site est toujours en cours et que les risques environnementaux pour la communauté sont faibles.

Vendredi soir, l’identité d’une des victimes est confirmée. Rick Bastien, un résident de Luskville âgé de 57 ans, a perdu la vie, a confirmé son fils Josh Bastien.

Un homme pose devant un sapin et sourit.

Rick Bastien, résident de Luskville, a perdu la vie dans l'explosion de jeudi.

Photo : Facebook/Rick Bastien

Rick Bastien était un employé de longue date d'Eastway Tank et figure sur le répertoire actuel de l'entreprise en tant que soudeur, fabricant et mécanicien. C'était un gars qui se tenait debout, aimé de tous ceux qui le rencontraient. Je ne connais personne qui ne l’appréciait pas, partage Josh Bastien.

Ayant lui-même travaillé pour Eastway Tank, Josh Bastien connaissait bien les autres victimes. Il les considérait comme ses amis et parle d’elles comme étant toutes de bonnes personnes.

Samedi

L'identité d'une autre personne portée disparue et présumée morte est confirmée par des proches. Il s'agit d'Étienne Mabiala, un Ottavien qui travaillait comme électricien et qui était ingénieur de formation.

Ses deux filles, Celeste et Darlene, soulignent à quel point leur père était un homme bien qui était apprécié de tous, en plus d'être un travailleur chevronné.

« Son sourire était le meilleur. Il illuminait la pièce », dit Celeste, âgée de 28 ans.

« C’était une personne très travaillante et dévouée », ajoute-t-elle.

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