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Le dépôt de biosolides municipaux dans des champs inquiète des résidents de Brompton

Une affiche de Viridis devant un champs.

L’entreprise Viridis est responsable de la valorisation des biosolides sur certaines terres de Brompton.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Des résidents de Brompton, à Sherbrooke, s’inquiètent du dépôt de biosolides municipaux dans le secteur. Durant les fêtes, plusieurs chargements de matières résiduelles fertilisantes ont été déversés dans certains champs.

Les biosolides fertilisants sont des boues issues du traitement des eaux usées des municipalités. Des résidents qui ont contacté Radio-Canada craignent que ces boues dégradent la qualité de l'eau de la nappe phréatique. Ils affirment par ailleurs que l’odeur qui émane de cette matière au printemps est beaucoup plus poignante que celle des fertilisants traditionnels.

La conseillère municipale du secteur, Catherine Boileau, souhaite cependant rassurer la population.

Moi, je ne suis pas inquiète. Ça fait plusieurs années qu’ils font ça. Ils font ça aussi à travers le Québec, remarque-t-elle. 

« Pour l’agriculture, l’engrais, c’est quand même très important, et en même temps, nos boues sont récupérées, donc je pense que ça a un impact positif. »

— Une citation de  Catherine Boileau, conseillère municipale de Sherbrooke

L’entreprise Viridis, qui est responsable de la valorisation des biosolides sur certaines terres de Brompton, assure que les amoncellements sont à une distance sécuritaire des sources d'eau potable.

Il faut comprendre qu’on a des distances à respecter, explique Simon Naylor, le vice-président du traitement et de la transformation de Viridis.

Il juge que l'utilisation des boues dans les champs est une décision socialement responsable.

Avant ça, c’était incinéré ou enfoui, ce qui est un gaspillage et un coût environnemental et financier important. Aujourd’hui, et depuis 15 ou 20 ans au moins, il est pratique courante de faire le recyclage de ces boues-là, souligne-t-il. De 1000 à 1500 agriculteurs reçoivent de telles boues chaque année, selon lui.

Une biologiste appelle à la vigilance

La biologiste Julie Grenier estime qu'en règle générale, une certaine prudence est de mise quant à l'utilisation des biosolides, puisqu'un non-respect des règles environnementales pourrait causer une dégradation de la qualité de l'eau. Elle salue donc la vigilance des résidents de Brompton.

Il y a la réglementation, et il y a le respect de cette réglementation-là [...]. C’est le fun d’avoir une vigilance citoyenne pour regarder l’utilisation de ces matières-là, affirme-t-elle.

Elle ajoute que certains contaminants émergents qui pourraient se retrouver dans les boues ne sont pas encore encadrés par la réglementation environnementale. Le gouvernement du Québec financera sous peu une recherche sur le sujet et pourrait ajuster ses normes, soutient-elle.

Les nouveaux contaminants, on dit qu’ils ont un intérêt émergeant. Ce sont des choses qu’on ne connaît pas bien, on ne connaît pas leur impact sur la santé, on ne connaît pas l’impact non plus de la consommation à petites doses au quotidien. Donc oui, c’est important de continuer la recherche, précise Mme Grenier.

Les résidents peuvent s’attendre à cohabiter davantage avec les biosolides municipaux, alors que le gouvernement du Québec compte détourner 70 % des matières résiduelles de l’enfouissement d’ici 2030.

Avec les informations de Thomas Deshaies 

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