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La santé publique de la Gaspésie s’interroge sur l’utilité du passeport vaccinal

Le directeur régional de santé publique, le Dr Yv Bonnier-Viger

Selon le Dr Yv Bonnier-Viger, le passeport vaccinal entraine un faux sentiment de sécurité (archives)

Photo : Capture d'écran

Quelle utilité a le passeport vaccinal? C'est une question qu'a posée le directeur régional de santé publique, le Dr Yv Bonnier-Viger lors d'une rencontre publique organisée par le CISSS de la Gaspésie.

Ce n'est pas la première fois que le Dr Bonnier-Viger questionne publiquement la pertinence des mesures mises en place par Québec : il avait jugé contraire aux valeurs de santé publique l'annonce de François Legault d'instaurer une « contribution santé ».

Concernant le passeport vaccinal, il estime que cette mesure peut entraîner un sentiment de fausse sécurité étant donné que la vaccination ne prévient pas la transmission du variant Omicron.

Au début, l’idée du passeport vaccinal, c’était qu’on pensait que les gens doublement vaccinés ne transmettaient presque pas la maladie. Avec Omicron, on se rend compte que ça ne marche pas ben ben, a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas sûr que l’idée du passeport vaccinal va vivre longtemps, c’est mon opinion personnelle et professionnelle, mais ce n'est pas la décision du gouvernement pour le moment. »

— Une citation de  Dr Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique

On peut toujours se poser la question de l’utilité du passeport vaccinal. C’est une question en santé publique qu’on va se reposer, mais vous savez comment fonctionne la société : les experts font des recommandations, mais ce n’est pas toujours suivi pour toutes sortes de raisons, regrette-t-il.

Le Dr Yv Bonnier-Viger reconnaît néanmoins que l'implantation du passeport vaccinal a incité des personnes à se faire vacciner.

Rencontrer le public

Le CISSS de la Gaspésie a organisé jeudi soir une rencontre publique virtuelle, durant laquelle le Dr Yv Bonnier-Viger a répondu aux nombreuses questions de la quinzaine de personnes qui s'y sont présentées.

C’est un exercice rare de transparence et de proximité pour un directeur régional de santé publique.

L'exercice a aussi été apprécié par les personnes présentes à la rencontre : un participant a même invité le Dr Bonnier-Viger à continuer à se battre pour [leurs] droits.

Les sujets abordés ont été nombreux : vaccination, retour en classe, prévention, durée d’isolement, propagation du virus, dépistage, santé mentale des jeunes... Le Dr Bonnier-Viger indique avoir pris le temps de rencontrer Gaspésiens et Gaspésiennes, car on est tous en apprentissage face à l’épisode pandémique actuel.

On joue tous un rôle important dans le développement de la pandémie, et je pense que c’est important que les gens comprennent ce qu’on apprend au fur et à mesure. C’est quelque chose que personne n’avait vécu avant nous depuis plus de 100 ans.

« C’est important de partager ce qu’on apprend ensemble. »

— Une citation de  Dr Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique

L’expérience a été aussi enrichissante pour le directeur régional de santé publique, qui a indiqué vouloir réitérer l’exercice.

J’apprends ce qui a été moins bien expliqué. J’apprends de bonnes questions sur lesquelles on n’a pas nécessairement de bonnes réponses tout de suite, donc ça me permet de reposer des questions à mes collègues au national, explique-t-il.

C’est très bon à la fois pour la population qui peut aller poser les questions qu’ils veulent et pour moi, qui apprends effectivement les zones sombres où on doit creuser davantage pour mettre plus de lumière, ajoute-t-il.

Retour à l’école

La Direction régionale de santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a par ailleurs endossé le retour en classe en présentiel lundi. Il s'agit d'un risque calculé, selon Yv Bonnier-Viger, car les conséquences psychosociales l'emportent sur le risque infectieux.

Le risque pour les enfants d’avoir des effets difficiles à cause de la COVID, par rapport aux effets beaucoup plus difficiles qu’ils ont en n’étant pas à l’école, en termes de problèmes psychosociaux, de problèmes d’apprentissage, puis pour une bonne proportion d’enfants, des problèmes de violence à la maison qu’ils n’évitent pas quand ils ne vont pas à l’école... tout ça mis dans la balance : probablement que le risque psychosocial l’emporte sur le risque infectieux.

« On peut créer plus de dommages en les isolant à trop long terme, que les dommages que la COVID pourrait infliger à ces mêmes enfants. »

— Une citation de  Dr Yv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique

À noter que les élèves devront néanmoins porter en tout temps le masque.

Jusqu’à 1000 cas actifs hypothétiques

Selon le Dr Bonnier-Viger, le virus circule encore abondamment en Gaspésie et aux Îles, comme l’indique le nombre élevé d’hospitalisations.

Si le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie avait la capacité de tester systématiquement l’ensemble de la population, et non juste quelques catégories de personnes, le Dr Bonnier-Viger croit que plus de 100 cas par jour seraient rapportés, contre moins d’une cinquantaine actuellement.

Comme le variant Omicron entraîne une hospitalisation dans 1 % des cas selon les données de l’Institut national d'excellence en santé et en services sociaux, le Dr Bonnier-Viger estime à environ 1000 personnes qui sont isolées et qui combattent la COVID-19 actuellement sur le territoire gaspésien et des Îles.

Le pic des hospitalisations n’est d'ailleurs pas encore atteint en Gaspésie, selon lui.

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