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Deux fois plus de rendez-vous pour une première dose de vaccin à Québec

Une infirmière portant un masque rose et des gants bleus prépare une dose de vaccin.

Dans la Capitale-Nationale, le nombre de rendez-vous pris pour recevoir une première dose de vaccin a triplé chez les 25 à 29 ans.

Photo : Reuters / Emily Elconin

Le nombre de rendez-vous pris pour recevoir une première dose de vaccin contre la COVID-19 a doublé au cours des derniers jours dans la région de la Capitale-Nationale. Cette augmentation survient au moment où le gouvernement Legault multiplie les mesures pour serrer la vis aux Québécois non vaccinés.

En temps normal, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale enregistre chaque jour quelque 300 inscriptions pour l'obtention d’une première dose de vaccin.

Mardi, 564 personnes ont pris rendez-vous en vue d’une injection initiale. Mercredi, ils étaient plus de 600. Si le nombre de rendez-vous pris en une journée a doublé chez les 18 à 24 ans et les 30 à 39 ans, il a triplé chez les 25 à 29 ans.

Guillaume Bouchard fait partie de ces non-vaccinés qui se sont récemment décidés à prendre rendez-vous pour recevoir leur première dose.

La crainte d’être un fardeau

Ce n’est pas la menace de se voir imposer une contribution santé ni l’éventualité de se voir refuser l’accès aux succursales de la Société des alcools du Québec et de la Société québécoise du cannabis qui l’ont convaincu mais plutôt la volonté de ne pas être un fardeau pour les travailleurs de la santé, déjà sursollicités.

Durant le temps des Fêtes, je m'imaginais rentrer aux soins intensifs. Je me serais senti mal à l'aise [d’y être admis] puis de venir engorger le système. J'aurais été gêné en tant que non-vacciné, confie Guillaume.

Un travailleur de la santé s’apprête à injecter une dose de vaccin contre la COVID-19 dans le bras droit d’un homme.

Guillaume Bouchard a reçu sa première dose de vaccin contre la COVID-19 jeudi à la clinique de vaccination des Promenades Beauport.

Photo : Radio-Canada

S’il a attendu jusqu’ici pour recevoir sa première dose de vaccin contre la COVID-19, c’est entre autres en raison des craintes qu’il entretient par rapport aux éventuels effets à long et à très long terme.

« Je me dis [aussi] que si je veux avoir un peu une vie avec ma copine cet été, eh bien, je n'ai comme pas le choix. »

— Une citation de  Guillaume Bouchard

Selon Ève Dubé, anthropologue à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), de nombreuses raisons peuvent inciter les non-vaccinés à prendre rendez-vous pour l’injection d’une première dose.

Perception du risque

C’est le cas entre autres de la statistique maintes fois répétée selon laquelle les personnes non vaccinées, même si elles ne représentent que 10 % de la population, occupent environ 50 % des lits réservés aux patients atteints de la COVID-19 dans les hôpitaux.

Parfois, les gens craignent plus le vaccin que la maladie. Quand on voit les impacts de la maladie chez les non-vaccinés, ça peut faire en sorte qu'on se dise : "Bon, eh bien, peut-être que les risques de la vaccination sont moins grands maintenant", fait valoir l’anthropologue.

Ève Dubé lors d’une entrevue à l’extérieur, de jour, en hiver.

Selon Ève Dubé, la surreprésentation des non-vaccinés parmi les personnes hospitalisées peut suffire à changer la perception du risque que représente la vaccination.

Photo : Radio-Canada

Dans certains cas, la perspective de voir l'exigence du passeport vaccinal élargie davantage ou l’imposition d’une contribution santé peut suffire pour convaincre une personne d’aller recevoir une première dose.

Ève Dubé ajoute que chez d’autres personnes, les craintes associées aux vaccins diminuent avec le temps. [Quand] la majorité des gens autour de nous ont été vaccinés et n'ont pas développé d'effets secondaires majeurs, ça aussi, ça peut être rassurant pour certaines personnes, fait-elle valoir.

De son côté, le Dr Alexis Turgeon, médecin intensiviste au Centre hospitalier universitaire de Québec-Université Laval, affirme que les non-vaccinés changent parfois d’avis après avoir vu un proche être admis aux soins intensifs pour traiter la COVID-19.

Une fois qu'on a vu tout ça puis qu'on a été, disons, en contact avec un membre de la famille, c'est certain que ça crée une certaine prise de conscience, concède le Dr Turgeon.

Une maladie vraiment grave

Le médecin rappelle que de nombreux patients admis aux soins intensifs pour soigner la COVID-19 gardent des séquelles à long terme, même ceux qui étaient en bonne santé avant de contracter la maladie. Ce risque, dit-il, ne doit pas être pris à la légère.

Être admis dans une unité de soins intensifs, ce n’est pas : "OK, je vais être admis, je vais passer à travers et je vais retourner à la maison." Ça veut dire qu'on a une maladie vraiment grave qui a de fortes chances de nous laisser des séquelles quand même importantes, insiste le médecin intensiviste.

Selon le plus récent bilan des autorités sanitaires, 199 personnes atteintes de la COVID-19 sont hospitalisées dans la région de la Capitale-Nationale, dont 23 aux soins intensifs.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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