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L’obligation vaccinale divise les camionneurs

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Certains chauffeurs déplorent la sévérité des règles appliquées au Canada.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Après plusieurs heures de flottement jeudi, le gouvernement fédéral a clarifié sa position quant à l’exigence de vaccination pour les camionneurs, notamment ceux qui franchissent la frontière.

Ces camionneurs devront être complètement vaccinés avant de revenir au Canada, faute de quoi ils seront soumis à une quarantaine, elle-même assortie de tests.

Cette décision contrarie le camionneur Brian Baillargeon, qui transporte deux fois par semaine de l’acier du Canada vers les États-Unis.

Personnellement, je ne voulais pas me faire vacciner, je n’avais pas prévu de le faire, indique-t-il.

M. Baillargeon a finalement décidé de se faire vacciner parce qu’il craint de perdre son emploi.

« J’ai pris un jour de congé pour pouvoir recevoir ma deuxième dose. »

— Une citation de  Brian Baillargeon, camionneur
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Brian Baillargeon pense que de nombreux camionneurs vont changer de travail.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Il dit cependant ne pas comprendre la raison pour laquelle la vaccination est exigée pour les camionneurs puisqu’ils ont très peu d’interactions dans le cadre de leur travail.

Je fais décharger ma cargaison, je donne la paperasse [à celui qui la réceptionne]. Nous ne sommes pas en contact avec les gens. [...] Je rapporte mon camion à la maison. Je suis le seul qui conduit mon camion et je ne suis en contact avec personne, explique-t-il.

Davantage d'inflation en perspective?

S’il a décidé de se faire vacciner, Brian Baillargeon pense que de nombreux camionneurs ne suivront pas son exemple.

Ils [d’autres camionneurs] vont retirer leur camion de la route et ne vont pas se faire vacciner. Ils vont tenter de chercher un autre travail en Ontario, affirme-t-il.

Scott Bloomfield partage cet avis. Il traverse lui aussi la frontière toutes les semaines avec son camion. Il pense que le fait d’imposer la vaccination aux camionneurs aura de sérieuses conséquences au Canada.

Je pense que ça aura des répercussions sur ce qui parvient au Canada. La nourriture, les légumes... Les prix vont monter, précise-t-il.

« Personne ne veut plus conduire de camions à cause de ce problème. Je pense que le gouvernement devrait réfléchir à d’autres solutions. »

— Une citation de  Scott Bloomfield, camionneur
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Scott Bloomfield pense que la nature même de son travail lui évite d'être exposé au virus.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

M. Bloomfield estime que les règles entourant la COVID-19 sont trop restrictives au Canada, surtout si on les compare à celles qui sont en vigueur aux États-Unis, explique-t-il, et quand on tient compte du fait que les camionneurs passent le plus clair de leur temps seuls à l’intérieur de leur camion.

Nous ne fréquentons pas les gens. Quel est le but [d’obliger les camionneurs à se faire vacciner]? J’aurais pu comprendre si nous passions notre temps près des gens, mais ce n’est pas le cas, explique-t-il.

La santé avant tout

La solitude des camionneurs, qui leur éviterait d’entrer en contact avec le virus, est loin d'être une réalité, selon Navi Sandhu, qui dit s’être fait vacciner et qui franchit lui aussi la frontière avec son camion.

Je pense que c’est bien [de se faire vacciner]. C’est pour la sécurité de tout le monde. Je suis vacciné, indique-t-il.

« Nous rencontrons des gens quand nous allons dans les stations-service. Nous parlons aux autres chauffeurs dans les haltes routières. »

— Une citation de  Navi Sandhu, camionneur
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Navi Sandhu affirme que les chauffeurs rencontrent du monde malgré tout.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

Raza Seid transporte des pièces d'automobiles entre le Canada et les États-Unis. Il pense lui aussi qu'il s'agit avant tout de sa propre sécurité.

Mon opinion, c’est qu’on ne sait jamais quand on va rencontrer quelqu’un. [...] Comment est-ce que je sais, si je vais à l'intérieur [de la station d’essence], que je ne vais pas me faire contaminer par quelqu’un? explique-t-il

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Raza Seid dit vouloir protéger les siens.

Photo : Elvis Nouemsi Njiké

M. Seid ajoute qu’il a un enfant en bas âge à la maison et qu’il préfère éviter de prendre des risques. C’est la raison pour laquelle ses proches et lui se sont tous fait vacciner.

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