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Santé Canada autorise l’utilisation de drogues psychédéliques pour des thérapies

Ottawa a modifié en ce sens le Règlement sur les aliments et drogues le 5 janvier.

Une vingtaine de petits champignons qui poussent dans une boîte de culture prévue à cet effet.

Des champignons à psilocybine.

Photo : Associated Press / Peter DeJong

Les médecins canadiens peuvent désormais demander un accès à la psilocybine (champignons magiques) et à la MDMA (agent actif de l'ecstasy) pour le traitement d’urgence de leurs patients.

Sans tambour ni trompette, Ottawa a modifié en ce sens le Règlement sur les aliments et drogues (Nouvelle fenêtre) le 5 janvier.

Santé Canada reconnaît ainsi les bienfaits thérapeutiques de ces drogues pour soigner l’anxiété, la dépression, le trouble obsessionnel compulsif et la consommation problématique de substances psychoactives.

L'institution fédérale souligne toutefois que toutes ces substances demeurent illégales en dehors du Programme d’accès spécial (Nouvelle fenêtre) (PAS) de Santé Canada.

Le PAS se veut un moyen de fournir un accès d’urgence possible à des médicaments qui ne sont pas commercialisés au Canada pour les patients atteints de troubles graves ou potentiellement mortels, lorsque les traitements classiques ont échoué, ne conviennent pas ou ne sont pas offerts, indique-t-elle.

Cette annonce vient annuler la décision du gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui, en 2013, avait modifié le PAS pour empêcher l'obtention des drogues d’usage restreint, comme les psychédéliques.

Changement de paradigme

Selon Joe Flanders, psychologue et directeur de la clinique Mindspace, qui offre déjà des psychothérapies assistées à la kétamine, cette annonce du gouvernement n'est ni plus ni moins qu’un changement de paradigme. Il attendait ce feu vert pour intégrer officiellement la psilocybine et la MDMA dans le cadre du traitement de la dépression, du trouble stress post-traumatique et de l’anxiété.

C’est une reconnaissance officielle d’une approche plus humaniste et neuroscientifique, dit-il. Il s’agit d’une des premières occasions pour les médecins de famille, les psychiatres et les psychologues de travailler avec ces substances. Auparavant, la classification de ces drogues par Santé Canada était assez agressive. Ce sont des outils extrêmement puissants dont nous avons besoin, surtout durant une période comme celle que nous traversons.

M. Flanders estime que le Canada se positionne ainsi comme un chef de file dans la recherche sur les bienfaits médicaux des psychédéliques. D’ailleurs, depuis 2020, Numinus Wellness (qui a acquis la clinique Mindspace la même année), une compagnie britanno-colombienne cotée en bourse, est autorisée à produire de la psilocybine à partir de champignons, utilisés lors de thérapies assistées par les psychédéliques.

Le psychologue espère que cette modification du règlement est une première étape vers un usage plus large de ces drogues.

Malheureusement, pour l’instant, elles ne sont autorisées que pour les cas les plus sévères, observe Joe Flanders. On espère que ça va changer. Le gouvernement a le choix de laisser ces substances dans l’underground ou de les régulariser pour un plus grand accès sécuritaire, dit-il.

Usage récréatif

Aux États-Unis, l’Association multidisciplinaire pour les études psychédéliques (MAPS) milite pour l’usage de ces drogues dans des thérapies assistées depuis 1986.

Elle voit aussi cet usage médical comme une première étape vers une légalisation strictement récréative. Le cannabis a emprunté ce chemin au Canada. Et aux dernières élections américaines, l’Oregon est devenu le premier État américain à légaliser la psilocybine.

Les gens consomment ces drogues de toute façon, précise Joe Flanders. S’il est plus difficile d’acheter et de consommer de la MDMA dans un contexte sécuritaire, les champignons magiques sont partout sur Internet aujourd’hui. Je ne suis pas surpris qu’il y ait une autre voie pour la légalisation, indépendante du processus pharmaceutique.

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